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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 03 juin 2021
Sa note : 11/20

LINE UP

-Aline Boussaroque
(chant+guitare)

-Bastien Venzac
(basse+chant)

-Thibault Delafosse
(batterie+percussions+chant)


TRACKLIST

1) Varulv
2) Je parle au sauvage
3) Monarques
4) L’(h)être balafré
5) Le veilleur
6) Sur le seuil
7) Le jour des corneilles
8) Et dans l’aube la nuit emplit leur yeux

DISCOGRAPHIE


Përl - Les Maîtres du Silence
(2021) - post rock black metal - Label : Autoproduction



Groupe francilien, Përl prend son temps, ne presse pas les choses. Le trio existe depuis maintenant treize ans et Les Maîtres du Silence est son troisième album, après R(a)ve et Luminance. Pas de grands changements de ligne directrice sur ce nouvel opus, le groupe continue d’explorer le mélange des genres entre post metal, musique atmosphérique et black metal. 

Le premier point remarquable est le dessin de la pochette, que je trouve très jolie, tout simplement, et aux antipodes de la pochette de metal standard. Une aquarelle représente un loup, dans la forêt nocturne avec une thématique lunaire. Elle possède une certaine qualité poétique, un je ne sais quoi onirique. Musicalement, la première impression n’est pas mauvaise non plus: le titre d’ouverture "Varulv" (mot norvégien pour lycanthrope) est caractéristique du disque, et donne le ton. Une rythmique plutôt lourde entame l’introduction, puis s’entremêlent des nappes de guitare aériennes, très réminiscentes d’ISIS période Panopticon. S’enchaîne alors le chant d’Aline, qui oscille entre chant clair et chant hurlé typique de ce genre de post-metal, proche dans l'idée de celui de Julie Christmas d’ailleurs (collaboratrice de Cult of Luna sur le dantesque Mariner, Made Out of Babies, Battle of Mice) mais pas du tout dans l'exécution. Il faut d’ailleurs noter que le chant français sur ce type de musique ne passe absolument pas chez moi (c’est le premier groupe de post metal chantant en français que j'écoute).
Je trouve que cela détruit la balance fragile entre les instruments dans le cas présent. Le chant est mis beaucoup trop en avant et noie les mélodies. En ce qui me concerne, ce fut la barrière la plus haute pour m’immerger dans l’univers musical de Përl. Le manque de balance dans le son est le plus gros défaut de cet album: la rythmique est trop en avant, la basse trop audible dans le mix et la guitare est trop en retrait. Comme de plus le travail sur les mélodies n’est pas toujours recherché (flagrant sur "Monarques" ou "L’(h)être balafré"), ou alors les mélodies sont belles mais complètement noyées, il y a un vrai trou auditif. Ce qui est fort dommage car Përl manie bien le mariage stylistique entre du post-metal presque groovy, de l’ambient ("Sur le seuil"), du post rock à la construction archi classique en crescendo ("Sur le seuil"), du black metal ("Le veilleur"). A noter que ce titre survole l’album par sa beauté, ses variations et son atmosphère. Dommage que quand le groupe tente des constructions plus progressives, il ne réussit pas vraiment à nous emmener avec lui. "Le jour des corneilles" est un des titres les plus faibles de l’album car outre les problèmes de mixage, la composition ne va nulle part et le disque se termine sur une déception. 

Troisième essai donc pour Përl et je dois admettre que le verdict est très mitigé: il y a un univers, des idées noyées dans un ensemble sonore en complet déséquilibre. Le cœur de la musique (les mélodies) est tellement noyé que nous pouvons nous demander s'il n’est qu’un prétexte. Le chant déclamatoire devient alors le seul élément qui reste et il est très, trop, clivant. Une déception.





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