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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Inmesher
(chant+guitare+batterie)

-Gaarentwynder
(guitare)

-Harbinger
(basse)

-Redeemer
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Mat McMerney
(chant sur 4 et 7)

TRACKLIST

1) Divide Et Impera
2) Rope of the Just
3) Eleutheria
4) Prison of You
5) The Underground Paradise
6) Hiraeth
7) Flood Flower
8) Non Serviemus
9) Issohadores
10) Diluvian Darkness

DISCOGRAPHIE


Rope Sect - The Great Flood
(2020) - gothique post-punk - Label : Iron Bonehead records



Avouez que tous les noms de groupe n’ont pas le même impact. Si je prends… au hasard… Ghost (nyark, nyark), c’est banal et ça fait penser à Patrick Swayze et Demi Moore - au moins pour les gens de ma génération… Alors que Rope Sect, punaise… Rope Sect ! La Secte de la Corde ! L’imagination décolle de suite… Elle peut aller dans la direction qu’elle veut, parce qu’on peut en faire des choses avec une corde, bande de petits vicieux…

Alors, certes, le nom, pourvu qu’il ne soit quand même pas trop nase, reste secondaire. Le flacon, l’ivresse, etc. Mais il se trouve que nos amis germains, qui, à l’instar des fantômes susnommés ou de leurs compatriotes de Fvneral Fvkk, usent de pseudonymes - secte oblige -, s’y entendent pour nous délivrer un excellent post-punk, métallisé sur les bords. Pas assez metal pour figurer sur Metal Archives et leurs critères à géométrie variable, Rope Sect sait néanmoins alourdir ses titres à la Interpol et compagnie de riffs relativement lourds pour le style proposé et rappelant quelques groupes bien connus des amateurs de l’underground métallique. Ainsi, l’on peut parfois songer à l’Enslaved un tantinet psyché de Ruun sur certains riffs de titres comme "Divide et Impera" ou, plus souvent, à Hail Spirit Noir. Ecoutez "Hiraeth" et ne me dites pas que ce genre de riffs sujets à des baisses de tensions soudaines ne possède pas une similarité avec les (ex) divins Grecs. Les accointances avec le monde du metal ne s’arrêtent pas là, puisque le refrain de la ballade "Flood Flower" nous ramène tout droit du côté d’un Virgin Killer ou quelque autre album seventies des compatriotes de Scorpions.
Que Rope Sect lorgne consciemment ou non sur la scène metal, ne vous méprenez pas, le propos des artistes est très essentiellement indie, avec des relents de Nick Cave ("Eleutheria") ou des Smiths, via le timbre indolent et charmeur d’Inmesher. Ce dernier vous donnera moult frissons pour peu que Morrissey ne vous laisse pas indifférent. Niveau conseils concrets, je n’ai pas grand-chose à dire : chacun trouvera son bonheur en fonction de ses affinités intimes, aucun filler n’est à déplorer sur The Great Flood, dépouillé, efficace et porteur d’un feeling désabusé et déglingué très séduisant. Personnellement, je ressens un petit faible pour les titres les plus rentre-dedans, mon amour très limité pour Nick Cave m’empêchant d’être totalement conquis par "Eleutheria". Le très dynamique "Rope of the Just", le riff du refrain de "Prison of You", l’efficacité absolue de "The Underground Paradise" m’ont spécialement conquis, tout comme le "Diluvian Darkness" final dont la beauté sombre et inquiétante constitue un belle conclusion pour une œuvre somme toute assez personnelle et ô combien intéressante.


Sobre, axée sur des lignes rythmiques parfois louvoyantes mais faisant toujours mouche, la deuxième œuvre de Rope Sect est une excellente surprise, dans un genre revenu à la mode et revitalisé depuis quelques années. Les Allemands semblent aimer, de plus, métalliser leur propos, ce que ni gâche rien. The Great Flood est à conseiller à tous les Mancuniens dans l’âme.





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