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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juin 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Eric Andrew "A.K." Knutson
(chant)

-Michael Gilbert
(guitare)

-Steve Conley
(guitare)

-Bill Bodily
(basse)

-Ken Mary
(batterie)

TRACKLIST

1) Blood in the Water
2) Burn the Sky
3) Brace for Impact
4) A Place to Die
5) The Walls
6) Cry For the Dead
7) The Wicked Hour
8) Too Many Lives
9) Grey Dragon
10) Reaggression
11) Undone
12) Seven Seconds 'Til the End of the World

DISCOGRAPHIE


Flotsam And Jetsam - Blood in the Water
(2021) - thrash metal - Label : AFM Records



On prend presque les mêmes et on recommence. Pour son quatorzième LP – le quinzième si on compte le réenregistrement controversé de No Place for Digrace en 2014 – les vétérans de Flotsam and Jetsam reprennent les affaires là où ils les avaient laissées à la sortie de The End Of Chaos deux ans auparavant : même producteur, même personnel – on note toutefois le remplacement du bassiste - même illustrateur de pochette avec monstre aquatique sur fond de cité en flammes et, mais pouvait-il en être autrement après quarante années à œuvrer au service du thrash metal, même genre musical. L'envie d'étonner ne figurant manifestement pas au programme, reste à tester la solidité de Blood in the Water, le millésime 2021 de la bande à Knutson.

La session débute avec la chanson-titre, dont la structure ressemble comme deux gouttes d'eau à celle de "Prisoner in Time", l'opener de The End of Chaos : riff pressé, couplets passe partout sur lesquels Knutson prend son temps, refrain soigné, solo trop court puis reprise de la cavalcade. Du travail de pros, dénué de surprise. Pour obtenir son shoot de sérotonine, il faut aller traquer le motif accrocheur qui transcende le morceau au canevas immuable... Ou presque. Car les Nord-Américains ont pris l'initiative de ralentir la cadence à l'occasion d'une ballade - ça faisait quelques temps qu'ils ne s'étaient pas livrés à l'exercice. Certes, « A.K ». n'est pas irréprochable sur les couplets apaisés mais se rattrape en faisant péter les décibels sur le refrain pour un effet de contraste réussi. Bien construite, "Cry for the Dead" reste toutefois assez convenue, arpèges et claviers évoquant une démo de The Gathering circa 1991 avec un meilleur son. Celui-ci se révèle un chouïa plus profond que celui de The End of Chaos, valorisant les scansions vigoureuses de la triplette "Burn the Sky"- "Brace for Impact"- "A Place to Die", honnête sans plus. Le thème de "The Walls" rappelant curieusement le tube disco "Fame" fait lever un sourcil mais cela demeure insuffisant pour contrer la monotonie engendrée par cette première partie.
Si le chant d'Erik Knutson, seul membre permanent du collectif depuis sa création, permet une fois encore à ce dernier de se distinguer, le manque de variété de ses inflexions bloquées dans un aigu systématique finit par renforcer l'impression générale d'uniformité - et ce n'est pas le thème dénué de saveur de "The Wicked Hour" et les longueurs plombantes de "Too Many Lives" qui la dissiperont. Heureusement, le quintet se rattrape sur un dernier tiers plus réjouissant, marqué par les savoureux refrains de la paire "Grey Dragon"/"Reaggression", les gimmicks malicieux de "Undone" et la mélancolie fervente poissant "Seven Seconds 'Til the End of the World" en clôture de la réalisation. Des riffs inventifs et des variations plus inspirées que de simples ralentissements auraient probablement transcendé ces sympathiques occurrences mais il faut savoir se contenter du matériel respectable que ces rescapés des eighties sont encore capables de produire.


Pas de changement à l'horizon, Flotsam and Jetsam continue de tracer sa route thrash speed en prenant bien soin de ne pas quitter la voie principale mise en service il y a quatre décennies. Le son s'est modernisé, la puissance est de plus en plus palpable mais ces ajustements ne remettent pas fondamentalement en cause l'identité d'une formation qui avec Blood in the Water confirme sa capacité à balancer un album bien charpenté et sans fioritures (ou si peu). Tout de même... Moins de rythmes automatiques et davantage de prises de risque, ce serait possible la prochaine fois, Messieurs, s'il-vous-plaît ?



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