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CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Martin Rambaud
(chant+guitare+synthétiseur)

-Matthieu Baudiment 
(chant+chœurs)

-Jules Tijou
(violon)

-Louis Chamballu
(basse)

-Antoine Daniel
(batterie)

TRACKLIST

1) Awareness
2) Nothing Left To See
3) Atlantis
4) Requiem For An End
5) Small War
6) Fight For Destiny
7) Eternal Disillusion
8) Crystal Crane
9) Swans And Shadows
10) Interlude
11) A la cendre et la neige

DISCOGRAPHIE


Mirizøn - Shrinking Violet
(2021) - metalcore (bien fait) - Label : M&O Music



D'habitude (enfin on voit ça à l'école), on commence par son intro, puis sa conclusion et ensuite le corps du texte (thèse, anti thèse, synthèse, vous voyez le topo). Sauf que pour chroniquer ce Shrinking Violet signé Mirizøn, après six écoutes hypnotiques, je me suis lancé dans la bataille et je n'ai pas d'accroche à titre d'introduction à vous proposer. Je vous invite donc à passer à la suite, pour découvrir ce premier effort plein de (bonnes) surprises !

Je vais commencer par une petite attaque gratuite. Qui aime encore le metalcore en 2021 ? Il va sans dire que quand j'ai découvert ce premier album des jeunes Nantais, j'ai flippé un peu (une si belle pochette en plus). Mais, comme souvent, j'ai pris mon courage à deux mains (à deux oreilles plutôt) et j'admets que le rendu de Shrinking Violet s'est vite avéré intéressant. Je ne vais pas m'attaquer au jeu des comparaisons avec les groupes cités dans le communiqué de presse (Bring Me The Horizon (coucou Isahn) Architects, Polaris), je ne les connais pas suffisamment et surtout cela n'aura aucun sens pour cette chronique. Alors certes, le tout n'est pas parfait et on n'évite malheureusement pas certains clichés et sorties de route. A commencer par ce chant scream, propre au style, qui me pose définitivement problème. Du fait de sa jeunesse, on pardonnera à Matthieu un excès d'engagement lors de ses « cris »; mais un peu de nuance serait bénéfique au groupe à l'avenir. Ceci dit, on distingue clairement ses chœurs qui donnent du volume. Malheureusement son comparse Martin lui vole littéralement la vedette. On n'échappe pas non plus aux morceaux communs qui, au gré de mes écoutes du style depuis plus de quinze ans (de plus ou moins loin), se ressemblent en terme d'écriture, d'intensité, de rythme. Ainsi je ferai l'impasse sur des pistes comme "Crystal Crane", "Fight for Destiny" ou (dans une moindre mesure) "Atlantis" qui ne font vraiment pas honneur au reste de Shrinking Violet.
Car oui ce premier album de Mirizøn est malgré tout un petit bijou (le concept et les compos seront ainsi à polir dans le futur). Le plus du quintet ? Le violon littéralement, mais surtout la manière dont il est exploité (car bon en 2021 tous les instruments sont passés dans tous les styles). Jules fait preuve sur certains titres d'une approche mélodique mature, en témoignent l'excellente "Eternal Disillusion", la plus douce et grave "Swans and Shadows" ou encore la torturée "A la cendre et la neige". Mais ce qui saute aux yeux, c'est la symbiose entre Martin et Jules, comme si les deux ne faisaient qu'un sur les titres pré-cités. Si le premier cité semble avoir un peu de mal à contrôler son chant par moment (le refrain de "Requiem for an End", titre énergique et plutôt sympathique), il apporte cependant du relief à l'ensemble et n'est pas sans rappeler (feu) Chester Harrington : une voix pas toujours maitrisée mais capable d'ouvrir les vannes à un torrent d'émotions - dressage de poils garanti. Ajouté à cela un sens de l'efficacité toute trouvée ("Awareness", intéressant opener, qui pourtant ne spoile pas du tout le reste de ce premier effort, mélodiquement parlant), un sens de la douceur comme sur le second single, "Small War" (intimiste et captivant), et vous obtenez un premier album étonnant, perfectible certes, mais qui vous colle à la peau.

Shrinking Violet malgré ses défauts (on parle d'un premier album) est une sacré surprise, il faut le dire. Alors oui, en 2021 on peut encore écouter et aimer du metalcore. Qui plus est porté par un chanteur à l'immense potentiel, un violoniste inspiré, des riffs et une batterie acérés et un « screamer » qui, en dépit de quelques ajustements à effectuer, en a gros sur la patate et apporte le mordant nécessaire. Shrinking Violet possède ainsi en son sein une ribambelle de titres sublimes (toujours en rouge à votre gauche) à côté desquels il serait bien dommage de passer.





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