18558

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Anti-Climax
(chant)

-Martin
(guitare)

-Tommy
(guitare)

-Mika
(basse)

-Anti-Christian
(batterie)

TRACKLIST

1) Flatulence of Emotions
2) Cult of Lulu
3) The Night Is Young and We’re All Out of Nekro
4) Self Defenestration
5) Carola (Engulfed by Stormwinds of Death)
6) Jeg skal lage drakt av deg
7) The Dying Egg (førti år rett i dass)
8) Så gjør vi så når solen slikker vårt kjøtt
9) Behind the Remains
10) Run Burn Move Die
11) Hallway to Hell
12) The Old Man and the Internet
13) Melankolske oppstøt
14) Rectal Dark Ages
15) If your Music Was a Blowjob It Wouldn’t Suck
16) Crying on the Outside, Living on the Inside

DISCOGRAPHIE


Beaten to Death - Laat maar, ik verhuis naar het bos
(2020) - grindcore - Label : Independent



Chroniquer Beaten to Death… Tout un programme, bonjour le cadeau. Habituellement le grind est justement un cadeau venu du ciel. Genre concis, puant l’énergie, limité dans son expression ou tout du moins dans les sentiments expulsés. Beaten to Death… pour ceux qui ne connaissent pas, on pourrait résumer comme un groupe de grind quasi acoustique touchant au parodique.

Leur musique sonne totalement unique. Ils se permettent de singer des groupes comme Korn (à ce titre, écoutez la fabuleuse "Grind Korn" sur Agronomicon) pour donner un exemple de leur caractère taquin. Et cette nouvelle sortie n’est pas avare en de telles inepties : "Behind the Remains", "Hallway to Hell", "Cult of Lulu" pour les références les plus évidentes (bien que musicalement on n’entende pas d’hommage audible). Cependant, pour Laat maar, ik verhuis het bos les choses sont encore plus conceptuelles. Le groupe a en fait sorti l’album en deux temps : l’album en tant que tel sur deux vinyles et donc quatre faces en édition strictement limitée (déjà épuisée). Néanmoins, facétieux, et pour satisfaire le plus grand nombre, les Norvégiens lancent dans le même temps quatre EP au format numérique. La logique voudrait que chaque EP corresponde à une face des vinyles.
Non, ce serait trop simple, les chansons sont ainsi « mélangées » au gré des EP. De plus, il y a un concept sur les forêts, mais uniquement pour les EP pour le coup. Ainsi, chaque EP correspond à une forêt. ik verhuis naar Mastbos évoque la forêt de Mastbos au sud de Breda aux Pays-Bas, plantée par le comte Henri III de Nassau-Breda. ik verhuis naar Østmarka parle de la forêt de Østmarka près de Oslo, terre du groupe. ik verhuis naar 青木ヶ原 quant à lui parle d’une forêt japonaise ensevelie sous les scories du volcan Juogan en l’an 864. Enfin, ik verhuis naar Endor parle de la forêt sur la lune de la planète gazeuse Endor orbitant deux soleils (…). Ces moments d’histoire très culturels ne se retrouvent absolument pas dans la musique, qui ne diffère guère d’un EP à l’autre, ne serait-ce que pour évoquer tantôt l’humus, tantôt la lave ou l’espace. Non, rien de tout cela.
En lieu et place, nous avons à faire au style Beaten to Death tout le long, musclé dans ses appels aux blasts implacables, et dont le grain de guitare plus saturé qu’à l’accoutumée les rapproche désormais plus clairement des voisins Nasum. Notons tout de même une production particulièrement brute et organique, tout en conservant une belle clarté malgré les saturations coupables dues à une surcompression de la dynamique. Les chansons naviguent entre moins d’une minute et quatre au grand max. Bardées de riffs atomiques et d’une énergie accablante, elles ne fatiguent jamais, et font même montre d’une belle créativité dans un genre souvent limité. Le son des guitares demeurant nettement moins gras que la convention, la basse et la batterie surnagent aisément du chaos ambiant, même s’il faut reconnaître une tendance à la cacophonie, voulue par les fous scandinaves.


Au final, un album (des EPs ??) difficile(s) à aborder par ce découpage étonnant en forêts, surtout plaqué sur cette musique toujours aussi virevoltante, punchy et tendant au bordélique sans jamais franchir la frontière du non-retour. Et donc une belle réussite dans une tentative exigeante.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3