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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Olof Anders Gustav Wikstrand
(chant+guitare)

-Josef "Joseph" Tholl
(guitare)

-Erik Tobias Lindkvist
(basse)

-Jonas Per Anders Wikstrand
(batterie)

TRACKLIST

1) Bells of Hades
2) Death Rides This Night
3) Mistress from Hell
4) Mesmerized by Fire
5) Katana
6) Crystal Suite
7) Scream of the Savage
8) Midnight Vice
9) Take Me Out of This Nightmare
10) Take Me to Hell
11) Silent Hour / The Conjugation
12) Satan
13) Black Angel
14) Roll the Dice
15) Evil Attacker
16) Speak the Tongue of Heathen Gods
17) Stellar Plains
18) Tyrants of Our Generation (Frigid Bich cover)

DISCOGRAPHIE

Into the Night (2008)
Diamonds (2010)
Death By Fire (2013)
From Beyond (2015)
Live by Fire (2015)
Zenith (2019)
Live by Fire II (2021)

Enforcer - Live by Fire



Aussi bons soient-ils sur album, speed et thrash metal révèlent bien souvent leur potentiel jubilatoire en concert, à condition que les musiciens assurent. Bonne pioche avec Enforcer, fer de lance de la New Wave of Traditional Heavy Metal (NWOTHM) qui après avoir sorti le nouveau maître-étalon du genre, From Beyond, revient en cette fin d'année 2015 avec un enregistrement live sous les aisselles dépassant de la veste en cuir sans manches. Personne ne s'attendait à ce que les Suédois en profitent pour se laisser aller à des expérimentations jazz latino. Et pourtant...

...Ce n'est pas le cas, évidemment. Enforcer, faire autre chose qu'enquiller du riff et du solo à fond les balloches sur des Flying V ? Et puis quoi encore ? Ozzy se met au rap, c'est ça ? Restons sérieux. Captée à Athènes début 2013 sur la tournée Death By Fire, la partie strictement audio du finement intitulé Live By Fire est donc antérieure à la parution de From Beyond, ce qui se révèle assez frustrant compte tenu de la qualité exceptionnelle de celui-ci. À noter que la performance livrée au Saitama Super Arena de Tokyo le 20 octobre 2013 a fait l'objet d'un DVD inclus dans le package - deux salles deux ambiances, l'assistance du stadium nippon étant logiquement plus massive que celle du Kyttaro Club athénien. L'auditoire hellène se fait néanmoins entendre malgré une interaction limitée avec les types sur l'estrade, au point de générer un bruit de fond qui donne l'impression que les spectateurs applaudissent en permanence – pourquoi pas mais c'est plutôt étrange. Quant à la prestation du quatuor, elle est constante de bout en bout, calquée sur le liminaire "Death Rides This Night" : véloce, bénéficiant d'un son rêche mais costaud, portée par une batterie imposante sans que celle-ci ne « mange » le mix pour autant et, heureuse surprise, augmentée d'une basse audible. Le chant et les guitares, souvent en twin, sont justes – on fait confiance au leader Olof Wikstrand lorsqu'il indique qu'à part l'effacement de quelques bruits parasites, la réalisation a fait l'objet de peu de retouches.
Fort de ce constat, deux camps vont probablement se dessiner : d'un côté celles et ceux qui n'apprécient pas plus que ça le genre pratiqué par la formation scandinave, de l'autre les fans. Les premiers ne risquent guère de succomber – au sens figuré, tout du moins – à cette succession de brûlots speed, notamment les extraits de Into The Night, tranchant LP inaugural dont les extraits sont bonifiés par la production avantageuse du live - "Scream of the Savage" et le terminal "Evil Attacker", notamment, décapent sévère. Les aficionados du gang de Stockholm, en revanche, subiront avec plaisir le déferlement de ces exocets soniques dont les délectables "Mesmerized by Fire", "Midnight Vice", "Katana" et "Take Me Out of This Nightmare". Mention spéciale également aux infernaux "Take me to Hell" et "Roll the Dice", pas d'une originalité folle mais débordant d'intensité. Alors oui, certaines séquences instrumentales se révèlent un peu trop longues, sur "Silent Hour / The Conjugation" par exemple, mais heureusement le chant d'Olof Wikstrand, en permanence calé dans les aigus, dégage un dynamisme communicatif, pour peu qu'on ne soit pas allergique à la stridence - dans le cas contraire, de toutes façons on n'écoute pas Enforcer.
Cerise sur le gâteau, trois titres studio sont ajoutés au coffret en édition limitée. Ils se révèlent assez surprenants, nettement plus axés sur la mélodie que les morceaux susmentionnés: "Speak the Tongue of Heathen Gods", joué en mid tempo (!) débute par une ligne de piano (!!) et ne contient pas de solis harmonisés (!!!) tandis que le plus alerte "Stellar Plains" - ça sent l'hommage au Priest – est valorisé par un refrain accrocheur dont Enforcer n'était pas coutumier jusque là. Enfin, la parenthèse se referme sur "Tyrants of Our Generation", une reprise fidèle à la version originale figurant sur une démo de Frigid Bitch, section heavy speed new-yorkaise n'ayant sorti aucun LP avant son split survenu en 1986 – difficile de faire plus trve.


Rugueux, puissant, pas forcément très varié mais cohérent, aussi véloce que tendu, Live by Fire constitue un excellent florilège de la période pré-From Beyond d'Enforcer, à une époque où le collectif nordique ne mollissait pas sur les duels de guitare, les cris qui tuent et les rafales de quadruples croches. Un témoignage qui clôt une partie de l'histoire du groupe et en ouvre une autre à l'écoute des trois bonus studio qui indiquent un changement de cap, certes modéré mais indéniable, vers des territoires plus mélodieux.



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