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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 04 avril 2008
Sa note : 17/20

LINE UP

-Olav Iversen
(chant+guitare)

-Thomas
(guitare)

-King ov Hell
(basse)

-Tor
(batterie)

TRACKLIST

1)Parade Macabre
2)Repent
3)The Executioner Undead
4)The Alchemist
5)Rivers Running Dry
6)Whisper of Abaddon
7)Godless Faith
8)Soul Exile
9)Boundless Demise
10)Black Passage

DISCOGRAPHIE

Sahg I (2006)
Sahg II (2008)
Sahg III (2010)
Delusion of Grandeur (2013)
Memento Mori (2016)

Sahg - Sahg I
(2006) - rock stoner - Label : Regain Records



Ah, la Norvège. Outre les magnifiques paysages, il y a les Norvégiennes... et les groupes de rock / métal. La magnifique ville de Bergen abrite un festival métal bien sympa appelé Hole in the Sky. Son édition 2006 fut témoin de la prestation d'un petit groupe originaire de cette ville, Sahg, dont le premier album sorti en 2006 fait l'objet de la présente chronique. Ce groupe a également fait partie de l'affiche pas modeste du Wacken Open Air 2007. Et pourtant, il reste plutôt humble, et on le retrouvera notamment dans des bars en Norvège, même si de plus en plus de festoches se l'arrachent.

Pour ceux qui se posent des questions sur l'évolution du rock : on parle parfois pour Sahg de stoner, je préfère ceci dit employer le terme de rock 'n roll moderne. En effet, il ne s'agit là de rien d'autre que de l'évolution contemporaine du rock 'n roll, et croyez-moi ça vaut le détour. Bon, on est loin des riffs issus du blues à la Chuck Berry, avec le léger crunch et les couples qui dansent sur une télé en noir et blanc, et on se rapproche plus d'un Down made in Phil Anselmo, avec ceci dit une voix bien plus claire, mais le rock 'n roll a pris des directions bien plus variées que celles dont on parle tout le temps, le hard, le heavy, etc. Et l'album intitulé Sahg 1 en est, je le pense bien, une bonne démonstration ! Une musique moderne, bien qu'elle soit loin des clichés néo et techniques, et qui n'oublie pas le panache des décennies dernières.

On est mis dans le bain de manière calme et plutôt agréable, avec une intro ambiante. Intro qui annonce en fait la couleur d'un morceau d'une rare qualité, susceptible de devenir, mine de rien, un pilier du genre, j'ai nommé "Repent". La puissance qu'il dégage est phénoménale, bien qu'il ne soit pas spécialement violent, et l'atmosphère qui en ressort est grandiose. Des riffs plutôt simples mais sacrément efficaces, des arpèges folk ou électriques pas vraiment compliqués mais créant une pure ambiance, soutenue par un mellotron sur certains passages, ce clavier si apprécié des groupes de rock prog suédois. Ce titre-là rappelle un peu ce bon vieux Type O Negative, même si cette comparaison ne concerne que cette chanson, et qu'elle exclut les parties vocales.

À ce propos, il faut toutefois noter un petit défaut qui n'en est pas un : on a l'impression qu'à certains moment le chanteur force dans les aigus. Les passages dans ce genre n'ont pas été réenregistrés, certains diront que c'est du travail bâclé, d'autres que c'est de l'honnêteté, à vous de juger ! Ne privilégions toutefois pas le culte du morceau, "Repent" n'étant malgré son immense qualité, pas le seul point fort de l'album. On enchaîne sur un morceau plus rapide, qui swingue comme on dit, "The Executioner Undead", et quand je vous parlais de rock 'n roll je ne vous mentais pas. Des riffs vraiment gigantesques, une basse de qualité, une voix phénoménale, une batterie bougrement efficace, les adjectifs commencent à manquer. Le genre de morceaux qu'on garde en tête.

Vous aimez les solos qui sortent de l'ordinaire, qui sont travaillés, ceux qu'on entend sans avoir une monstrueuse impression de déja-vu ? Vous aimerez les solos de Sahg. Celui de "The Executionner Undead" est d'ailleurs soutenu par une ligne de basse absolument incroyable. "Soul Exile", un refrain à mettre dans les annales, ou "Godless Faith", une qualité immense nécéssitant un échauffement pour mieux l'apprécier, l'introduction de ce titre créant une atmosphère vraiment noire. Ce travail de mise en bouche est effectué par l'instrumentale "Whisper of Abaddon". Tout ce petit ensemble est similaire à une cassure, rappelant la bonne vieille césure Face A / Face B d'un vinyl, une différence d'atmosphère exploitée par les groupes d'autrefois, qui est tout sauf inintéréssante. Il y a tout un boulot là derrière, un mélange de joie et d'obscurité. On le doit à la qualité d'un travail d'ensemble, l'album ayant été composé par chaque musicien, issu d'horizons musicaux variés.


Bref l'écoute de ce premier opus de nos quatre Norvégiens est plus que sympathique, et on est en droit de penser que la vitesse à laquelle grandit leur notoriété n'est pas seulement due au fait qu'il s'agisse d'un super-groupe. Avec cette galette nous avons en main la preuve que la puissance de la musique réside dans des paramètres bien plus implicites que la violence, et même si les deux ne sont pas incompatibles, les émotions créées par cet album de Sahg nous rappellent sans aucune difficulté pourquoi on aime la musique...


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