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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 juin 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Shazzula
(chant+claviers)

-Déhà
(chant+batterie+piano)

-Corvus von Burtle
(guitare+basse+claviers)

-Marc de Backer
(guitare)

-Michel Kirby
(guitare)

-John Marx
(basse)

-Bram Moerenhout
(batterie)

TRACKLIST

1) Mantra
2) Swear to Fire
3) Alecto
4) Incarnation
5) All That Black
6) Succubus
7) Disappear
8) Souffle de Mort

DISCOGRAPHIE

Void (2018)
Temple (2020)

Wolvennest - Temple



-Daaarknessss! Iveeeeeuuuuuleeee! Let’s go, motherfuckers!
-Ouh là, ouh là, ouh là ! Il va se calmer le petit nouveau ! Tu te crois où ? A un concert de trve black ?
-Ah non, mais je… enfin… vous êtes dark non ?
-Oui. Et ? Parce qu’on est dark, on ne peut pas prendreu le tein ?
-On ne peut pas quoi ?
-Prendre le temps, sacré nom de Zeus !

C’est vrai ça, alors ! Cette jeunesse, toujours pressée ! Chez Wolvennest, on n’a jamais aimé la violence sonore explicite ni les hurlements. C’était déjà vrai sur les précédentes sorties, et notamment sur le premier, et excellent album, Void, sorti il y a maintenant trois ans -comme le temps passe ma bonne dame… Et le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est encore plus vrai sur Temple, le nouvel effort des compatriotes de Jean-Marie Pfaff. Le nom de la nouvelle livraison n’est absolument pas anecdotique, tant Wolvennest a voulu instaurer une ambiance rituélique. Ambiance, le mot est lâché. Si Void privilégiait très volontiers l'aspect atmosphérique de la musique au détriment du riff, Temple va encore plus loin dans la mise en exergue des moments très ambient. Et personnellement, je trouve qu’ils vont trop loin. Ou pas assez. Je m’explique : Wolvennest n’a pas renoncé à son occult-doom-black-rock, ce qui me parait un excellent choix, tant des titres comme "Swear to Fire" ou "Disappear" sont sublimes. Mais du coup, faire commencer l’album par un titre très hypnotique et très, très posé, de douze minutes, puis lancer la machine avec "Swear to Fire", avant de repartir pour presque vingt minutes de musique au tempo extrêmement lent ("Afecto" puis "Incarnation"), me parait un schéma étrange et pouvant mettre à mal la patience d’auditeurs avides de titres dans la lignée des fameux "Ritual Lovers" ou "La Mort" de l’épisode précédent.
Bref, Temple me parait posséder des longueurs superflues. Néanmoins, rendons à César ce qui est à César : Wolvennest s’y entend pour créer une atmosphère occulte et personnelle. De plus, outre les deux gros titres déjà cités, la prestation vocale de Shazzula sur "All That Black" est remarquable, dans la tradition des grandes prêtresses vocalistes – et cette manière de scander « Darkness is beautiful ! » avec un accent ostensiblement non anglais accentue le côté sacrilège de l’ensemble. On se réjouira également de l’ajout d’un compagnon de chant masculin, en l’occurrence Déhà, dont les vocaux Nickcavo-eldritchiens apportent à l’ensemble une variété qui, justement, fait un peu défaut par ailleurs. Le très désabusé et poétique "Disappear" est sans aucun doute un titre qui possède le potentiel pour devenir un classique du groupe. Malgré les défauts de ce nouvel opus, on sent que Wolvennest a de solides arguments à faire valoir et sait composer de sacrées perles.

M’est avis que Temple doit acquérir une dimension toute spéciale en live. Toutes ces plages atmosphériques y prennent certainement tout leur sens. A la maison, cependant, l’écoute de Temple peut poser un peu plus de problèmes, la faute à une dilution excessive du riff dans l'ambient. Le deuxième album de Wolvennest est néanmoins frappé du sceau de la qualité et peu de groupes savent actuellement produire une telle odeur d’encens, de cendres et de sang. A tester.






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