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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 08 février 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Markus Hiltunen
(chant+guitare)

-Fredrik Kjellgren
(guitare)

-Marcus Blom
(basse)

-Samuel Karlstand
(batterie)

TRACKLIST

1) Critical Mass
2) The Immortal Generation
3) Edge of the Horizon
4) Intelligence Explosion
5) Cannibal
6) Empyrean
7) Lost Cause
8) Desolate Worlds (Distant Dimensions)

DISCOGRAPHIE

Empyrean (2021)

Paranorm - Empyrean
(2021) - thrash metal techno - Label : Redefining Darkness records



Suédois. Metalleux. Presque extrémistes. Des mélodies. Ah ok, ben du melodeath, nan ? Mal vous prend d’activer ainsi votre réseau de neurones à clichés. Car Paranorm ajoute l’effet punk à l’affaire. Et donc ? Ben il fait du thrash mécréants. Et à cela, il s’ajoute un vernis progressif ou technique paraît-il.

Paraît-il. Alors au vu de leur impact désormais inaltérable, on va immédiatement penser aux chouchous du thrash technique et hystérique : Vektor. Pourquoi pas, d’autant plus que le chant est braillé, raclé, même si moins nasillard que celui des Américains. Effectivement, Paranorm envoie du bois et des watts. Les guitares incisives filent à toute berzingue alors que les riffs s’enchaînent sans temps mort et que même la basse s’autorise des escapades exquises en quasi solo. On retrouve bien la patte des amoureux des extra-terrestres. Seulement le combo scandinave semble attaché à un rythme plus humain. L’ultra-vitesse ne prédomine pas et c’est « simplement » une toile sonique qui s’échinera à matraquer vos tympans. Largement suffisant au demeurant, tant des vitesses d’exécution indécentes imposent une capacité de composition hors-norme pour ne pas basculer dans le n’importe quoi.
Nos amis thrashos semblent alors s’approcher de Death Angel, autre référence hautement respectable dans le domaine. On retrouve un peu de ce qui avait fait The Art of Dying une si belle réussite : des riffs hargneux, un rythme appuyé, le tout soutenu par des mélodies et une aisance technique délectable. Sauf le chant clair agressif si caractéristique d’Osegueda. Paranorm s’en approche donc, tout en restant au contact de Vektor. Mais également, de manière plus surprenante, le Trivium de The Crusade par certaines sonorités dans les riffs ("Intelligence Explosion" par exemple). Et il faut avouer qu’ils s’en sortent pas mal du tout. Les chansons défilent sans qu’on sente la pesanteur temporelle s’abattre sur nos esgourdes, malgré des compos qui s’étirent, régulièrement au-delà des six – sept minutes, d’où le qualificatif de prog. "Edge of Horizon", première d’un triptyque culminant à plus de huit minutes de moyenne, s’évade même sur la beauté acoustique pour débuter.
Contrairement à "Desolate Worlds (Distant Dimensions)" où la chose est amenée avec la finesse d’un trente-trois tonnes, elle propose une belle intégration tout en aérant de manière fort bienvenue l’album. On sent alors des musiciens qui s’en donnent à cœur joie pour étaler leur science instrumentale. Avec habilité puisque cela ne se fait pas au détriment de la musicalité. Les reproches sont donc maigres à ce stade de la chronique. Le plus évident est l’originalité, car malgré toute sa progressivité, le quartet n’ébahit aucunement de ses remises en question de la norme malgré ses inspirations acoustiques. Les riffs sont largement convenus et la batterie a une fâcheuse tendance à se contenter des carcans thrash. Puis le chant, n’a rien d’excitant. Le clair agressif sied tellement bien au genre qu’il est vraiment dommage de s’en priver.


Au final, une fort belle sortie à laquelle ne manque que l’étincelle de génie pour la porter bien haute. Sur ces constatations, voici une recommandation chaude aux amateurs de thrash qui envoie à tendance mélodico-progressive, car il faudra suivre ce qui se passe.





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