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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 juillet 2021
Sa note : 18/20

LINE UP

-Markus "Vratyas Vakyas" Tümmers
(tout)

TRACKLIST

1) ... When Gjallarhorn Will Sound
2) ... Where Blood Will Soon Be Shed
3) Towards the Hall of Bronzen Shields
4) The Heathenish Foray
5) Walhall
6) Baldurs Tod

DISCOGRAPHIE


Falkenbach - ... magni blandinn ok megintíri...
(1998) - black metal pagan - Label : Napalm Records



Maître Quorthon sur son arbre perché tenait en son bec un fromage. Maître Vratyas, par l’odeur alléché, lui tint à peu près ce langage :
- Bonjour, Monsieur du Quorthon. Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau ! Vous me filez un bout de votre fromage ?
- Ah mais bien sûr, servez-vous Maître Vratyas. Vous ne serez ni le premier, ni le dernier.


Nous sommes en 1998. Alors que Moonsorrow n’en était encore qu’au stade des demos, un projet plus confidentiel, dénommé Falkenbach, accouche déjà de son deuxième bébé. Avec son premier album, Vratyas Vakyas montrait déjà d’intéressantes aptitudes à la combinaison d’ambiances épico-répétitives à la Bathory époque Hammerheart/Twilight of the Gods et d’une musique plus rauque et blackeuse, dans la lignée du mythique Shadowthrone de mes amours. Avec ...magni blandinn ok megintíri..., il enfonce le clou. Cet album est un pur chef-d’œuvre. Le gars est un suiveur ? Sans aucun doute. Mais pas n’importe quel suiveur, par Thor ! Six titres, six hymnes. Si par la suite, Vratyas abusera parfois de l’option « allez les gars, tous en chœur ! », les mélodies accompagnant son chant clair feraient brandir son sabre au plus pacifique de nos sujets (oui, je suis conscient du risque de dérive graveleuse de cette métaphore). Et, contrairement aux albums suivants -d’excellente facture néanmoins, ne croyez pas tout ce qu’écrit Flower King-, il distille encore une petite dose de venin black metal dans son epicness candide et guerrière.
Résultat : des joyaux comme "... Where Blood Will Soon Be Shed". Non mais franchement, ce « yiiii…. ya ! » trve black n’est-il pas une merveille ? Quarante minutes de pure ode au sang et aux embruns, avec un mot comme leitmotiv de l'œuvre globale de Falkenbach : heathen. Païen. Après "Heathenpride" et avant "Heathen Foray", "The Heathenish Foray" est d’un niveau similaire à ses deux frères : simple, clair et ample. Et comme lui, l’album s’écoute d’une traite. On commence par une tuerie en armure, "... When Gjallarhorn Will Sound" et on finit par le meilleur instrumental jamais réalisé (à égalité avec "Night’s Dew" hein, faut pas déconner non plus). Sur "Baldurs Tod", les claviers remplacent le chant humain, et nous narrent une fin d’album sombre, un brin mélancolique, agressive à souhait. Et épique, épiquissime même. Je sais, utiliser quatre fois les dérivés du mot « épique » (cinq fois, maintenant) dans un texte aussi court, ça relève du manque d’inspiration, mais ...magni blandinn ok megintíri... incarne véritablement le parangon de ce sentiment musical et métallique. Prodigieux.

Contrairement aux stars du pagan metal, Falkenbach est resté dans l’ombre. Les œuvres du one man band manquent-elles de glamour ? Le personnage est-il trop discret pour fasciner ? Avec ses vocaux clairs, se retrouve-t-il le cul entre deux chaises ? Aucune idée. Allez, pas grave. Je retourne dans les fjords tordre le cou aux ennemis de la Cause. Et vous devriez en faire autant.





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