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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 05 mars 2021
Sa note : 6/20

LINE UP

-Jérémie Bézier
(chant+guitare+basse)

-Olivier Lomer
(guitare+clavier)

-David Alexandre Parquier
(clavier)

-Jonas Sanders
(batterie+percussions)


TRACKLIST

1) Un corps à l'abandon
2) Vide, incomplet
3) Le mal est chez lui
4) Le sévère
5) Ce beau visage qui brûle
6) Détruis‐moi à l'amour
7) Plus jamais 
8) L'erreur
9) On n'en finit pas 
10) L'ailleurs

DISCOGRAPHIE

Not For Music (2017)
Vide (2021)

Emptiness - Vide
(2021) - ambient - Label : Season Of Mist



Emptiness a un parcours musical progressant vers des morceaux de plus en plus éthérés. Leur premier album était du black death de facture plutôt classique et au fur et à mesure des sorties, le groupe évolua vers du blackgaze, ce mélange de black metal et de post-rock ou shoegaze. Quand un combo sort un album éponyme, même si dans ce cas c’est une traduction du nom du groupe, c’est peut-être parce qu'ils veulent définir ce qu’est ou ce que sera leur musique.

Et donc Emptiness voudrait définir sa musique, avoir une représentation auditive de son art, par Vide ? L’erreur. Car il ne faut pas se le cacher, ce disque est vide, incomplet. Les Bruxellois ont voulu faire une œuvre froide et nue, inimaginable, à l'image de cette pochette insupportable représentant un cadavre de nouveau-né. Mais ils ne réussissent qu'à nous ennuyer, voire nous repousser au bout de cette œuvre qui n’en finit pas, malgré ses 43 minutes au compteur. Alors d'où vient le mal ? Le premier titre commence par un bruit de respirateur artificiel pour malade en réanimation. Puis vient une mélodie molle. Et enfin un chant complètement brouillon, volontairement, car murmuré, trafiqué par de la réverbération et de l'écho. Cependant, il est très mis en avant, au point de rendre le peu de musicalité en dessous de la limite de l'audible, noyée dans ce drone qui passe pour des paroles. 
Et tous les morceaux sont dans ce style : un manque flagrant de mélodie ou même de musicalité, complètement obscurcie par ce chant rédhibitoire. La rythmique est molle, les lignes de claviers sont neurasthéniques, quelques accords ou arpèges de guitares pointent le bout du nez de temps à autre, des samples de bruits d’enfants (procédé très cliché)... Au moins, nous ne pouvons reprocher au disque d'être incohérent, vu que tout est au même niveau. Seul le dernier titre contient quelque chose qui fait relever la tête : la composition progresse, le chant se fait plus agressif. Durant un instant fugace, Emptiness flirte avec Trisomie 21. Mais cela ne dure pas longtemps et le disque se termine, pour notre soulagement. 
Wotan, le sévère des Éternels ? Je ne sais pas. Je comprends les intentions du groupe : composer un album avec un nihilisme froid, sans concession. Le groupe voulait une représentation musicale du vide émotionnel autour de nous, une mise en perspective de l'année 2020, peut-être ? Après tout, Vide s’ouvre sur un bruit synonyme de soins intensifs. Mais le résultat n’est absolument pas digne de l'idée. Le vide de l’ennui est ce qui vient à l'esprit. Les disques d’ambient peuvent être difficiles à aborder, mais lorsque l’auditeur n’y trouve ni beauté, ni musicalité, ni sentiment, c’est de la musique d'ascenseur. Un ascenseur pour le purgatoire, en l'occurrence, qui n’en finit pas de descendre.

Si Vide est le disque définitif d’Emptiness, cela sera sans moi. Le groupe avait un objectif clair, mais la réalisation l’envoie hors de la trajectoire et le résultat est un disque mou, ennuyeux et dont le chant exaspère très vite. Plus jamais.



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