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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Lars Säfsund
(chant+claviers)

-Anders Rydholm
(guitare+claviers+basse)

Ont participé à l'enregistrement :

-Per Svensson
(chœurs+guitare)

-Daniel Rydholm
(guitare)

-Tony Paoletta
(guitare)

-Muris Varajić
(guitare sur 1, 3, 5, 6, 8 et 10)

-Kristian Larsen
(guitare sur 2 et 5)

-Pelle Holmberg
(guitare sur 7)

-Jay Joseph Graydon
(guitare sur 12)

-Frank "Frallan" Nilsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Wild And Free
2) Run
3) My Loveless Lullaby
4) Waltz For The Movies
5) 4 AM
6) Go
7) Snakebite Charm
8) Let The Games Begin
9) A Culinary Detour
10) Catch If You Can
11) Rampant Wilfdire
12) Race Against Time

DISCOGRAPHIE


Art Of Illusion - X Marks The Spot
(2021) - hard FM AOR - Label : AOR Heaven



(For English version, scroll down)

Ah, le monde enchanté de l'AOR, qu'il fait bon parfois s'y ressourcer ! Alors pas tous les jours, hein, parce qu'à moins d'être frappé(e) d'hypoglycémie chronique, l'abus du genre initié par Journey peut déclencher un diabète de type 3 (le 2 mais en pire) à n'importe qui, même au fan d'Epica qui se croyait immunisé à force de s'enfiler des kouign-amanns sonores ruisselant de fausses cordes (et de fausse chanteuse) qui feraient passer "Bohemian Rhapsody" pour une démo de Johnny Cash. Car oui, l'AOR est rassurant comme un doudou conservé en cachette, un nin-nin que l'on tête un peu honteusement mais avec avidité pour retrouver la douceur de l'insouciance et éponger le flux démoralisant des nouvelles du monde. Faire son choix parmi les innombrables rejetons de Toto et Survivor sans se rabattre sur les valeurs sûres revient à demander une glace au pif chez un marchand qui proposerait deux-cents parfums - on n'est pas à l'abri de tomber sur une saveur cellophane bouillie ou aspartame en gelée. Heureusement, il existe des créations plus appétissantes, et X Marks The Spot de Art of Illusion en fait partie.

Les mélomanes érudits qui kiffent le metal progressif – plus érudits que mélomanes, donc – auront relevé l'homonymie avec le collectif polonais emmené par Filip Wiśniewski et Kamil Kluczyński (c'est pour le plaisir de faire suer les lecteurs qui trouvent que « Lewandowski » c'est déjà dur à dire). Les deux membres du Art of Illusion dont il est question dans cette chronique et qui tartinent de rose la pochette, très jolie au demeurant, de leur premier album, sont conscients de la possible méprise provoquée par un brainstorming de guedin ayant débouché sur une idée pas loin d'être inédite - si l'on oublie Fleetwood Mac et Guns N' Roses : mélanger les noms de leur groupe principal respectif, à savoir Work of Art et Grand Illusion. Ce dernier compte dans ses rangs Anders Rydholm, producteur et songwriter ayant officié sur un nombre conséquent de productions de chez Frontiers, le label incontournable de ce que l'on appelle également hard fm. Principal initiateur et musicien polymorphe de Art of Illusion, le Suédois a embauché au micro son compatriote Lars Säfsund qui ne chôme pas non plus puisque prêtant ou ayant prêté ses talents à Acacia Avenue, Biondo, Bobby (oui, ce groupe a existé), Enbound, Lionville et donc Work of Art dont il constitue un atout majeur. Car le bonhomme est doté d'un organe chaleureux dont il module la puissance à bon escient, sachant la jouer mezzo voce quand le tempo se calme, comme sur la ballade "4 AM" au refrain aussi sucré qu'un loukoum nappé de sirop d'érable, et envoyer du bois quand il le faut, à l'image de sa prestation sur "Wild and Free", ouverture portée par un riff alerte débouchant sur un refrain fervent et un solo énergique.
Dans un esprit plus « feelgood » mais vigoureux quand même, "Run" rappelle les bons moments du référentiel Last Of The Runaways de Giant. Un agréable apéritif avant le tube "My Loveless Lullaby", dont l'amorce apaisée fait place à un thème succulent que dopent des chœurs euphoriques. Quelques morceaux pâtissent de la comparaison avec cette occurrence irrésistible et sentent la recette bien appliquée mais sans surprise, tels les mid tempo "Snakebite Charm" et "Go" aux scansions de guitare génériques et solos passe-partout alors que "Let The Games Begin" et "Catch If You Can" charment davantage grâce à un motif principal plus emballant déroulé à bonne allure. Mais les roués Nordiques montrent qu'ils ont plus d'un tour dans leur besace en concoctant deux intermèdes délicieux façon musique de film arrangées à la sauce Queen, l'explicite "Waltz For The Movies" et l'inattendu "A Culinary Detour", ode à la cuisine italienne teintée de mandoline sur laquelle Säfsund joue les ténors de bel canto – le résultat est aussi clicheton que savoureux. En clôture, "Rampant Wilfdire" rappelle la capacité de Rydholm à tailler du refrain qui dépote, prélude fiévreux aux accents délicats de "Race Against Time" qui permettent à Säfsund de mettre en valeur un registre sensible pas loin d'être bouleversant.


