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CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2008
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Chris Maher
(chant)

-Tom Clements
(guitare)

-Kev Gaffney
(basse)

-Carl Sharrocks
(batterie)

TRACKLIST

1)The Horror
2)Incite the Sunrise
3)Truth or Dare ?
4)Static and Signals (Speaking Without Words)
5)Kenetic
6)966
7)Tunnel Rat
8)Prosthetiquette
9)Mano Destra Mano Sinistra
10)Asyla (She of the Flames)
11)Army of the Locust
12)Closing Season
13)Beauty Into Devastation
14)What Keeps You Safe
15)Broken Glass

DISCOGRAPHIE


I-Def-I - In The Light Of A New Day



Vous l'aurez peut-être remarqué, votre serviteur aime les choses carrées. Il adule par-dessus tout la rigueur allemande. Musicalement, contrairement à un amateur de prog', il survit très bien à 50 minutes de mesures en 4/4. Alors quand il reçoit un CD de metalcore qui part dans tous les sens à chroniquer, il est pas content, parce qu'il est tout perdu le pauvre. Et en plus, il est obligé d'admettre que cet album pondu par des chiens d'Anglais est pas mal du tout. Et ça, ça vient en contradiction d'un de ses principes fondamentaux…

I-Def-I nous vient donc de la Perfide Albion, cette nation de trends, et plus particulièrement de Manchester. En bon groupe de metalcore, ce genre à la mode qui hérisse les poils des vieux cons comme moi, les Anglais ont choisi de mélanger un nombre incalculable de genres, du hardcore au néo, du thrash à la pop/punk. Un brassage d'un morceau à l'autre, et souvent même au sein du même titre. Pas facile à suivre ces p'tits jeunots… Le début de l'album est assez savoureux, et voit le groupe prendre le relais de Machine Head période The Burning Red. Une base indéniablement metal qui tire vers le néo, et par-dessus un sens aigu du refrain catchy complètement imparable.

Le premier titre, "The Horror", est une véritable merveille à ce petit jeu. Les différents plans s'enchaînent parfaitement, d'un metal galopant avec la basse qui claque façon "The Blood The Sweat The Tears" à un break hardcore/néo, tout est parfaitement bien pensé. Une approche conjuguée avec talent sur pas mal de titres, de "Incite the Sunrise" à "Asyla", de "Truth or Dare ?" à "Prosthetiquette". Les quelques variations sont aussi les bienvenues, comme ce feeling limite punk rock "Statics and Signals". Enfin, avec son alternance entre couplet calme et refrain plus énervé alternant chant clair et chant hardcore, "Kinetic" a tout pour prétendre au hit metalcore, le cahier des charges étant respecté à la lettre.

Il faut dire aussi que I-Def-I peut s'appuyer sur un vocaliste de grand talent. Indéniablement, Chris Maher est la véritable révélation de cet album. Doté d'un timbre très intéressant, aussi à l'aise dans un registre hardcore qu'avec son chant clair parfaitement maîtrisé, l'homme est aussi capable de transmettre de l'émotion dans son chant. Une démarche choisie et parfaitement assumée sur un titre comme "Broken Glass", un morceau guitare/voix qui vient fermer l'album en douceur. Un registre encore plus appréciable lorsqu'il est parfaitement intégré à une chanson, comme "Tunnel Rat", dont le hardcore à mi-chemin entre espoir et mélancolie nous rappelle le Life Of Agony période Soul Searching Sun.

En revanche, I-Def-I va devoir apprendre à retirer un peu de gras à l'avenir. 15 titres (dont 1 interlude) pour 57 minutes, on frôle l'indigestion. Surtout que dans le lot figure une poignée de titres sans intérêt, surtout parmi les titres purement hardcore. On aurait ainsi pu se passer sans problème de "966" ou "Army of the Locust". Même si le refrain de ce dernier est assez réussi, ça ne fait que 3 fois 10 secondes d'intéressantes. Un reproche qui peut s'appliquer à pas mal de titres qui, même si la balance finit par pencher du bon côté, sont tout de même handicapés par des breaks un peu lourdauds. Il n'est toutefois pas interdit de penser que mon aversion du hardcore soit à l'origine de ces remarques.


Pour un premier album, I-Def-I nous laisse entrevoir un potentiel énorme, même s'il ne parvient pas tout à fait à en tirer le meilleur. Gageons qu'avec un peu de bouteille, les Anglais parviendront à mieux canaliser leurs idées. Espérons aussi que la promotion quasi inexistante autour de ce groupe (dont l'album est sorti début 2007, et aujourd'hui distribué par Season of Mist) n'aura pas sa peau avant…


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