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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 15 août 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Messiah
(chant)

-Anders Odden
(guitare)

-Stu Manx
(basse)

-Manheim
(batterie)

TRACKLIST

1) Pneuma
2) Rise
3) Salt
4) Burns
5) Gospel
6) Gal.Lu
7) Descend
8) Pain
9) Lust
10) Tomb
11) Pneuma II

DISCOGRAPHIE

The Gospel (2021)

Order - The Gospel
(2021) - black metal - Label : Listenable Records



« - Bonjour, un cocktail s'il vous plaît.
- Bien sûr monsieur, que vous siéra-t-il ?
- Faites donc votre spécialité, le Black Nostalgia.
- Excellent choix monsieur, d'autant que je viens récemment d'obtenir un ingrédient de choix pas plus tard que ce matin !
- La chance me sourit aujourd'hui, qu'est-ce donc ?
- Vous allez adorer : du MayheM 35 ans d’âge.
- Forcez la dose alors mon cher Albert.
»


De ce dialogue purement fictif, retenez une chose : MayheM évidemment. Car grossièrement c’est la raison d’être de Order, émanation norvégienne resucée des cendres d’une époque lointaine, et surtout disparue. Messiah et Manheim dans un même groupe ! Retour vers le futur ou sortie du formol ? A la lecture des contributions musicales des deux lascars sur les trente dernières années, la deuxième option se privilégie d’elle-même. Que les choses soient claires : je n’ai rien contre ces deux membres historiques de la figure centrale du black norvégien, seulement ce n’est pas avec eux que l’entité la plus maudite du genre a créé ses plus hauts faits d’arme. Tout le contraire même. Difficile de voir dans ce groupe autre chose que l’appropriation d’une gloire qui ne leur doit rien.
Doit-on parler arnaque pour autant ? Si le discours promo s’appuie évidemment sur l’Histoire des deux messieurs, n’oublions pas la musique. Et étonnamment, elle tient la route. Sorte de mix entre le jeune Bathory, le Scorn Defeat de Sigh et du black old school (comment ça je me répète ?), The Gospel ne vole rien à personne. Oh pour sûr on entend des influences, mais le style est suffisamment personnel pour éviter toute accusation de plagiat. On sent des gens d’âge mûr sûrs de leur fait, qui souhaitent partager cet amour de la musique d’antan. Rock ? Bien évidemment on entend du garage dans certains groove. Pour autant, Order manie les époques car de manière très surprenante, sur "Gal.Lu" Messiah singe… Maniac sur Grand Declaration of War avec un chant déclamé trituré par les machines. La totalité de la courte transition semble tout droit sortie de cette provocation millénariste.
Ne croyez pas pour autant entendre une alternative moderne de black metal, puisqu’on peut entendre ici ou là des relents de De Mysteris Dom Sathanas. Sans avoir eux-mêmes contribués en quoique ce soit à toutes les pierres angulaires du genre, Messiah et Manheim se rappellent à notre bon souvenir. Ce qui fonctionne agréablement. Car malgré leur inactivité metal, le groupe tourne bien, probablement via l’entremise de la carte secrète Anders Odden, musicien aguerri aux grands noms de l’extrême (il joue pour Satyricon en live, il a joué pour Celtic Frost et il est un membre de Cadaver depuis 1990). Et ses riffs variants entre le sombre, le puissant ou même le groove de manière très légère rendent The Gospel tout à fait vivant.


On ne se lèvera pas la nuit pour s’allumer un cigare sur The Gospel, pour autant, on se délectera bien dudit cigare accompagné d’un vieux whisky sur cet ode au passé franchement pas putassier. Indispensable, non, à écouter, oui.
« - Dis Albert, tu n’as pas menti, c’est du très vieux, et il a plutôt bien vieilli. Sors donc un bon gros cigare ainsi que ton plus vieux whisky, je vais m’affaler dans un sofa.
- Monsieur a bon goût.
»




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