18691

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Saint Vincent
(chant)

-Heimoth
(guitare)

-Drakhian
(guitare)

-Pierre Le Pape
(claviers)

-Esx Vnr
(basse)

-Yann "Alsvid" Herrera
(batterie)

TRACKLIST

1) La morsure du Christ
2) Métal noir
3) Sacrifice de sang
4) Ex-cathédrale
5) Hymne au vampire (acte III)
6) Les océans du vide
7) Le triomphe de Lucifer

DISCOGRAPHIE


Seth - La morsure du Christ
(2021) - black metal - Label : Season Of Mist



Inspirez. N’hésitez pas, laissez-vous emporter par cette brise grandissante. Sentez ce souffle sur votre peau frémissante de désir. Celui du souvenir. 1998, nous étions jeunes et bondissants. La France gagnait sa première coupe du monde de football en pensant ne plus revivre tel triomphe. Seth lui-même enfantait son premier méfait, applaudi par les fans d’un style en voie de normalisation : le black metal. Et s’imposait de fait comme une tête de pont du mouvement en France.

Avance rapide de vingt-trois ans. Le paysage black metal n’a plus rien à voir. Ne serait-ce que celui de la France. Notre belle terre fait désormais partie des pays qui comptent dans le genre, les références ont plu avec ce qu’on pourrait appeler une « French touch ». Seth a lui peu à peu disparu dans cette lame de fond. L’Excellence imposait un groupe sûr de ses forces et audacieux. Divine-X puis Era-Decay continuaient d’enfoncer certaines portes encore closes à l’époque, avec plus ou moins de réussite. Puis l’absence. Pour un retour en demi-teinte de ce qui n’était plus qu’un suiveur, s’abandonnant dans les dissonances très à la mode en 2013. Et donc huit longues années pour engendrer un nouveau rejeton maléfique. Difficile d’anticiper une nouvelle orientation.
Trop de temps.
Et trop d’oubli ?
Car le monde a avancé sans Seth et les Bordelais, s’ils ont fait frémir la sauvagerie de la mémoire avec leur live (peu réussi au demeurant) aux feux de Beltane reprenant l’intégralité de ces Blessures de l’âme qui semblent demeurer leur référence, n’apparaissaient plus sur les radars. En enfin donc, La morsure du Christ. Une pochette pleine d’opportunisme anti-clérical en reprenant une Notre-Dame entièrement dans les flammes (de la flemme ?).
Et puis le son. Un album qui débute comme… Oui, nous aurions dû nous y attendre. Leur live se voulait annonciateur d’un retour aux sources, ce grand classique qui frappe les groupes depuis trop longtemps établis frappés par la peur du vide. Alors on glousse tout en vibrant d’excitation. Car avouons-le, le Seth du millénaire précédent faisait rêver. Même si votre serviteur a une nette préférence pour l’exceptionnel L’Excellence, le microcosme du black semble surtout avoir retenu ce premier brûlot. Et c’est donc cela qui lui sera servi.
Car pourquoi changer une formule qui a marché ? Qui marcha marchera ? Une formule digne de l’inspecteur Gadget.
Cependant la chanson-titre met d’emblée les pieds dans le plat, sans aucune subtilité. Années quatre-vingt dix toutes. Et pas qu’un peu ! On croirait entendre la suite des Blessures de l’âme que les fans n’ont jamais vraiment eue, avec même le grand retour du français ! Les riffs mélodiques, les claviers langoureux par nappes et cette batterie si précise d’Alsvid, on retrouve tout. Agrémenté d’un son aligné sur les standards contemporains, précis, sec et froid tout en laissant sa place à une certaine organicité. Bref les Girondins ont su s’adapter au temps qui a passé. Pourtant, du temps qui a pu passer, nous ne voyons aucune trace. Les compositions s’étendent comme au bon vieux temps et l’homogénéité complète des Blessures de l’âme remonte des entrailles du passé. Les beaux moments s’amoncellent le long des chansons. La seule chose qui a changé finalement, c’est la maîtrise des codes et des techniques. Je n’ai jamais éprouvé de vraie admiration sur cet aîné adulé, et pourtant Les morsures du Christ me semble un bon album. Un retour qui marque et qui est au niveau auquel on attend Seth.


Alors oui. Et non pour le manque d’originalité. En fait, Seth a gagné cette qualité en se reposant sur son passé glorieux, mais dans le même temps a totalement perdu cette personnalité liée à ses expérimentations. En ressort un album chaudement recommandable, dans une veine totalement convenue.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1