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CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 05 janvier 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Erwin Franz
(chant)

-Jānis Krivāns
(guitare+flûte+ģīga+percussions)

-Jurģis Ozols
(guitare)

-Mārtiņš Straupenieks
(basse)

-Imants Vovers
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Dmitrijs Tarasovs
(guitare sur 2)

-Veina Dea
(kokle)

-Pēteris "Peter" Kvetkovskis
(kokle sur 7 et 8)

-Marta Markeviča
(flûte sur 3, 5 et 9)

-Mārtiņš Tiltnieks
(flûte+cornemuse+percussions sur 4)

TRACKLIST

1) Sākums
2) Lien, pelīte, pazemē
3) Vadātājs
4) Veļu laiks
5) Nakts ragana
6) Mūžības dzīslas
7) Neizvadītie
8) Beigas
9) Under The Willow Tree (Grindmaster Dead Cover)

DISCOGRAPHIE

Velu Laiks (2019)

Druun - Velu Laiks
(2019) - doom metal Folk caverneux - Label : Autoproduction



J'ai rencontré Druun un soir dans les rues pavées de Riga. Puis dans les longs bois de la route de liaison vers Jelgava. Il me suivait. Sans crier gare, il s'est assis sur moi. Puis il a grossi et m'a écrasé. Je fus rentré sous terre, j'ai mangé de la tourbe, et même essayé de humer l'air vicié des sous-bois glacés lorsqu'il venait me jouer parfois un peu de flûte. Et j'ai essayé de m'échapper. Mais il est revenu, encore et encore, profiter de mon agonie. Il a fini par se lasser de moi, me laissant seul, maigre et hirsute, gisant en haillons dans la froide nuit lettone. Je suis retourné à Riga, je ne l'ai pas revu.

Était-ce la naissance inattendue d'une période doom, ou une anecdote subtile de mon parcours musical décalé ? Pourquoi me suis-je laissé ensevelir, moi qui n'ai rarement plus que cela été attiré par les rythmiques pachydermiques ? Il est certain que ma période metal du moment fut aimantée par les abysses, mais de là à en faire un album de chevet, le pas était assez grand. Et pourtant l'alignement des planètes, la météo, l'humeur, probablement, ont créé une alchimie qui a fonctionné et fonctionne encore par ailleurs. Peut-être ai-je été attiré en premier lieu par l'artwork, aussi épuré et noir que le style du groupe. Peut-être encore la langue lettonne, ajouté au côté folk léger qui se distille parcimonieusement au travers des instruments ou de la mélodie, ou des deux, a créé cette fameuse alchimie si importante quand arrive l'instant de juger de la réussite d'un album.
Comment ne pas aimer la massue rythmique et le growl caverneux, à la fois aéré et rehaussée par quelques chants clairs folks, de "Lien, pelīte, pazemē" ? Comment ne pas apprécier le riffing (un peu) plus rapide de "Vadātājs " qui suit cette lancinance ? Comment ne pas sombrer dans la mélancolie de l'intro folk de "Velu Laiks", titre éponyme empli de majesté et de froideur puissante, agrémenté d'un passage médian folk instrumental d'une très grande classe ? Comment ne pas s'enticher du final de "Neizvadītie ", et de l'instrumental de clôture "Beigas" ? Enfin, si l'on ne peut qualifier la reprise finale de Grindmaster Dead (ancien groupe du batteur) d'anecdotique, car elle est tout de même de qualité, on peut néanmoins douter de son utilité, en ce sens qu'elle n'enfonce que le clou de la lourdeur sans y mettre cette touche folk qui constitue le charme principal de Velu Laiks.


Un voyage en pays balte n'est jamais de tout repos, ni en vrai, ni musicalement. Druun a réussi avec cette fournée un parfait mélange de doom gras, folk pesant, froid et noir, et pourtant d'une simplicité dépouillée remarquable. En espérant que Velu Laiks ne soit pas un hasard heureux mais une œuvre à patiner et modeler dans le temps. Quant à moi, il me faut vous laisser, j'ai de la terre à recracher.





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