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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juin 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tim "Asmodeus" Eiermann
(chant+guitare)

-Florian "Flo" V. Shwarz
(chœurs+guitare+claviers)

-Joachim "Joe Azazel" Pröll
(basse)

-Peter "Pit" Muley
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

- Martha Gonzales-Martin
(chant)

TRACKLIST

1) Still Burn in Fire
2) Like Tears (in the Dust)
3) On Soulwings
4) Underneath Orion's Sword
5) Ignis Creatio

DISCOGRAPHIE


Pyogenesis - Pyogenesis (EP)
(1992) - death metal doom metal gothique - Label : Osmose



Parmi les noms de pouvoir les plus prisés au début des années quatre-vingt-dix, « Osmose » était certainement le plus grand. L’équivalent metal extrême des puissantes syllabes darka ambient « Cold Meat ». Ze label. Ils auraient pu sortir un album d’Annie Cordy que la horde de chevelus assoiffés de violence musicale et d’obscurité se serait précipitée dessus. Et ce Pyogenesis ne faisait pas exception.

Surtout qu’en 1992, le doom-death n’en est qu’à ses débuts, alors vous pensez bien qu’au royaume des aveugles, les borgnes étaient rois. Avec le recul, il faut l’admettre, il y avait à boire et à manger sur ce premier EP éponyme (rebaptisé par la suite Ignis Creatio). Mais il suffit que je regarde la pochette pour me replonger à une époque où chaque CD acheté représentait un objet de culte dont on absorbait la substantifique moelle, écoute après écoute. Et quelque part, la musique résume assez bien ces années où la ferveur et l’envie primaient sur la qualité de la production ou la maîtrise technique. Au programme d’une œuvre que le groupe qualifiera plus tard d’erreur de jeunesse : enchaînements parfois approximatifs - sur "Like Tears (in the Dust)", c’est criant- et son faiblard mais également une mélancolie prenante, des riffs pesants et goûtus et même une certaine majesté, pour qui veut bien oublier la production. "On Soulwings", très Bathory-like, est une compo convenue, pas très inspirée (Moonspell réalisera le même genre de chansons sans personnalité sur Wolfheart) et, comme dit précédemment, "Like Tears" est foncièrement maladroite, mais le cultissime "Still Burn in Fire" a marqué les esprits par son début facétieux - quelques accords presque grunge, avant que Tim se mette à growler- et sa percussion. Quant à "Underneath Orion’s Sword", ses riffs mastocs, ses nappes de claviers et ses murmures, il s’agit sans aucun doute de la deuxième réussite d’un mini-album varié, qui a permis de démontrer que doom-death n’était synonyme ni de tempo ultra-lent ni de monotonie. Malgré ses défauts, "Like Tears" possède également son charme, avec les chœurs féminins de Martha et un feeling gothique qui se répand sur le reste de l’œuvre. Bref, Pyogenesis est une œuvre mineure mais précieuse, révélatrice d’un certain état d’esprit.

Après cet EP, nos artistes teutons en sortent un autre du même acabit, Waves of Erotasia avant de rejoindre la looongue liste des artistes méprisant leurs premiers travaux. Heureusement, lorsqu’une œuvre est sortie, elle échappe à son créateur. Personnellement, je garde ce mini-album bien au chaud et le ressors de temps en temps, hurlant alors « Ah, is it the son of Satan? No, it isn’t! » Vivent les maudits.



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