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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Caroljoyce
(chant+harpe celtique)

-Evilvince
(basse)


TRACKLIST

1) Blackbird
2) Burning in Paradise
3) Forest of Amnesia
4) Tears of Twilight
5) Alone
6) The Moaning Stones
7) Hidden Pleasure
8) November Road
9) Twelfth Night
10) Sinners
11) Eternity For Us
12) Those Grey Coats
13) Metamorphosis

DISCOGRAPHIE


Supernovae - Faint Vision of Earth
(2020) - post rock - Label : Autoproduction



-  Non, non, non, les gars ! On n’y est pas ! Le solo d’ocarina, c’est après le bridge ! Evil Butcher, toi, tu étais où ? Ton triangle, je l’ai pas entendu ! Et puis je ne parle même pas de Necrowitch… Ta guimbarde, tu comptes t’en servir correctement un de ces jours ?
-  Excusez-moi, je cherche Supernovae. C’est vous ?
-  Ah non, désolé, nous c’est Bestial Desecration. Supernovae ce sont ceux qui jouent de la harpe ?
-  Oui…
-  C’est au fond à droite, juste à côté du local de répète du groupe de didjeridoo-mathcore.


Quelle image avez-vous des harpistes ? Des créatures elfiques en robe blanche translucide -mmmm…- frôlant doucement des cordes, tout doucement, de peur de se casser les doigts ? Dans ce cas, si vous écoutez Supernovae, il va falloir jeter vos idées reçues à la poubelle. Je mets d’ailleurs au défi quiconque écoutant Faint Vision of Earth pour la première fois, d’identifier l’instrument associé aux fées. Sans la connaître, je subodore que Caroljoyce n’appartient pas à cette catégorie d’être diaphanes. On la sent plus tourmentée, elle et son compagnon d’aventure, le bassiste déchaîné Evilvince. Plus apte à voyager dans des lieux où l’âme subira quelque tourment. Non pas que Supernovae officie dans le gros death qui tache, loin de là. Le duo nous propose une sorte de post-rock psychédélique hallucinatoire, fait de sonorités hypnotiques, spectrales et métalliques. Métalliques rapport au minerai, plus qu’à la musique. Un peu comme si vous aviez abusé de quelque substance psychotrope et vous mettiez à lécher le robinet au lieu d’en boire l’eau. Pas de véritable chant, les deux instruments prennent la parole, appuyés à l’occasion par un fredonnement haut perché accentuant l’impression d’avoir à faire à une version post-rock et moins chaotique de ce que savaient concocter les Grateful Dead ("Hidden Pleasure").
On pourra également noter un petit feeling deathrock planant sur cette étonnante première œuvre, par le biais d’une basse omniprésente s’étant sans doute amusée à reproduire du Bauhaus lors de longues nuits sans sommeil. Je ne vous cacherai pas que le mélange est curieux et que la première moitié de l’album, pesante et étouffante, comporte quelques longueurs inutiles. Il n’empêche, l’ambiance qui y règne est fascinante. De plus, Supernovae, certainement conscient de l’effet asphyxiant du début du parcours, allège son propos à partir de "November Road", et l’ensemble devient plus fluide, plus rythmé, comme si un vent poussiéreux s’était levé et agitait les spectres invoqués par cette œuvre à déconseiller aux metalleux ne jurant que par Iced Earth. Il est difficile d’extraire un morceau de cette litanie fantomatique, mais les curieux pourront tester "Burning in Paradise" et son feeling batcave, "Hidden Pleasure" ou "Twelfth Night", histoire de planer encore un peu plus haut - plus bas ? - grâce aux plaintes émises par Caroljoyce, la dissonante "Those Grey Coats" ou "Sinners", plus apaisée, presque jazzy. Le mieux est néanmoins de se laisser porter par ces ondes spéciales et cette harpe qui ne nous veut pas que du bien.

La première œuvre de Supernovae nous plonge dans une ambiance bien atypique, au moins autant que l’usage contre-nature d’un instrument que l’on n'associe jamais avec des sonorités aussi spectrales, grinçantes et hallucinatoires que celles proposés sur Faint Vision of Earth. Si l’œuvre pêche parfois par une certaine monotonie, elle ouvre les portes d’un univers plein de promesses de tourments. Impactant.




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