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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-Oliver Øien
(chant)

-Espen Bakketeig
(chant+claviers)

-Stian Bakketeig
(guitare)

-André Raunehaug
(guitare)

-Tomas Myklebust
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Jon Einar Hektoen
(basse)

TRACKLIST

1) Downfall
2) Distant Peaks
3) Firstborn Son
4) Matriarch’s Lament
5) The Sight
6) Tears of Rememberance

DISCOGRAPHIE

In Memoriam (2016)

Mistur - In Memoriam
(2016) - black metal - Label : Dark Essence



Souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, j’écrivais « « Du black mélo ET folk ? Tu veux ma mort ? ». Et ouais. Sauf que des fois, on se sent prêt à crever, à moins de le ravaler, vous savez, notre claquet ». Mistur m’a précisément mis dans cette même position, est peut-être plus fortement encore, le côté folk du groupe étant plus développé que chez Afsky. Alors, est-il bon de se faire prendre pour un con ?

Ma foi, oui. Mistur s’entoure de mixtures et autres concoctions fortement black de toute manière. Le blast est monnaie courante, non trébuchante, rassurez-vous. Les riffs sont froids, sylvestres, bref typiques du genre. Le chant est raclé pour réveiller grand-mère. Alors, il est où le problème ? Dans votre cul certes, mais au-delà de cette réaction enfantine, surveillez donc la cote des mélodies : elle flirte largement avec la celle d’alerte. Ce niveau déclenche toutes les alarmes chez moi habituellement. Pourtant ici, ça passe. Et bien. Mistur a un talent pour masquer les mélodies les plus frontales dans sa potion mélancolique. Tant et si bien qu’elles susurrent à nos oreilles rassurées « Laisse-toi aller, apprécie ». Ok, je m’exécute.
D’autant qu’en plus du folk, ce qui marque dans In Memoriam, c’est bien le recours aux éléments du rock progressif des années soixante-dix. En cela, mélodies extrêmes + prog d’antan, on ne va pas se mentir, c’est = Opeth. "Distants Peaks" renferme en son seing des passages où le doute n’est pas de mise. Pourtant, l’homothétie est loin d’être parfaite, car les Norvégiens ajoutent des surprises, comme le break électro. Et de toute manière leur musique est infiniment plus blastée et noire. Les vigueurs de l’hiver éternel nous assaillent de toute part, nous enveloppant de leurs bras de mort blanche. En fait, on entend un peu de Solefald, des voisins, par moments ("Downfall"). Pourtant le riff martial de "Firstborn Son" flingue les envies de comparaisons. Inattendu, subtil et puissant, il avalise la thèse que Mistur fait surtout et avant tout, du Mistur.
Une fois cette admission faite, on peut apprécier une musique extrême, toujours black, qui sait piocher où il faut pour créer une ambiance magnifique. C’est le constat digéré par mon cerveau. Ceci fait, j’ai pu me débarrasser de mes chimères homériques pour embrasser la réalité de cette musique relativement simple, relativement peu originale, et pourtant emmenée avec maestria. La science de l’arrangement, le souci du détail, la volonté constante d’avoir le riff juste, ou la variation surprise au bon moment. Le sens du timing. Mistur se coiffe d’une aura incomparable quand il part dans des cavalcade échevelées ("Firstborn Son" toujours). Cela se nomme « le pied » en termes impies. Alors cessons de vouloir toujours être le plus brutal, le plus noir pour apprécier avec la candeur sans retenue des rêveurs une musique qui mène au Valhalla.


Oui, In Memoriam est un coup porté à mes convictions, et c’est très tant mieux. Il est délicieux de se fourvoyer dans ces occasions, car c’est alors l’opportunité de porter louanges à une formation les méritant.





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