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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 10 janvier 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Count D.
(chant)

-Shub Niggurath
(guitare)

-Wotan
(basse)

-Naar Zeroth
(batterie)

TRACKLIST

1) Les repus d’avant l’Apocalypse
2) Exécrable créature
3) La bête humaine
4) La danse des pendus
5) Feu de joie
6) Noche triste
7) Insectes
8) Sécheresse

DISCOGRAPHIE

Dogma (2009)
Here Is No Truth (2011)
Beyond the Fallacy (2017)
Auakistla (2021)

Seide - Auakistla
(2021) - black metal - Label : Throats Productions



Beyond the Fallacy avait montré un tassement dans la progression des Franciliens, avec un manque de cohérence devenu trop criant, toujours associé à ce côté jeune-pousse dans la production qui devenait plus difficile à accepter sur un deuxième effort. Auakistla vient donc à point nommé pour remettre les pendules à l’heure, nous sommes dans les starting-blocks.

La première chose qui frappe sitôt la musique lancée, c’est la qualité du son. Nous ne sommes pas à Hollywood, mais ça y est, Seide s’est enfin créé une enveloppe sonore plus chaude, plus organique voire riche et cela sied mieux à son caractère. Au revoir sécheresse (ironique au vu du titre de l'album) et finesse, nous ne vous regrettons pas. La musique débute avec "Les repus d’avant l’Apocalypse", tout d’abord sur des mots déclamés, puis sur un riff fort et puissant, blasté. L’effet est immédiat et Seide parvient à installer son auditeur dans de bonnes dispositions. Cependant, nous nous souvenons que Beyond the Fallacy suivait le même schéma, sauf qu’il se dispersait de trop par la suite. Tuons le suspens dans l’œuf tant qu’il est encore temps : point de redite à ce niveau.
Fort de ce nouveau son enfin à la hauteur de ses ambitions musicales, la horde désenchantée (matez donc les titres des chansons, seule "Feu de joie", transition au demeurant fort peu joyeuse, dénote dans cet océan de dégoût de l’Humanité) s’inscrit fermement dans notre psyché. Les riffs qui défilent savent faire mouche, et surtout, on retrouve un fil conducteur suffisamment épais pour s’y accrocher. A noter, le propos est souvent hargneux, basé sur des blasts fréquents mais non épileptiques et systématiques. La production là encore vient donner le supplément de puissance nécessaire à leur côté écrasant. Le chant assuré par Count D. continue dans son excellente lignée, souvent déchiré, tantôt implacable, tantôt au bord de la folie. Il habille à la perfection une toile complexe sans faire appel à une technique redoutable.
Car là réside la personnalité de Seide, et elle est affirmée : la volonté constante de ne pas suivre un schéma préétabli, surprendre par des changements de rythme ou de mélodies. Cela confère à leur musique une richesse évidente, et tenue par cette constance dans un rejet du misérabilisme de l’espèce humaine. La fin de "Exécrable créature" en est à ce titre une formidable expression. L’on a soudainement envie de vomir son prochain, lui hurler la répugnance qu’il nous inspire. Ou la mélancolie douçâtre de la magnifique intro acoustique de "La danse des pendus", tout à fait intrigante avec son saxo par ailleurs, et bien intégrée. La force de ces sentiments prouve bien que AuakistlaSécheresse » en Nahuatl, rappelé par la dernière piste et hommage à une contrée chère au groupe) tape droit dans le cœur à travers son black metal torturé sans être inutilement compliqué.


C’est avec plaisir que j’aborde la fin de cette chronique, en retrouvant l’envie de couvrir de louange le groupe pour ce qu’il nous propose : un black metal délicatement complexe, bardé d’une aura forte. Une sortie que tout amateur de musique sombre et finement brutale doit essayer.





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