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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 janvier 2021
Sa note : 18/20

LINE UP

-Michael Allan "Mike " Patton
(chant)

-James Blanco "Jim" Martin
(guitare)

-Roswell Christopher "Roddy" Bottum III
(claviers)

-William David "Billy" Gould Junior
(basse)

-Michael Andrew "Mike" Bordin
(batterie)

TRACKLIST

1) From Out of Nowhere
2) Epic
3) Falling to Pieces
4) Surprise! You're Dead!
5) Zombie Eaters
6) The Real Thing
7) Underwater Love
8) The Morning After
9) Woodpecker from Mars
10) War Pigs (Black Sabbath cover)
11) Edge of the World

DISCOGRAPHIE


Faith No More - The Real Thing
(1989) - fusion - Label : Slash Records



1989. Le monde de la musique électrifiée est encore jonché de phrases de merde. « Tu vas pas mettre un riff comme ça ! On dirait du metal ! » « Des claviers ? On n'est pas un groupe de hard FM, putain ! » Des comme ça, j’en ai par pack de douze. Chaque acteur de la scène « rock » au sens trèèèès large du terme, joue dans son coin, pour sa propre petite (haunting the) chapelle.

On fait bien attention à ne pas sonner comme un groupe de la cour d’à côté. Point de vue metal, les milieux heavy classique, AOR et thrash s’ignorent encore superbement. Le death et le black metal balbutiants ne font pas mieux, et côté fusion, on ne peut pas dire que Red Hot Chili Peppers ou Living Colour rivalisent pour sonner plus heavy que Dark Angel sur "Cauterization". Heureusement, quelques groupes vont commencer à dégommer les cloisons. L’un d’entre eux, peut-être le plus connu, c’est Faith No More. Fort d’un succès d’estime avec le single "We Care A Lot", issu du prometteur Introduce Yourself, le quintette réalise une percée très significative lorsque "Epic" passe en boucle sur MTV. On y découvre alors quatre gusses se faisant ostensiblement la gueule - en bons trublions, ils joueront énormément sur le registre « on n’est pas des amis », allant ainsi à l’encontre du mythe hautement lol de la « grande famille metal »- et un hurluberlu multicolore bondissant à droite et à gauche, dont la voix semble infiniment modulable. Ce gars, c’est le nouveau chanteur, Mike Patton, membre de la confrérie des musiciens aux mille projets, et ses nouveaux amis et lui proposent une mixture résolument provocatrice pour l’époque. Ils mélangent allègrement gros riffs, scansions raps, mélodies super accrocheuses et terriblement accessibles, enrobées de nappes de claviers omniprésentes, le tout saupoudré d’un petit feeling d’epicness ô combien appréciable.
L’horrible nouvelle pour les adversaires du mélange des genres, c’est que ça marche, et pas qu’un peu ! Le pari « grosses ficelles, grosse rythmique et petit pois sauteur » gagne des adeptes et The Real Thing devient bientôt une référence incontournable du « metal fusion ». Il faut dire que la troisième œuvre du quintette est riche en pépites et pauvre en fillers. On peut éventuellement ranger "The Morning After", un peu plus light point de vue composition, dans cette dernière catégorie, et encore… Du « What. is. it? IT'S IT! » ou « Hey look at me lady! » en passant par « One minute here and one minute there Don't know if I'll laugh or craaaaiiiiiillllle… », Patton nous séduit par sa fougue et sa sidérante capacité caméléonique, tandis que les musicos alternent pains dans la tronche et bisous sur la bouche durant presque une heure. Entre hit singles ("Epic", "From out of nowhere"), morceaux de bravoure ("Zombie Eaters", "The Real Thing"), instrumentaux hallucinés ("Woodpecker from Mars"), thrash ("Surprise! You’re Dead!") et pop-metal acidulé ("Falling to Pieces", "Underwater Love"), le groupe affirme sa personnalité, tout en clamant haut et fort son amour pour le metal. La preuve : ils reprennent "War Pigs". Si c’est pas un signe d’allégeance, ça ! Avec une dernière pirouette, un "Edge of the World" fait pour crooner, le groupe tire enfin sa révérence et nous laisse ébahis, fatigués et contents. Une cigarette, bébé ?


Bluffant ! Si Angel Dust commence à se friper quelque peu (juste quelque peu, pas besoin de taper), The Real Thing n’a pas pris une ride et continue de secouer les adolescents attardés dans tous les sens. Résolument metal et résolument autre chose. Quelle autre chose ? Quelle. Est. Elle ? C’est elle !



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