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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Efthimis "K." Karadimas
(chant+basse)

-Michalis "Mike G." Galiatsos
(guitare)

-Kostas Kyriakopoulos
(guitare)

-Fotis "Benardo" Giannakopoulos
(batterie)

Ont participé à l’enregistrement :

-Eleni Vougioukli
(chœurs)

-Souzana Vougioukli
(chœurs)

TRACKLIST

1) She Loved the Twilight
2) Killing Moon
3) Darkness Forever
4) Witches
5) Giants of Anger
6) Temenos
7) Meteor Gods
8) Martyrs of the Cult of the Dead (Agita)
9) At Night We Prey
10) Wolves in Thy Head

DISCOGRAPHIE


Nightfall - At Night We Prey



Intégré au début des années quatre-vingt-dix au trident noir du metal grec qu'il formait avec Rotting Christ et Septic Flesh, Nightfall n'est pas parvenu à suivre la montée en puissance de ses deux prestigieux voisins au cours de la décennie suivante. Demeurant dans la zone incertaine où évoluent les valeurs sûres et autres éternels outsiders à qui il manque le fameux « petit truc » qui fait la différence, la troupe emmenée par le tenace Efthimis Karadimas propose At Night We Prey, dixième album placé sous le signe de la renaissance.

S'il a fallu huit années à la horde hellène pour donner une suite à Cassiopeia, c'est principalement en raison de la dépression qu'a dû affronter son leader durant cette longue période. Ce dernier exprime les tourments qui l'ont assailli dans sa nouvelle œuvre, dont l'artwork cauchemardesque ne laisse guère de doute quant au niveau d'anxiété de son contenu. Pour autant, le quatuor ne s'est pas converti au dark indus, l'un des rares styles avec la pop qu'il n'ait pas abordé au cours de sa carrière. On retrouve sur At Night We Prey ce mélange death doom thrash heavy black, jadis agrémenté d’électro (sur Diva Futura en 1999) et de quelques rares touches folk essentiellement audibles sur "Meteor Gods", trop timides cependant pour évoquer le souvenir flatteur d'"Ishtar (Celebrate Your Beauty)" sur le référentiel Athenian Echoes de 1995. Amorcé par un chœur féminin délicat que rejoignent rapidement des arpèges cristallins, "Meteor Gods" résume la frustration ressentie à l'écoute de l'enregistrement : au lieu de laisser s'épanouir cette jolie promesse liminaire, les musiciens font prestement tonner les grosses guitares, avant d'enchaîner sur une séquence de blasts et reconvoquer les arpèges, instaurant ainsi une atmosphère tendue à la Der Weg Einer Freiheit. Mais un passage mid tempo pas très folichon enraye la dynamique, que ne suffit pas à réenclencher l'accélération finale.
Ce schéma en dents de scie se reproduit sur l'intégralité des pistes. Ainsi la seconde partie fervente de "Witches", l'un des moments forts du recueil, succède à une présentation sans éclat, de la même manière que le dernier tiers mélodique et aéré de "Giants of Anger" fait suite à la répétition d'un motif convenu. Karadimas y délivre son chant saturé mi growlé mi hurlé à tendance incantatoire qui ne convainc qu'à moitié - il contribue ainsi à banaliser la conclusion de "Temenos", rehaussé toutefois par une scansion au mitan rappelant les talentueux Be'lakor. Outre la voix, les guitares du revenant Mike Galiastos et de Kostas Kyriakopoulos, en permission du doomy The Slayerking dans lequel officie également Karadimas, font preuve d'une inventivité limitée, comme en attestent les peu marquants "Martyrs of the Cult of the Dead (Agita)" et "At Night We Prey" aux plans rebattus et dont l'allure tranquille contraste avec la vivifiante frénésie thrash de "Darkness Forever" et les embardées façon melodeath de "Killing Moon", deux titres hélas dépourvus d'un thème suffisamment remarquable pour retenir durablement l'attention. Quant au final "Wolves in Thy Head", sa montée en puissance bien dosée est elle aussi freinée par un ralentissement dévitalisant.


Nightfall restera toujours Nightfall - en tout cas ce n'est pas At Night We Prey qui remettra en cause l'identité de la section athénienne. Celle-ci déploie une fois de plus une intensité qu'elle ne parvient pas complètement à transcender en dépit – ou à cause – de compositions solides, ardentes mais en déficit d'originalité et de trouvailles percutantes. Sincère, fervente et dotée d'un son robuste, la réalisation devrait plaire néanmoins à celles et ceux qui aiment goûter à l'amère énergie des ténèbres.





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