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CHRONIQUE PAR ...

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Merci foule fête
Cette chronique a été mise en ligne le 12 février 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Mark Alan Tornillo
(chant)

-Wolf Hoffmann
(guitare)

-Uwe Lulis
(guitare)

-Philip Shouse
(guitare)

-Martin Motnik
(basse)

-Christopher Williams
(batterie)

A participé à l’enregistrement :

-Clay Vann
(chœurs)

TRACKLIST

1) Zombie Apocalypse
2) Too Mean to Die
3) Overnight Sensation
4) No Ones Master
5) The Undertaker
6) Sucks to Be You
7) Symphony of Pain
8) The Best Is Yet to Come
9) How Do We Sleep
10) Not My Problem
11) Samson and Delilah

DISCOGRAPHIE

Accept (1979)
Metal Heart (1985)
Death Row (1994)
Predator (1996)
Blood Of The Nations (2010)
Stalingrad (2012)
Blind Rage (2014)
The Rise of Chaos (2017)
Too Mean to Die (2021)

Accept - Too Mean to Die
(2021) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Alors que des collectifs se font ou se sont fait outrageusement attendre (Tool, Possessed, Heir Apparent, Toxik....), Accept livre sa galette en ce mois de janvier 2021 avec une régularité quasi helvétique – allemande, quoi – trois ans et quelques mois de couvre-feu après la précédente, elle-même parue trois années après sa devancière. L'artwork suit lui aussi une certaine logique puisque après la vachette écarlate et l'apocalypse bleue, voici le serpent vert façon compilation heavy metal de 1990 - ça sent le rapace sur fond jaune pour le prochain album en 2024, et tant pis si là aussi ça a déjà été fait il y a plusieurs décennies. Hormis la teinte de la bestiole sur la pochette, qu'est-ce qui pourrait bien distinguer le LP n°16 du LP n°15 ?

Le titre (Too Mean to Die). À ceux qui s'apprêteraient à ricaner en lançant un so 2010 « bien joué Captain Obvious », on rappellera qu'il existe des artistes qui donnent leur nom à chacun de leurs albums et à toutes leurs compositions. Par ailleurs, un changement s'est bien opéré chez Accept et par n'importe lequel : Peter Baltes, présent depuis le premier recueil, abandonne le navire, laissant son poste de bassiste à Martin Motnik qui a participé en outre à l'écriture des chansons. Un coup de main a priori bienvenu au rescapé Wolf Hoffmann tant les dernières sorties honnêtes sans plus avaient tendance à se ressembler. Et il faut admettre que quelques occurrences apportent une variété certes toute relative mais appréciable, telle la coloration rock d'"Overnight Sensation" qui plonge le fan nostalgique dans les années quatre-vingts, d'autant que Mark Tornillo y reproduit les inflexions infectées d'Udo à la perfection. Le vocaliste nord-américain nasille beaucoup, c'est sa marque de fabrique ainsi que celle de son prédécesseur, mais s'est tout de même un peu calmé, ce qu'il démontre brillamment sur "The Best Is Yet to Come", une ballade aux faux airs de "Nothing Else Matters" sur laquelle son chant se fait sensible. Il maîtrise également ses habituels accès de stridence sur "The Undertaker", à l'ambiance soignée, tandis que "Sucks to Be You" incarne la facette groovy de la section rhénane.
Pourtant, un obstacle empêche de totalement s'enthousiasmer : la production une nouvelle fois assurée par Andy Sneap. En tout point semblable à celle que l'ex-Sabbat a servie sur les réalisations récentes d'Accept, elle noie les pistes dans un médium dévitalisant qui émousse les guitares – trois depuis le maintien dans la troupe de l'intérimaire Philip Shouse qui avait remplacé Uwe Lulis lors de la série de concerts avec orchestre donnés avant la mise en boîte de Too Mean to Die. Le riff speed à la "Stand Up and Shout" de Dio sur la chanson-titre et le motif évoquant "Beating Around the Bush" de "Not my Problem" sont énergiques à souhait et bénéficient d'une puissance indéniable. Mais celle-ci se déploie au détriment de la dynamique, submergeant les bonnes idées dans une masse sonore compacte et sans relief, tout en révélant les inévitables temps faibles résultant de la ligne directrice et intangible « ça doit sonner comme du Accept » réaffirmée par Meister Hoffmann qui n'a jamais été un adepte des prises de risque inconsidérées – des prises de risque tout court – et estime « facile » de composer pour le groupe. On aurait aimé moins de facilités, justement, aussi amusantes soient-elles comme les citations de l'"Hymne à la Joie" et la Cinquième de Beethoven sur "Symphony of Pain" ou encore le final instrumental orientalisant adapté du Samson et Dalila de Saint-Saëns et de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák sur la rythmique de "Princess of the Dawn". En revanche, les refrains marquants manquent cruellement à l'appel, même dopés par les traditionnels chœurs virils ici judicieusement dosés et accompagnés par les solos toujours aussi délectables du Loup chauve, qui ne suffisent pas toutefois à relever les fades "How Do We Sleep" et "No Ones Master". Entre autres.


« Ça passe tout seul, c'est sympa mais je n'en retiens pas grand chose ». Ce constat si souvent formulé à l'écoute d' enregistrements dont le principal argument se résume à un son stéroïdé conçu pour valoriser leur aspect « metal » s'applique presque à la perfection au millésime 2021 d'Accept. Le savoir-faire éprouvé de son vigoureux guitariste en chef et une interprétation irréprochable permettent cependant à la section germanique de rester dans la moitié supérieure du panier, mais il n'est peut-être pas délirant de suggérer à sa tête pensante de songer à faire évoluer sa formule trop bien huilée si elle veut proposer autre chose qu'un énième avatar ultra codifié et, au final, peu mémorable de heavy metal « à l'ancienne ».



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