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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 24 janvier 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Kobi Farhi
(chant)

-Yossi "Sassi" Sa'aron
(guitare+oud)

-Matti Svatizky
(guitare)

-Itzik Levi
(claviers)

-Uri "Zelcha" Zelha
(basse)

-Sami Bachar
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Hadas Sasi
(chant)

-Amira Salah
(chant)

-"Neve Israel" Synagogue
(chœurs)

-Albert Dadon
(darbouka)

-Abraham Salman
(kanoun)

TRACKLIST

1) The Sahara's Storm
2) Blessed Be Thy Hate
3) Ornaments of Gold
4) Aldiar Al Mukadisa
5) Seasons Unite 
6) The Beloved's Cry
7) My Requiem 
8) Orphaned Land, the Storm Still Rages Inside...

DISCOGRAPHIE


Orphaned Land - Sahara
(1994) - death metal death metal original et oriental - Label : Holy records



Fondé en 1991, Orphaned Land a rapidement proposé au public une démo, The beloved's Cry, parue en 1993 qui lui a permis de sortir, un an plus tard, son premier album Sahara, sur le label français Holy Records. Ce groupe, exotique pour l'époque, est original à plus d'un point. Musicalement d’abord, le mix entre metal et musique traditionnelle orientale étant alors peu commun, mais également concernant l’influence spirituelle de son art, la formation n’hésitant pas à chercher dans les religions monothéistes une partie de son inspiration.

L’album est composé de deux parties distinctes, « Sahara » d’une part et « The Beloved’s Cry » de l’autre. La première partie démarre avec un "The Sahara’s Storm" de très bonne facture. Dès ce premier titre, nous voici plongés dans l’univers si particulier des Israéliens. Musique orientale et metal se trouvent ici associés dans un titre finalement cohérent. Derrière le micro, Khobi Farhi fait montre de ses qualités, alternant avec aisance chant clair et vocaux extrêmes. Ce long morceau de huit minutes est un condensé de ce qu’Orphaned Land est capable de proposer. L’utilisation des instruments traditionnels et des mélopées orientales ne nuit pas à la puissance générale que dégage cette pièce. Le reste de Sahara est à l’avenant. De lourdes guitares et un chant extrême cohabitent ainsi sans choquer. Les compositions sont travaillées et développent des ambiances variées qui empêchent l’ennui de s'installer. Du chant féminin sur "Blessed Be Thy Hate", une mélodie bien sentie au clavier pour clore "Ornaments of Gold", un chant traditionnel sur "Aldiar Al Mukadisa" , courte prière chantée en hébreu, il faut reconnaitre que les Israéliens ont su utiliser un large spectre musical pour affirmer leur très forte personnalité.
La seconde partie est formée de titres figurant sur leur démo. Elle commence par un "Season Unite" très puissant dans lequel les guitares de Matti Svatitzki et de Yossi Sassi s’expriment une nouvelle fois avec brio. S’ensuit "The Beloved’s Cry" , l’un des moments forts de ce disque. Les flots marins associés au vent viennent chatouiller les oreilles de l’auditeur, pour un moment de quiétude des plus appréciables. Des guitares tout en arpèges, au-dessus desquelles un discret clavier prend place débute cet incroyable titre. Enfin, Khobi Fahri de sa voix claire et profonde se fait le chantre de tristes paroles. Orphaned Land se paye ainsi le luxe d’inclure dans son premier album, déjà empreint d’une originalité indéniable, une chanson intemporelle, qui, malgré sa filiation plus qu’éloignée au métal extrême, n’en demeure pas moins marquante, voire bouleversante. Le metal reprend malgré tout ses droits pour achever ce disque. "My Requiem", avec ses blasts et rythmiques enlevées et "Orphaned Land, The Storm Still Rage Inside..." achève cet album de la plus belle des façons. Lourd, puissant et mélodique à la fois, il témoigne une fois encore du savoir-faire du sextet. Mention spéciale à ce solo somme toute assez simple mais ô combien inspiré.


Dès son premier album, Orphaned Land offre une musique riche, variée, et audacieuse. Fondateur, ce disque l’est à plus d’un titre. Il propose un metal extrême original, intelligent et racé, qui deviendra une référence pour nombre de formations mêlant musique traditionnelle et metal. Orphaned Land est dès ses débuts un grand groupe et Sahara la première pierre d’un édifice solide du metal oriental.



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