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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 08 avril 2021
Sa note : 12/20

LINE UP

-Jonas Petter Renkse
(chant+guitare+programmation)

-Dick Anders Nyström
(chœurs+guitare+claviers)

-Sven Fredrik Norrman
(guitare)

-Erik Mattias Norrman (guitare+basse)

-Daniel Liljekvist
(chœurs+batterie)

TRACKLIST

1) Ghost of the Sun
2) Sleeper
3) Criminals
4) A Premonition
5) Will I Arrive
6) Burn the Remembrance
7) Wealth
8) One Year From Now
9) Walking By A Wire
10) Complicity
11) Evidence
12) Omerta
13) Inside the City of Glass

DISCOGRAPHIE


Katatonia - Viva Emptiness
(2003) - rock Modern Metal - Label : Peaceville Records



« ¡Viva la muerte! » « ¡Viva! »
-Putain Jonas… je t’avais dit qu’on aurait dû rester chez tes beaux-parents à Marbella… Dans quel merdier on s’est foutu…
-Tais-toi, Anders, ils vont nous repérer…
-C’est pas compliqué, hein, on n’a pas trop des tronches de légionnaires…
« ¡Viva el Rey! » « ¡Viva! »
-Putain Jonas… ils nous regardent… à ton tour, dis un truc, bon Dieu, dis un truc !
-Je ne peux pas, tu sais bien que depuis Brave Murder Day je ne peux plus ch…
-Ah mais arrête avec tes excuses bidons… on va se faire buter… trouve un truc !
-Euh… ¡Viva Emptiness!
-Comment ça « Viva Emptiness » ???… ça veut rien dire ! Dead, on est dead !
-Je sais pas moi, muerte, emptiness, ça se tient…

La légende veut que le nom du sixième album de Katatonia soit un hommage à ce jour où notre mythique duo a failli perdre la vie, dans la chaleur des casernes de la Légion espagnole. Ils ne durent leur salut qu’à l’intervention du lugarteniente Felipe Sierra, fan invétéré de Dance of December Souls et Brave Murder Day et à la promesse solennelle que Viva Emptiness prône un retour à des sonorités plus agressives. L’aigle bicéphale catatonique tint-il parole ? Globalement, oui. L’excellent "Ghost of the Sun" est sans doute l’un des titres les plus agressifs jamais composés par Katatonia. Il tranche d’autant plus que les trois albums précédents se complaisent dans une sorte de délicieuse mélancolie fleur bleue, et, même si Tonight’s Decision sait faire la part belle aux riffs pesants, l’on commence l’écoute de ce Viva Emptiness persuadés que les Suédois veulent à nouveau faire monter la tension de l’auditeur, l'incitant par la même occasion à jeter ses boîtes de Lexomil à la poubelle. Erreur. Malgré un regain de tension, l’album n’est pas entièrement frappé du sceau de la riffitude, mais de celui, ô combien plus déplaisant, de l’inconstance. Ce n’est pas un problème de tempo ou de mordant des compositions, sinon de la qualité des titres, tout bêtement. Que l’album nous propose des compositions aux contours moins flous que par le passé, qu’il nous plonge dans un état moins poétique, n’est pas un véritable problème. Le groupe évolue et c’est normal. Non, le problème, c’est la quantité de fillers présents sur l’œuvre. Bien qu’alliant passages quasi bucoliques et riffs plus velus, la séquence allant de "A Premonition" à "Wealth" montre des signes inquiétants de fadeur.
Les mélodies n’accrochent pas l’oreille et le groupe y avance à tâtons. Et que dire de "Walking By A Wire" ou "Complicity" ? Qu’on est proche de la platitude absolue ? Sí señor. Le lieutenant Sierra a dû s’arracher ses courts cheveux à l’écoute de ces morceaux pâlichons. J’espère simplement qu’en homme droit, il aura apprécié à sa juste valeur la qualité des autres titres, car le paradoxal Viva Emptiness porte également en son sein une série de compositions que l’on peut ranger sans aucune difficulté dans la catégorie des grands titres de la formation. Outre le décapant "Ghost of the Sun", "Criminals" et "Omerta" montrent le Katatonia adolescent et touchant que l’on aime, celui qui manie la douceur mieux que quiconque et sait nous ficeler des mélodies qui vont droit au cœur. "One Year from Now" et ses notes de piano sait également nous charmer par son ambiance nocturne. Et puis il y a "Evidence", ce megahit à l’efficacité redoutable, proche de celle que les ex-doomsters de Paradise Lost savent également nous proposer à la même époque. Ces quelques joyaux illuminent un album qui aurait été bien terne sinon. Pas le terne brillant de Last Fair Deal Gone Down, non le terne terne, Vilain. Si vous doutez de mon analyse, allez regarder les statistiques d’écoute des différentes pistes de l’album sur Spotify. Elles parlent d’elle-mêmes.


La catastrophe est évitée de justesse. La patte inimitable de Jonas et Anders sauve Viva Emptiness d’un terrible naufrage. Les mega-titres que sont "Ghost of the Sun", "Evidence" ou "Omerta" compensent partiellement la platitude du reste. Katatonia cherchait-il à garder des forces en vue du grand coup que constituera l’album suivant ? Peut-être, mais je serais eux, j’éviterais l’Andalousie à jamais…



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