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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2021
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mieszko Andrzej Talarczyk
(chant+guitare)

-Anders Jakobson
(chant+batterie)

-Jesper Liveröd
(basse)

TRACKLIST

1) Mass Hypnosis
2) A Welcome Breeze of Stinking Air
3) Fatal Search
4) Shadows
5) Corrosion
6) Multinational Murderers Network
7) Parting Is such Sweet Sorrow
8) The Black Swarm
9) Sixteen
10) Detonator
11) Gargoyles and Grotesque
12) När dagarna…
13) Resistance
14) The Idiot Parade
15) Den svarta fanan
16) We’re Nothing but Pawns
17) Defragmentation
18) Sick System
19) The Professionnal League
20) Old and Tired?
21) Words to Die for
22) Riot
23) The Meaningless Trial
24) Sometimes Dead Is Better

DISCOGRAPHIE

Human 2.0 (2000)

Nasum - Human 2.0
(2000) - grindcore - Label : Relapse Records



À ceux qui connaissent, on ne fera pas l’affront de présenter, alors passez les lignes qui suivent. Aux autres, Nasum émergea en Suède dans les années quatre-vingt-dix pour connaître son pinacle au détour de l’an 2000 avant de subitement stopper toutes affaires courantes suite au décès hautement inopiné du guitariste-chanteur Mieszko Talarczyk dans le tsunami de 2004. Son héritage laisse quelques pépites, et notamment Human 2.0 qui nous intéresse présentement.

Nasum en l’an 2000, c’est la jeune pousse fortement remarquée pour son Inhale/Exhale en 1998. Vent de fraîcheur dans une scène grind tournant autour du pot de l’ultra violence ou du gore, les jeunes bondissants ont alors remis le genre sur le devant de la scène avec un album évidemment violent, mais pulsant d’énergie et surtout fondé sur des bases techniques solides, tant instrumentalement qu'au niveau de la production. Rappelant pourquoi pas un Discordance Axis en moins death (et technique) et plus grind, la troupe taille sa croupière. Son nom forgé, il convient désormais de convertir l’essai. Deux ans de labeur plus tard, la horde revient plus expérimentée, plus hargneuse que jamais, plus… 2.0. Ce nouvel humain qu’elle annonce prend la forme d’un opus dantesque, rempli à en crever de riffs grind de tueur.
Car Nasum laisse totalement exploser son talent en martyrisant consciencieusement et à bon escient ses pauvres instruments matraqués et innocents. L’abondance de blasts écrasants, renforcés par un son de batterie du tonnerre dont les coups de grosse caisse représentent autant de coups de boutoir, avalise l’aspect grind total tandis que les riffs oscillent entre déchirements punk et corrosion death. Les guitares n’hésitent d’ailleurs pas à reprendre aux grands aînés du pays leur son signature : le gras d’Entombed. Cette combinaison jubilatoire provoque un séisme aux dimensions titanesques. Chaque chanson, sagement contenue entre une et deux minutes, nous saute à la trachée pour ne jamais nous lâcher. L’agression constante est un pur bonheur, d’une maîtrise hallucinante.
Les gusses se permettent même d’y cacher quelques menues mélodies dont l’unique but est d’accrocher l’oreille de tout un quidam, même celui pour qui le grind n’est qu’amoncellement de bruit et rien d’autre. Pour revenir à la production, mention bien à la basse qui ne se limite pas au simple fond diffus rythmique. Elle se fait entendre dans le mix, en retrait certes, mais présente et là pour asséner un peu plus profondément encore le coup de marteau. Quant au chant, il alterne entre le hurlé et le hurlé… mmmh, le gras, bien que rarement. Il apporte sa pierre à l’édifice en plaquant un enduit puissamment corrosif bienvenu à un ensemble déjà très acide. La vocifération grind dans toute sa splendeur.


Sortie hautement grind tartinée de metal (death bien sûr), Human 2.0 fait honneur à tout un genre. Trop metal pour les puristes, il n’en demeure pas moins une référence du style, et une porte d’entrée incontournable pour découvrir le formidable monde de la confusion sonore du grind.





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