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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 03 mars 2021
Sa note : 12/20

LINE UP

-A.
(chant+basse)

-M.
(guitare)

-I.
(guitare)

-V.
(batterie)

TRACKLIST

1) The Fall Awakening
2) Autumn Legacy Underlying the Cold’s Caress
3) The Breathless Season Bane
4) Unceasing Sorrows from the Vastness’ Scion
5) To the Withering Womb
6) Through Fire Upon Fire
7) Embers in the Slumbering Threshold
8) The Silent Solace
9) Emanations from the Swallowed Twilight

DISCOGRAPHIE

Portraits (2021)

Perennial Isolation - Portraits
(2021) - black metal très gaze - Label : Non Serviam Records



Regarder des titres de chansons. Parfois, souvent, des fois, cela suffit à se faire une idée de ce qui nous attend. Longs, agglutinant les mots du champ lexical de la mélancolie, ils crient « Dépression ! Atmosphère ! ». Perennial Isolation, les Espagnols, ne chercheront pas à démentir cette assertion.

En fait d’atmosphère, on pense presque à du Deafheaven. Et de dépression, on pense au lumineux. Ces longs aller-retours sur les guitares, les blasts fréquents, un chant très braillé, à la limite du hurlé… tout confine au blackgaze. De fait, on se retrouve face à des mi-riffs mi-nappes de guitares. Les chansons ne regorgent absolument pas d’attaques franches ou de découpages à la serpe. Le produit était bien annoncé : atmosphère, ambiance. Cependant, là où des Burzum ou Drudkh feront appel aux claviers à la lancinante composition, le mouvement blackgaze oppose son addiction à une certaine vitesse d’exécution, et à un très paradoxal dénuement de brutalité dans les blasts imposés. L’effet me surprendra toujours.
Donc oui, les Espagnols font du black sans vraiment en faire. On les imagine très aisément en chemise à carreaux et pantalon moulant. Du genre à avoir énormément de réflexions sur le monde qui les entoure. Et donc les cheveux courts bien coiffés. Mais bref, égarement. Que faire d’une telle musique dès lors ? Elle s’adresse clairement à un public ciblé, et ce public n’est pas celui qui affectionne son black metal froid, vicieux, crade. Rien de tout cela ici. Pour se plonger dans Portraits, il faut admettre sa luminosité et son addiction au désormais vieux phénomène post quelque chose. Le nom du courant l’indique très clairement, on regarde l’horizon, on contemple, on pose des yeux scrutateurs et interrogateurs.
La ballade dans la forêt est un must avec ce type de musique, et les compositions longues sans verser dans le piège de la rallonge invitent très clairement au recueillement psychique voulu par ses géniteurs. Dès lors, il est tentant de dire objectif atteint. Oui. Les patterns de guitares agitent une diversité suffisamment douillette afin de retenir l’attention de son auditeur sur la durée, tandis que les sentiments sont exprimés avec l’éloquence nécessaire pour convaincre l’amateur. Enrobez tout ceci d’une production, certes pas titanesque, mais juste dans son rôle et vous obtenez une mixture qui possède les arguments pour se faufiler dans la litanie des sorties dans le genre.


Donc toi, TheDecline01, tu aimes du blackgaze ? Ne poussez pas le bouchon trop loin s’il vous plaît. Respect pour les aînés. Non. Ça demeure, et demeurera éternellement, trop guimauve. Seulement, j’imagine tout à fait le contentement de celui qui recherche ce type de musique. Il faut avouer que c’est bien fait. Et puis, rien que le fait que cela ne me repousse pas est finalement un bon indicateur.



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