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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mars 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Loic Lecoustre
(chant)

-Guillaume Rabelle
(guitare)

-Sylvain Oboeuf
(guitare)

-Hetier Fabien
(basse)

-Sylvain Levrebvre
(batterie)

TRACKLIST

1) Downloading     
2) Passengers     
3) Tale of a Braindead     
4) The Path to Oblivion      
5) Reborn      
6) Identity      
7) A World of Shame     
8) I Push You Die      
9) Blackout      
10) Primal Instinct
11) Dystopia

DISCOGRAPHIE


Breakhead - Allegiance to Materiality



Breakhead s’est-il trompé dans son choix de nom de groupe ? Car si les Français vont casser quelque chose, ce n’est pas votre tête, mais votre cou à coup de headbangs rageurs. Annonçant un style mêlant thrash, death et metalcore, le groupe est un peu de tout cela, tout en trouvant une formule cohérente. Gros son, gros riffs, grosse claque dans ta gueule ! Allegiance to Materiality est leur deuxième album et la formation espère bien s’imposer avec.
Quelques notes de piano, des bruits étranges… L’introduction vient nous poser l’ambiance dystopique de l’album pendant une minute. Le malaise s’installe avant que ne déboulent les riffs de "Passengers". Le son est bien grave, le growl tout autant. Le mixage donne une impression froide, presque clinique parfois. Un petit côté indus derrière les gros riffs ? On comprend vite que le groupe maîtrise son sujet et les guitares enchaînent les gimmicks lourds et puissants, accompagnées par une voix un peu particulière. On a l’impression qu’elle est compressée par moment. Presque en retrait sur certains passages, on finit par s’y habituer et discerner les nuances apportées (quelques screams viennent s’intercaler au milieu du chant caverneux). Chaque morceau se révèle une claque en termes d’énergie et d’agressivité. La batterie sait envoyer quelques double pédales mitraillettes avec pertinence. La partie rythmique apporte un vrai plus, boostant les guitares avec des cassures et des accélérations bien senties. Les quelques apports de la guitare lead enrichissent l’ensemble pour éviter trop de linéarité. Même si cette homogénéité dans la qualité a aussi ses défauts.
Difficile de reprocher quoi que ce soit aux morceaux de cet album. Cependant, à la suite, les uns après les autres, le tout se révèle très monolithique. Les chansons se ressemblent, tant dans les riffs, que dans la construction ou le chant. Il manque clairement de respiration dans ce Allegiance to Materiality. Même si l’instrumental "Identity" vient justement couper la galette en deux avec quelques arpèges acoustiques, il retombe vite dans les mêmes riffs lourds. Il manque aussi un brin de folie, une originalité dans un morceau, une chanson plus longue, un solo épique ou malsain, que sais-je ? Le groupe choisit de réaliser un album coup de poing (qui devrait dépoter en live), mais au bout de 50 minutes, on n’a pas forcément envie de s’y replonger tout de suite. Pourtant, les morceaux de fin, plus mélodiques, sont aussi plus mémorables. L’enchaînement "I Push You Die" et "Blackout" ouvre un peu le spectre de la musique de Breakhead et tout de suite, la qualité passe un cap. C’est peut-être un peu le défaut de l’album : les meilleurs morceaux sont en deuxième partie.
Allegiance to Materiality
est un album rentre-dedans qui joue le jeu à fond. On ne va pas se mentir : ça fait sacrément le taf. Les morceaux tabassent dur et le groupe a trouvé sa formule, qui fonctionne bien. On ne peut que souhaiter au groupe de continuer à grandir, il est dans la bonne voie.




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