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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 21 juin 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Inconnu
(tout)

TRACKLIST

1) Mrtvaja part 1
2) Mrtvaja part 2

DISCOGRAPHIE

Mrtvaja (EP) (2021)

CMPT - Mrtvaja (EP)
(2021) - black metal - Label : Osmose



Alors non, CMPT n’est pas un acronyme, n’en cherchez donc pas l’origine. Par contre, aussi étonnant que cela puisse paraître, CMPT est bien un mot. Oui, comme un mot sorti d’un dictionnaire. Évidemment, il n’est pas français, rassurez-vous, mais serbe. Et voici donc l’occasion de souligner que la Serbie fait donc son entrée dans le cercle fermé des pays chroniqués par Les Eternels. Féloches Gavroche. Ah oui, Смрт (de sa véritable graphie) ou Smrt en alphabet latin signifie « Mort ».

Brrrrr, un groupe mystérieux qui plus est car aucun line-up ne semble aisément accessible. Associé à sa mort patronymique, on se doute qu’on a affaire à un combo pour le moins obscur, adepte du rejet de l’Humanité. Fait corroboré par une musique merveilleusement froide, glacée dans ses profondeurs les plus intimes, de tous instants sur le fil du rasoir, même lorsque le calme se fait roi. Mrtvaja (n’en jetez plus, ces langues de l’est sont définitivement fâchées avec nos voyelles) est en deux parties, pour deux titres s’étendant sur une dizaine de minutes. On navigue dans l’EP, et en l’occurrence, un premier EP d’un groupe tout jeune, neuf sorti de l’œuf. Pourtant, malgré ce caractère nouveau-né et l’anonymat entourant… tout, CMPT propose un cocktail étonnamment maîtrisé dans sa rage haineuse. La réalisation frigorifique fait honneur aux monts balkaniques tout de neige vêtus l’hiver venu et affiche cette connaissance fine de ce qui fait la beauté du black metal : organique et mal enregistré, pourtant suffisamment précis pour en exposer tous les atours.
Les guitares acérées agressent les tympans de leurs stridences. La batterie ultra sylvestre remplit son office avec maestria, ne s’offusquant point de devoir tenir un blast mid tempo de longues minutes durant. Même les claviers de la partie dépeignent un monde lointain, où la distance sert de prétexte à la fin du monde. Ce Mrtvaja tempère ces blasts noirs de suffocations lancinantes où le mot d’ordre semble être la désolation. Désolation si bien portée par les cris proférés par un chanteur qui s’approche des invocations finlandaises. D’ailleurs, l’on pourrait rapprocher les Serbes de la scène finlandaise la plus grésillante, Horna venant en tête de liste. Cependant les Singapouriens de Impiety dans leur tendre enfance viennent aussi se rappeler à notre bon souvenir. Quoiqu’il en soit, les inconnus des Balkans soufflent un blizzard duquel il semble difficile de s’extirper pour notre plus grand bonheur d’êtres misanthropes. Il faut avouer que pour une jeune pousse, la troupe (ou la personne seule ?) fait montre d’un sacré respect des codes tout en s’émancipant de références trop prégnantes afin d’affirmer une personnalité marquée.


Joli tour de force que voilà, à saluer comme il se doit par une communauté black metal qui saura apprécier les corbeaux mortuaires tournant autour du cadavre putréfié livré à la curée. Court comme un EP, doté d’une atmosphère au couteau qui donne envie d’une seule chose : un album pleine durée du même niveau, voire plus si affinité.





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