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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Karl Beckmann
(chant+guitare)

-Ted Sjulmark
(guitare)

-Jonas Albrektsson
(basse+chant)

-Mathias Westman
(batterie)

TRACKLIST

1) Frôðr
2) Rifna
3) Hæimr
4) Kvikr
5) Ammobiærg
6) Svartrviðr
7) Harmdauðr
8) FæigR

DISCOGRAPHIE

Fi’mbulvintr (2010)
... To North (2012)
Karg (2014)
Svartrviðr (2021)

King Of Asgard - Svartrviðr
(2021) - black metal Viking - Label : Trollmusic



Vous auriez aimé que Enslaved soit moins prog ? Qu’il fusionne avec Satyricon? Alors levez vos yeux vers King of Asgard, et lamentez-vous de cette introduction qui détruit tout suspense. Ne reste-t-il donc plus rien à dire pour continuer cette chronique ? Espérez que non, car si tel était le cas, Svartrviðr serait un terrible gadin.

Ne tremblez pas jeunes sots, chronique il y a, et mots il y a à écrire. L’histoire n’est donc pas bouclée d’avance. King of Asgard n’est pas à jeter au rebus, c’est même plutôt le contraire. Tout d’abord sachez que vous facez (du verbe « faire face ») une troupe responsable de quatre, et désormais cinq, albums. Pas de freluquets jeunes pousses mais de fiers gaillards solidement bardés d’expériences dont le nombre de printemps trahit un caractère rompu aux campagnes guerrières. Une faculté devenue innée à produire de la musique nordique puissante. De vrais bons vikings comme on est en droit de l’espérer, de la trempe de ceux qui boivent à même le crâne des pourfendus. Et inspirés de leurs glorieux aînés Enslaved et Satyricon. Enslaved pour le côté viking évidemment, période pré-Below the Lights, quand le prog n’envahissait pas encore tous les recoins des chansons. Et le Satyricon, qui prit un virage plus épique et lourd dans les années Volcano et Now, Diabolical, capable et coupable d’hymnes. Même en terme de chant, on entend fortement le timbre de Satyr. Pas un dérangement étant donné le caractère unique du sieur.
King of Asgard s’active armé de solides références donc. C’est tout naturellement que ces Norv… quoi ? Hein ?!!? Morbleu, mais vous avez raison. Nous parlons bien de… la Suède ici. Fou comme les suppôts d’Odin sonnent à les confondre avec le voisin. Nous sommes bien loin des émanations death mélodique du viking car vous l’aurez bien évidemment compris, c’est ici la forme noire qui prévaut. Noire ne signifiant pas intensément brutale, bien au contraire. Et cela, vous l’aurez également déduit des périodes sourcées chez les inspirations. Mid tempo. En permanence. Epique, tout en émotions et mélodies qui touchent au cœur. Svartrviðr est de cette trempe. Les riffs sont autant d’invitations au voyage sur les drakkars mal embarqués dans des mers endiablées au plus fort de l’hiver. Les accalmies viennent des chants clairs pour remonter les cœurs blessés et les enhardir à la vue des côtes pour foncer au combat. Ce sont de solides compositions, toutes en longueur, qui vous harnachent de côtes de mailles, de heaumes et de boucliers. Et bien sûr de cornes. Les tempêtes et les défaites ne sont guère que des péripéties au travers desquelles King of Asgard vous guide fermement vers le Valhalla.


Sous ces augustes auspices,Svartrviðr achève de réchauffer votre âme. Bien sûr on aurait souhaité plus de prises de risque mais c'est pourtant de son classicisme qu'il tire sa force : une maîtrise des rythmes guerriers, de ceux qui vous ragaillardissent contre vents et marées.





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