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CHRONIQUE PAR ...

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Isahn
Cette chronique a été mise en ligne le 28 décembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Oliver Scott "Oli" Sykes
(chant)

-Jordan Fish
(chœurs+claviers+programmation)

-Lee Malia
(guitare)

-Matt Kean
(basse)

-Matt Nicholls
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Claire Elise "Grimes" Boucher
(chant sur 3)

-Daniel "Dani Filth" Lloyd Davey
(chant sur 5)

-Rahzel Manely Brown
(chant sur 12)

TRACKLIST

1) I Apologise If You Feel Something
2)
Mantra
3) Nihilist Blues
4) In the Dark
5) Wonderful Life
6) Ouch
7) Medicine
8) Sugar Honey Ice&Tea
9) Why You Gotta Kick Me When I'm Down?
10) Fresh Bruises
11) Mother Tongue
12) Heavy Metal
13) I Don't Know What to Say

DISCOGRAPHIE

Amo (2019)

(2019) - Metal Alternatif - Label : Sony Music



Bring Me The Horizon (BMTH) nous lâche son sixième opus, qui était probablement un des albums les plus anticipés de 2019 de la scène « mainstream ». Après moult changements de styles avant-gardistes de leurs genres (oui, parce qu’ils ouvrent quasi systématiquement la voie dans leur milieu), les membres de la horde britannique ressortent le grand jeu et nous offrent encore du nouveau. Mais attention trigger warning : « It ain’t heavy metal ».

De vieux mythes racontent que les métalleux écoutent autre chose que du metal (enfin, de temps en temps) ou en tout cas, ils le prétendent. BMTH dépasse le mythe et nous prouve qu’ils sont capables de retirer leurs œillères (contrairement à certains de leurs fans/haters de la première heure) pour proposer un melting pot de pleins de styles aussi différents que les invités de l’album (Dani Filth, la femme d’Elon Musk… Euh… Grimes ou encore Rahzel qui vient nous proposer une master class de beatboxing). L’album commence avec “I apologize if you feel something” qui annonce directement la couleur qui fera très certainement rage quit une bonne partie des “true metalleux” : passage électro, autotune et ambiance EDM. “MANTRA” est probablement l'un des meilleurs morceaux du groupe. Il y a à boire et à manger dans ce morceau : c’est assez rock, c’est entraînant sans rentrer dans l’attendu. Ceux qui n’étaient pas encore effrayés par le premier morceau le seront très certainement par le troisième sur lequel apparaît Grimes pour un titre de synth pop qui refait perdre l’équilibre qu’on commençait à obtenir avec le morceau précédent (et qu’on ne récupérera pas du tout par la suite). La première partie de l’enregistrement s’achève sur "in the dark" qui continue dans la veine de ce qui a été fait jusqu’ici et qui achève plus ou moins la partie electro/pop.
L’arrivée de Dani Filth annonce l’arrivée de la partie plus rock / metal de l’album. Niveau thématique, on reste au cœur de ce que BMTH propose : La dépression, le suicide et autres joyeusetés auxquels les Anglais nous ont maintenant habitués avec leurs albums. “ouch” résume bien l’album dans ses textes « This was gonna end in tears… » mais ça ne précise pas si c’est de joie ou de rage (personnellement, c’est plutôt de joie mais j’imagine parfaitement que ça puisse ne pas être le cas de tout le monde). Ensuite, on arrive à un morceau qui fait presque penser à ce que Justin Bieber pourrait proposer, dans un monde où ça serait sympa à écouter. Effectivement “medicine” est très pop, assez planant et agréable voir même dansant !
Et on termine sur la partie « heavy » du recueil : sur "sugar honey ice & tea" ou "shit", la section de Sheffield propose des riffs assez classiques mais efficaces. Mention spéciale pour la partie rappée de "why you gotta kick me when I’m down?" aux punchlines bien senties. La traditionnelle occurrence ballade-esque de l’album s'intitule “mother tongue” et se révèle entraînante mais ne révolutionnera pas le monde de la musique. Ensuite arrive mon coup de cœur : “heavy metal” qui est LE morceau le plus... heavy metal de la réalisation, sur lequel les musiciens évoquent les étiquettes qu’on donne aux groupes et dont ils souffrent tout particulièrement en « décevant » leurs fans / haters car ils ne se limitent plus à un genre… Le tout sur un gros beatbox fait par un rappeur. Le morceau de fin “i don’t know what to say” résume bien ce qu’on pourrait penser de l’œuvre à la première écoute tellement il y a de choses à digérer, découvrir et d’œillères à retirer.


Globalement, BMTH reste dans une optique très clivante avec leur nouvel opus qui divisera plus que jamais. Ceci dit, il faut aujourd’hui des burnes pour inviter un tel panel de guests différents, explorer tellement de genres musicaux à la fois et parvenir à proposer un tout qui reste cohérent (même si parfois déroutant) sur lequel on reconnaît la patte du quintet.



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