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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 22 juin 2021
Sa note : 18/20

LINE UP

-Romain Negro
(chant)

-Johan Smith
(guitare)

-Duran K. Bathija
(guitare)

-Manuel Barrios
(basse)

-Samuel Jakubec
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Alessia Mercado
(chant sur 1)

-Merlin Bogado
(chant sur 3)

TRACKLIST

1) Ghosts of the Past
2) Moon, Sun, Stars
3) Cosmos Eater
4) Impermanence
5) Grand Nexion Abyss
6) Multilayered Chaos
7) Timeless Splendor
8) Nénie

DISCOGRAPHIE


Stortregn - Impermanence
(2021) - death metal black metal prog et mélodique - Label : The Artisan Era



Après un début de carrière anecdotique, Stortregn s’était lancé avec un Singularity des plus réussis. Transformant l’essai avec un Emptiness fills the Void plus ambitieux et plus mature encore, le groupe n’avait plus rien à prouver de sa technicité. Le changement de label est-il un signe du succès du groupe ? En passant chez The Artisan Era, on pourrait imaginer que les Suisses iraient vers une musique plus progressive encore. Réponse avec Impermanence.

Stortregn fait partie de la descendance de Dissection dont il s’est éloigné au fur et à mesure des années. Ils proposent un black/death mélodique et technique où les blast beats côtoient les envolées épiques. Loin d’être une copie, vingt-cinq ans ayant passé, les Helvètes ont intégré de la modernité à leur musique. On en prend pour cinquante minutes de furie, blindées de blasts, d’accélérations, de riffs au kilomètre et de leads à n'en plus finir. Stortregn est un groupe de gratteux. Pas de claviers, pas de chichis, pas de pouet-pouet. Juste deux guitares, une basse et une batterie pour assembler le tout. La musique est véloce et intense, complexe dans ses constructions. Cela donne à l’ensemble un aspect un peu indigeste. Les âmes sensibles ressortiront avec une migraine, les autres avec une érection. Malgré la richesse des compositions, les musiciens gardent une efficacité immédiate, pas tant grâce aux guitares que par l’alternance du chant black et death. Ce dernier apporte un vrai plus. Le dernier morceau, "Nénie", chanté en français, est une bonne façon de se rendre compte combien le chant de Stortregn a gagné en qualité au fil du temps.
Quelles évolutions apporte cet Impermanence par rapport à son prédécesseur ? Le virage prog, déjà entrevu auparavant, se confirme. On reste loin des tubes immédiats de Singularity. Les morceaux se déploient davantage, comme s’ils se perdaient dans le cosmos. On a même droit à un concept album puisque chacun chanson s’enchaîne avec la suivante grâce à des transitions travaillées. Impermanence est une sorte de grande pièce musicale, un voyage intersidéral de cinquante minutes. Si les morceaux restent identifiables, cela rend les premières écoutes complexes tant les plans semblent s’accumuler les uns après les autres. L’album ne s’assimile pas immédiatement. Une fois digéré, c’est l’orgie et cette complexité fait le sel de la galette. Pour éviter le trop-plein, les guitaristes nous gratifient de solos, inexistants aux débuts du groupe. Cela apporte de la nouveauté à la narration, ils sont toujours bienvenus. De même, quelques passages un peu jazzy ("Grand Nexion Abyss") permettent à l’auditeur quelques respirations bien agréables. C’est l’occasion pour la rythmique de prendre les devants. Il est difficile de ne pas remarquer le travail exceptionnel du batteur qui arrive à faire tenir l’édifice. Ruptures et changements de rythme sont légion, mais toujours d’une fluidité exceptionnelle. Le travail des guitares est parfaitement mis en valeur par son travail. Une belle osmose de groupe qui fait d’Impermanence un chef d’œuvre.


Impermanence est un voyage dont on ne ressort pas indemne. On ne peut pas vraiment dire que Stortregn confirme son talent. Ce serait leur faire offense. Ils s’imposent comme un groupe qui compte. Avec un album concept maîtrisé de bout en bout, technique, prog et mélodique, à l’artwork soigné, les Suisses nous proposent l'un des albums de l’année. Merci à eux !





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