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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 22 janvier 2021
Sa note : 14/20

LINE UP

-Bengt Mikael Stanne
(chant)

-Christopher Amott
(guitare)

-Per Johan Reinholdz
(guitare)

-Lars Martin Brändström
(claviers)

-Lars Anders Iwers
(basse)

-Anders Mikael Jivarp
(batterie)

TRACKLIST

1) Phantom Days
2) Transient
3)  Identical To None
4) The Dark Unbroken
5) Remain In The Unknow
6) Standstill
7) Ego Deception
8) A Drawn Out Exit
9) Eyes Of The World
10) Failstate
11) Empires Lost To Time
12) In Truth Divided
13) Silence as a Force (bonus)
14) Time in Relativity (bonus)

DISCOGRAPHIE

The Gallery (1995)
The Mind's I (1997)
Projector (1999)
Haven (2000)
Damage Done (2002)
Character (2005)
Fiction (2007)
Where Death is Most Alive (DVD) (2009)
We Are The Void (2010)
Construct (2013)
Atoma (2016)
Moment (2020)

(2020) - melodeath mélancolique - Label : Nuclear Blast



Qui attend, en 2020, encore quelque chose de Dark Tranquillity ? Après tant d’albums et les récents changements de line-up, les déceptions suite aux changements de directions du groupe, les Suédois semblent avoir leurs beaux jours derrière eux. Cependant, l’arrivée de chair fraîche avait su dynamiser Atoma quatre ans plus tôt. À défaut d’en faire un classique, l’accroche était là. Ce Moment va-t-il confirmer le principe affirmé que les albums de Dark Tranquillity fonctionnent par paires ?

Si Atoma était bourré de morceaux accrocheurs de qualité, il manquait d’unité. Il rappelait plusieurs périodes du groupe, sans arriver à se définir une identité propre. Moment est composé dans la même veine. Aussi, il ne faut rien y chercher de neuf quant à la musique du groupe. On reprend les fondamentaux et on ajoute une pierre à l’édifice. Il est surprenant de voir combien le son du groupe reste si reconnaissable malgré les changements de guitaristes. La faute à Mikael Stanne dont le chant nous enchante toujours autant, mais aussi par les claviers de Martin Brändström qui apporte cette touche mélancolique depuis plusieurs albums déjà. On retrouve ainsi un Dark Tranquillity qui alterne morceaux d’attaque ("Empire Lost to Time", "A Drawn Out of Exil") et morceaux plus posés ("Standstill", "The Dark Unbroken", "In Truth Divided", "Remain in the Unknown"). De la variété, même si l’album est plus homogène qu’il n’y paraît. Cela vient du son du groupe, mais aussi des morceaux sur lesquels les Scandinaves savent accélérer ou se poser selon les moments. C’est en fait cette qualité d’ensemble qui empêche l’album de véritablement présenter des montagnes russes d’émotion. Tout est bon, voire très bon, mais rien n’est vraiment génial non plus. Moment manque de… moments mémorables. Il faudra la dernière piste, "In Truth Divided", pour trouver un morceau pleinement différent porté par le chant clair de Stanne.

Moment manque de rythme. Proche de Atoma dans le concept, il fonctionne moins. Les morceaux seraient-ils simplement moins bons ? On peut noter un enchaînement de morceaux pas forcément judicieux. Ainsi, après un opener foudroyant, "Transient", mid-tempo au rythme poussif, casse la dynamique. Si "Ego deception" baisse trop d’intensité, dans son refrain, "A Drawn Out Of Exil" y concentre toute la fureur et l’émotion. On aimerait parfois des morceaux plus monolithiques que des patchworks un peu systématiques. On aimerait de vraies ballades assumées de bout en bout comme "In Truth Divided". Ainsi, si de nombreux morceaux ou passages font mouche, l’album peine à emballer complètement. Le son est rond, élégant, mais manque peut-être un peu d’attaque. On l’aurait voulu plus incisif car les riffs et les mélodies sont là. Sans doute certains morceaux s’épanouiraient davantage en live ("The Dark Unbroken"). Dark Tranquillity garde sa capacité à écrire des chansons. Les progressions sont maitrisées, les musiciens jouent avec une cohésion parfaite, mettant le chant de Stanne en orbite. Ce dernier est toujours aussi incroyable, tant dans le growl qu’avec sa voix claire. Dans les passages posés, il apporte une magnifique mélancolie glacée. Les années qui passent ne le rendent que meilleur. Il faut également signaler le beau travail des guitaristes sur les solos, très présents sur cet album et qui apportant un plus indéniable aux morceaux. En cela, le turn-over ne fait pas de mal au groupe


Atoma avait clairement relancé Dark Tranquillity sur une belle dynamique. Moment reste dans la même veine. Peut-être parce qu’il est le deuxième ainsi composé, la sauce prend moins malgré la qualité des compos. Atoma et Moment ressemblent vraiment à des albums de transition, comme pour intégrer les nouveaux venus. On espère alors du neuf, du vrai, pour la suite, car le combo est toujours capable, après vingt-cinq ans d’âge, de nous faire vivre un bon… moment.



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