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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 janvier 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Martine van Loon
(chant)

-George Geoffrey Oosthoek
(chant)

-Lex Vogelaar
(chant+guitare)

-Guus Elkens
(chant+claviers)

-Erik Hoogendoorn
(basse)

-Jules Vleugels
(batterie)

TRACKLIST

1) Chameleon
2) Weltschmerz
3) The Case of Charles Dexter Ward
4) In the Garden of Eden
5) Journey into the Unknown
6) Druid
7) Veil of Blood
8) Sea of Dreams
9) The Collector
10) Victim of Fear

DISCOGRAPHIE

Oblivion (1995)
By Time Alone (1996)

Orphanage - Oblivion
(1995) - metal symphonique death metal - Label : DSFA



Tout métalleux ayant un peu de bouteille adule quelques groupes dont la notoriété n’a pas dépassé le succès d’estime. Ça fait classe, ça permet de se façonner une image d’initié - nous sachions - et en plus, la plupart du temps, c’est sincère. Dans mon cas, je fais une légère fixette sur Orphanage, dont j’absorbe régulièrement la discographie entière. By Time Alone, évidemment, c’est une tuerie. Mais les autres également.

À commencer par le premier méfait des Bataves, sujet de cette chronique. Grosses rythmiques, growls, chœurs et chants féminins. Tous les ingrédients du chef-d’œuvre à venir sont déjà présents, mais, comme souvent, le premier album montre une formation encore en rodage. Orphanage en impose déjà : le growl de George transperce les armures les plus infranchissables, le riffing est forgé dans l’acier et le groupe compose déjà des mélodies accrocheuses douches-fredonnables. De plus, un léger parfum de mélancolie celtique flotte sur l’album, un peu comme si le crachin breton et le vent des falaises vous fouettaient le visage et que vous en tiriez une certaine ivresse. Côté griefs, on déplorera un chant féminin - dont la justesse n’a jamais été la qualité première du groupe - trop timoré et une inspiration en dent de scie. Le parcours sonore qu’effectue l’auditeur tout au long d’Oblivion s’apparente ainsi à une promenade dans un paysage vallonné. Ça monte, ça descend… Pas de titres totalement incandescents, pas non plus de cauchemars auditifs. On s’enthousiasme gentiment, on s’agace avec indulgence… L’album est un sympathique galop d’essai.
On mettra le titre initial, "Chameleon", au rang des réussites. Son énergie et son efficacité, notamment point de vue refrain, permet au sextet de mettre le fan dans de bonnes dispositions. "The Case of Charles Dexter Ward", ses nappes de claviers caractéristiques, son mid-tempo tranquilou et son chant clair façon comptine, sont également à ranger du côté des satisfactions. "In the Garden of Eden" possède la marque du groupe, et aurait pu prétendre a être le meilleur titre de l’album si le chant féminin n’avait pas été mixé autant en arrière. "Druid" et "Sea of Dreams" nous régalent également des savoureuses rythmiques made in Orphanage, contribuant donc à la création de l’identité des Hollandais growlants. "Sea of Dreams" nous permet même de faire connaissance avec le chant hurlé « braillou » que l’on retrouvera sur le mythique "Five Crystal Balls". Les autres titres de l’album sont bien moins intéressants. Trop mous – "Weltschmerz", "Journey into the Unknown", "Veils of Blood" - voire limite hors sujet, comme les deux derniers titres. Bref, Orphanage fait ses gammes, peaufine sa formule et laisse déjà entrevoir une force de frappe très intéressante.


Oblivion n’est pas une halte indispensable pour les amateurs de death sympho à chanteuse. Outre les fans hardcore du groupe, dont je fais partie, il peut intéresser les archéologues musicaux et autres amateurs de vieilleries. Écouter le premier album d’Orphanage n’est toutefois pas une perte de temps, puisque certains de ses titres possèdent un impact significatif sur la fonction motrice de l’auditeur. À vous de décider.



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