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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 13 février 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Matthieu Miegeville
(chant)

-Tristan Mocquet
(piano)

-Mathieu Laciack
(clavier basse)

-Jordi Pujol
(batterie)

TRACKLIST

1) Your Shelter
2)
There Will Be No One
3) Red
4) Speak To Me
5) Ego Zero

DISCOGRAPHIE


My Own Private Alaska - Let This Rope Cross All The Lands (EP)
(2021) - postcore pianocore - Label : AWAL



Après trois albums sortis entre 2008 et 2011, My Own Private Alaska s’était éteint avec un beau silence radio. En voyant leurs CD disparaître de leur store et de Spotify, on ne croyait pas vraiment à un retour. Et pourtant, après une réédition d’Amen en 2020, les voilà qui nous proposent un EP intitulé Let This Land Cross All The Lands, décrit comme un enregistrement de raretés. Une pochette élégante, presque lumineuse comparée aux précédentes, mais surtout un nouveau line-up. Si Tristan Moquet et Matthieu Miegeville à la voix sont évidemment présents tant ils constituent le son de My Own Private Alaska, on retrouve un nouveau batteur et un… clavier basse ?

Après dix ans de disette, vingt minutes de My Own Private Alaska, c’est toujours bon à prendre, même si on aurait préféré un peu plus. Ce sont donc cinq nouveaux morceaux qui nous sont proposés, dont une nouvelle version de "Red". Cette relecture a du sens, puisque la chanson originelle, issue des Red Sessions, était avare en hurlements. Le groupe la reprend façon hardcore. Ce qu’elle perd en intimité, elle le gagne en hargne. Chacun aura sa préférence sur les deux versions, mais cela ne nous laisse finalement que quatre morceaux nouveaux à découvrir. "Your Shelter" est le morceau le plus rythmé et permet d’entrer directement dans l’univers du groupe. Chant hurlé suivi de voix claire, le grondement de la batterie et ce piano entêtant qui remplit l’espace. L’énergie, l’ambiance, tout est là comme au premier jour. Un délice pour les fans, assurément. "There Will Be No One" est plus dans la tradition narrative du groupe. Le piano se fait plus mélancolique. Un mélange de hargne et de tristesse, comme un manifeste du désespoir. "Speak to me" a lui tout du tube. Les parties piano sont magnifiques et portées par des lignes de chant très inspirées. Le refrain hurlé prend tout son sens, comme un loup hurlerait sa souffrance à la lune.

Après des débuts très froids, le son du groupe s’était peu à peu réchauffé jusqu’à The Red Sessions. Les débuts glacés de leur musique s’étaient orientés vers un univers plus intimiste. Ici, la façon dont le piano sonne est évidemment primordiale dans le mixage, puisque celui-ci est le seul instrument mélodique avec le chant. Let This Rope Cross All The Lands se situe entre les deux mouvances. Il permet finalement de plutôt bien mélanger les parties intimistes avec les explosions de rage. La synthbass fait quelques timides apparitions. Même si les nappes se révèlent parfois trop synthétiques pour le son du groupe, elles ne sont pas envahissantes et, en arrière-plan, apportent un plus. Le nouveau batteur fait du beau travail également. Au fur et à mesure des écoutes, on s’aperçoit combien sa rythmique enrichit et porte les morceaux. Matthieu Miegeville fait ce qu’il sait faire. Sa voix claire est toujours aussi belle et harmonieuse avec les parties piano. Ses screams sont puissants et rageurs, même s’ils paraissent parfois trop poussés. Sur "Red", il en fait trop. Peut-être que reprendre un morceau qui se voulait calme et posé et y mettant de la colère n’était pas si simple que ça, en fait.

Cet EP est plein d’espoir pour l’avenir du groupe. Les morceaux sont réussis, on retrouve la patte du groupe et celui-ci ne se répète pas trop. On attend désormais la suite. Un album complet ou quelques chansons pour compléter celui-ci ? L’avenir nous le dira.



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