S'éloigner de la mièvrerie et des gimmicks fades - telle est la ligne de conduite suivie avec gourmandise sur X Marks the Spot, le charmant essai de Art of Illusion, par la paire Lars Säfsund/ Anders Rydholm. Avec le renfort d'émérites collaborateurs, le duo scandinave respecte scrupuleusement les codes AOR - à l'exception notable des synthés mielleux – et offre des chansons majoritairement toniques, dont une qui devrait faire date si le recueil rencontre le succès qu'il mérite. L'enregistrement ne convaincra sûrement pas les abonnés à Deathgrind Magazine, mais pourrait tenter les amateurs de mélodies catchy qui ont besoin de guitares accrocheuses pour en savourer pleinement le nectar.



Ah, the enchanted world of AOR, how good it is to be there sometimes! But not every day, because unless you are chronically hypoglycemic, the abuse of the genre initiated by Journey can trigger a type 3 diabetes (it's like the type 2, but worse) to anyone, even to the Epica fan who thought he was immune by listening to a bunch of sonic pastries dripping with fake strings (and fake singer) that would make "Bohemian Rhapsody" looks like a Johnny Cash demo. Because yes, the AOR is reassuring like a cuddly toy kept in hiding, a dummy that we suck a little shamefully but with greed to find the sweetness of carefree and mop up the demoralizing flow of the world news. Choosing among the innumerable offspring of Toto and Survivor without falling back on the established values is like asking for an ice cream in a shop that would offer two hundred flavors - one is not safe from falling on a boiled cellophane or aspartame flavor in jelly. Fortunately, there are more appetizing creations, and X Marks The Spot by Art of Illusion is one of them.

Erudite music lovers who dig progressive metal - more erudite than music lovers, that is - will have noticed the homonymy with the Polish collective led by Filip Wiśniewski and Kamil Kluczyński (this is for the pleasure of making readers sweat who find « Lewandowski » hard to say already). The two members of the Art of Illusion mentioned in this review and who spread pink on the cover of their first album, which is very nice by the way, are aware of the possible misunderstanding caused by a dazzling brainstorming that led to an idea that is not far from being unheard of if we forget Fleetwood Mac and Guns N' Roses - mixing the names of their respective main bands, namely Work of Art and Grand Illusion. The latter has Anders Rydholm in its ranks, producer and songwriter who has officiated on a significant number of productions of Frontiers, the label that is essential for what is also called « hard fm ». Main initiator and polymorphic musician of Art of Illusion, the Swede hired at the microphone his compatriot Lars Säfsund who is not idle either since he lends or has lent his talents to Acacia Avenue, Biondo, Bobby (yes, this band existed), Enbound, Lionville and thus Work of Art of which he constitutes a major asset. Because the man is endowed with a warm organ whose power he modulates wisely, knowing how to play it mezzo voce when the tempo calms down, as on the ballad "4 AM" with a chorus as sweet as a loukoum topped with maple syrup, and to rock when it is necessary, like his performance on "Wild and Free", opening carried by an alert riff on a rather fast tempo leading to a fervent chorus and an energic solo.
In a more « feelgood » but vigorous spirit, "Run" reminds the good moments of the referential Giant's Last Of The Runaways. A pleasant appetizer before the nugget "My Loveless Lullaby", whose soothing beginning gives way to a succulent theme that is boosted by euphoric choruses. Some tracks suffer from the comparison with this irresistible occurrence and smell like a well applied but unsurprising recipe, such as the mid tempo "Snakebite Charm" and "Go" with generic guitar scansions and all-purpose solos, while "Let The Games Begin" and "Catch If You Can" are more charming thanks to a more exciting main motive that unfolds at a good pace. But the clever Norsemen show that they have more than one trick up their sleeve by concocting two delicious interludes in the style of film music arranged in the Queen sauce, the explicit "Waltz For The Movies" and the unexpected "A Culinary Detour", an ode to Italian cuisine tinged with mandolin on which Säfsund plays the tenors of bel canto - the result is as cliché as it is tasty. In closing, "Rampant Wilfdire" reminds us of Rydholm's ability to carve out a chorus with a kick, a feverish prelude to the delicate accents of "Race Against Time" which allow Säfsund to showcase a sensitive register that is not far from being overwhelming.


To move away from the mawkishness and the bland gimmicks - such is the line of conduct followed with greed on X Marks the Spot, the charming essay of Art of Illusion, by the pair Lars Säfsund/ Anders Rydholm. With the reinforcement of distinguished collaborators, the Scandinavian duo scrupulously respects the AOR codes - with the notable exception of the invasive synths - and offers mostly tonic songs, including one that should be a hit if the album meets the success it deserves. The recording will surely not convince Deathgrind Magazine subscribers but could tempt fans of catchy melodies who need catchy guitars to fully savor the nectar.


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