18554

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 10 janvier 2021
Sa note : 11/20

LINE UP

-Count D.
(chant)

-Shub Niggurath
(guitare)

-Lughma
(guitare)

-Wotan
(basse)

-Naar Zeroth
(batterie)

TRACKLIST

1) Omniprésence du gris
2) Ångest
3) L’abandon
4) Persecution
5) La Llorana
6) Les nuits sans lune
7) Maelström
8) Retaliation
9) I Am the One

DISCOGRAPHIE

Dogma (2009)
Here Is No Truth (2011)
Beyond the Fallacy (2017)
Auakistla (2021)

Seide - Beyond the Fallacy
(2017) - black metal - Label : Throats Productions



Seide, entité française de son état et congrégation d’âmes en peine dans le monde moderne, continue de mener sa barque bon vent, mal vent, en dépit des vicissitudes de l’existence. Troupe dépassant les dix années d’existence désormais, et s’apprêtant à sortir un troisième album, Beyond the Fallacy représente leur deuxième ponte longue durée. Confirmation des espoirs entrevus, ce sera ce à quoi nous aspirerons.

"Omniprésence du gris" semble vouloir affirmer la place du quintet sur l’agora black metal. Les musiciens donnent leur meilleur pour proposer une mixture de black metal entrecoupée de césures heavy/thrash trop abruptes. Une maladresse au sein d'un titre parfaitement conduit tant dans son expression que sa composition. Néanmoins il captive par son atmosphère déliquescente et la reprise de la phrase « L’inconnu sans chaleur » reste en tête. On espère alors ne pas avoir à subir la fameuse décompression qui accompagne trop souvent les ouvertures par trop performantes. "Ångest" veut échapper à cet écueil et poursuit sur la lancée de sa prédécesseur. S’étirant sur des riffs langoureux et parfois délicatement blastés, elle montre le groupe tel qu’on le connaît : varié et bourré d’ambiance, attention toutefois à la longueur (plus de huit minutes).
Ce sont d’ailleurs ces variations qui risquent de porter le plus préjudice à Seide, comme lors de sa livraison précédente. Il règne à force un certain sens de la discontinuité dans les idées, dont le pinacle serait l’étrange "Flying Dutchman" et son riff de xylophone entêtant et entêté, inlassablement répété sur fond de nostalgie. La compo typiquement casse-gueule qui risque de mettre sur le carreau de nombreux auditeurs. Quoi qu’il en soit, les Français aiment à s’étaler sur des genres multiples malgré un fil conducteur dans l’atmosphère sombre, et donc plutôt black metal. "L’abandon" s’essaie ainsi à quelque chose de très atmosphérique, sans riff durant presque deux minutes et au risque de décontenancer l’auditeur, et le faire sortir de la musique.
Autre remarque, le son demeure léger. Le groupe ne jouit pas de grands moyens, et cela s’entend malheureusement. Sa musique et les ambiances qu’il souhaite instaurer bénéficieraient d’un traitement plus organique, d’une assise plus charnue dans les basses fréquences. De plus, on note une perte d’inspiration sur la partie centrale, assez dommageable pour rester dans le disque. Manque de continuité dans les compositions ou descente d’intensité, les deux se mélangent et provoquent un sentiment de longueur qui fait fortement penser à une erreur de jeunesse alors que le groupe signe là son troisième opus (un EP et deux albums), après une pause de six années, peut-être préjudiciable. Fort heureusement, la très énergique "I Am the One" conclut l’album sur une excellente note.


Ambitieux, Seide l’est assurément dans la composition. Éparpillé également. C’est dommage car le groupe fait montre d’excellentes capacités pour bâtir une atmosphère lugubre et prenante. La production laisse également toujours à désirer. Au final, on aimerait les voir franchir un palier tant techniquement que dans la cohérence du propos. Restent deux très beaux titres pour les amateurs d’extrême en dehors des cailloux.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2