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CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Roberto "Rob Tyrant" Tiranti
(chant)

-Carlo Andrea "Olaf Thörsen" Magnani
(guitare)

-Andrea "Anders Rain" Cantarelli
(guitare)

-Andrea "Andrew McPauls" De Paoli
(claviers)

-Cristiano "Chris Breeze" Bertocchi
(basse)

-Franco "Frank Andiver" Rubulotta
(batterie)

TRACKLIST

1) Moonlight
2) New Horizons
3) The Night of Dreams

4) Lady Lost in Time
5) State of Grace
6) Heaven Denied
7) Thunder
8) Feel [Legend B Remix] (Cenith X cover)
9) Time After Time
10) Falling Rain
11) Die for Freedom

DISCOGRAPHIE


Labyrinth - Return to Heaven Denied
(1998) - power metal - Label : Metal Blade Records



Italie et power metal. Une association qui, pour la majeure partie des amateurs du genre précité, évoque immanquablement Rhapsody, formation triestine ayant sorti en 1997 un premier LP très remarqué dans le milieu des collectionneurs d'épées en plastique. Son vocaliste Fabio Tordiglione, alias Lione, officiait auparavant sous le pseudo moins sauvage de Joe Terry chez les voisins de Labÿrinth avec qui il avait enregistré le prometteur No Limits l'année précédente. Si un label tel que Metal Blade a pris la décision de signer le groupe et de sortir son deuxième album, nommé Return to Heaven Denied, c'est qu'a priori les Toscans ne se sont pas plantés [nda : désolé].

Boucle de synthés intrigante, guitares en mode "Vol du Bourdon" débaroulant à fond la caisse (on est en 1998, l'emploi de cette expression est donc autorisée), couplets tendus, refrain épique, petit intermède aux claviers, solo néoclassique sous influence Malmsteen : échevelés et haletants, "Moonlight" et "New Horizons" ouvrent magistralement le recueil et révèlent un chanteur puissant et mélodieux comme il sied au genre pratiqué. Rob Tyrant s'adonne aux vocalises de rigueur sans faire d'abus, son timbre aigu ne verse pas dans la stridence qui agresse et si son vibrato se fait parfois envahissant, il ne parvient pas à ruiner les partitions que le titulaire du micro bonifie avec une implication palpable. Certes, les semi ballades "Heaven Denied" et "Falling Rain", bien que mettant en valeur sa capacité à jouer sur l'émotion, peinent à décoller, faute de thème assez accrocheur pour les transcender. En revanche, "The Night of Dreams" fait mouche à la faveur de son superbe refrain.
Cerise sur le gâteau, les claviers réglementaires ne sont pas exagérément mis en avant – tout juste se font-ils plus audibles sur "Feel", reprise incongrue et instrumentale d'un titre effréné d’électro boum boum allemande de 1995. Quant aux samples symphoniques prisés par leurs compatriotes, il ne faut pas trop y compter ici, Labÿrinth se rapprochant plutôt du speed metal à la teutonne, comme en témoigne le véloce "Thunder" dont le court solo en twin puis son successeur plus bavard font penser à une chute de studio de Helloween, quelque part entre Walls of Jericho et Keeper of The Seven Keys part I. En dépit de ces excellentes dispositions, certaines pistes procurent un plaisir modéré, ainsi la brève "State of Grace" sent un peu le pilotage automatique tandis que "Lady Lost in Time", rudement chargée en glucose, se voit freiner dans son élan par des guitares qui calment étrangement le jeu à mi parcours après s'être contentées d'aligner les quadruples croches sur les couplets sans guère de variations - dans la plus pure tradition du style, il est vrai. Dommage, car le refrain est encore une fois succulent, à l'instar de celui de "Die for Freedom" qui a défaut du feu d'artifice que l'on était en droit d'attendre, clôt l'enregistrement sur une touche mélancolique du plus bel effet.


Habiles, fougueux, rétifs à la grandiloquence et aptes à sortir des compositions méchamment entraînantes, les véloces chevelus de Labÿrinth démontrent dès leur seconde réalisation au long cours qu'ils ont toute leur place dans l'élite du power européen en cette fin des années quatre-vingt-dix. Si quelques séquences moins inspirées empêchent Return to Heaven Denied d'accéder au rang de chef d'œuvre, celui-ci contient un nombre suffisant de morceaux de haute volée pour faire passer de bons moments en famille, entre amis ou seul(e) dans sa piaule en chantant à tue tête tout en moulinant frénétiquement du poignet, en tout bien tout honneur. Une bouffée euphorisante qui fait du bien par où elle voudra bien passer.



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