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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 23 mars 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Andy Marshall
(chant+guitares+basse)

-Carlos Vivas
(batterie)

TRACKLIST

1) Prophecies
2) The Pyre
3) Into the Forest of Shadows
4) Essence
5) Endless Winter

DISCOGRAPHIE

II (2021)

Fuath - II
(2021) - black metal - Label : Season Of Mist



Fuath est un terme gaélique. Fuath signifie « Haine ». Fuath fait du black metal. Et Fuath est écossais. II se pose comme la… deuxième sortie du mono. En effet, Andy Marshall est seul maître à bord et ne daigne admettre qu’un batteur de session pour enrober ses compositions. Le précédent, I donc pour les plus perspicaces d’entre vous (et dieu sait que vous êtes nombreux !), a eu bonne presse dans la communauté black d’obédience atmosphérique. Plongeons alors l’esprit léger et soulagé, voire confiant, dans cette offrande.

De black metal atmosphérique, il faut l’interpréter tout d’abord. Car il y a les approches naturalistes, et surtout tremolistes, à la Wolves in the Throne Room, basées sur des blasts incessants et des riffs absents au profit de guitares quasi transformées en claviers. Et puis, il y a l’école Burzum, formée à l’éloge du claviers et des accords de guitares nettement plus parcimonieux, mais toujours identifiables en groupes comme riffs. Fuath se veut clairement de la seconde catégorie. N’hésitant pas à piocher dans les qualités d’un Negura Bunget période N’Crugu Bradului au niveau des guitares, il s’acoquine cependant d’un rythme posé et de claviers étrangement doucereux que ne renierait pas maître Grishnackh sur le colossal Hvis Lyset Tar Oss, tout comme un Drudkh du haut de sa splendeur initiale.
Seulement, Fuath aime à brouiller les pistes et ne pas se laisser enfermer trop rapidement dans les cases, le tout armé d’un son fluet comme il se convient pour du black metal froid et sylvestre. "The Pyre" débarque sur des accords de guitare absolument pas black metal, vecteurs d’une mélodie désenchantée, délicate et exquise. L’effet est immédiat et happe l’auditeur dans un monde fait de tourbillons mélancoliques, sentiments perpétués par les riffs parfaitement en accord qui viennent accompagner la chanson. Fuath semble avoir trouvé sa voie, loin du garage. Elle est celle d’un black metal à mi-chemin entre le contemplatif et le vindicatif. Surtout, il tape parfaitement aux bons endroits.
S’il faut appuyer son propos de mélodies douceâtres, qu’il en soit ainsi. De même pendant les blasts, les riffs réapparaissent de nouveau. Andy Marshall donne alors l’impression d’être un capitaine de navire, certes esseulé, mais bien en maîtrise des événements. Dès lors, les défauts sont menus, s’apparentant plus à des reproches qu’à de véritables puits de médiocrité. Aurions-nous aimé plus d’intensité ? Des extremums plus marqués entre candeur mélancolique et rage sauvage ? Oui, pourquoi pas, et en même temps pas forcément, tant ces considérations tanguent sur l’équilibre fragile et précaire qui prédomine dans cette configuration. II donne plus l'impression d'un disque ne se mesurant pas en plus et moins, mais bien en charge émotionnelle, domaine qu'il contemple majestueusement.


Une belle surprise, piochée par hasard dans les sorties de ce début d’année, « la haine », comme dirait Mathieu Kassovitz, dépeint un monde onirique et nostalgique d’un passé révolu tout autant que regretté. Cela sous le couvert d’une réalisation personnelle, émouvante et soyeuse.





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