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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 06 décembre 2020
Sa note : 18/20

LINE UP

-Johannes Persson
(chant+guitare)

-Fredrik Kihlberg
(chant+guitare)

-Kristian Karlsson
(chant+claviers)

-Andreas Johansson
(basse)

-Thomas Hedlund
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Julie Christmas
(chant)

TRACKLIST

1) A Greater Call
2) Chevron
3) The Wreck of S.S. Needle
4) Approaching Transition
5) Cygnus

DISCOGRAPHIE


Cult Of Luna - Mariner
(2016) - postcore - Label : Indie Recordings



« Space, the Final Frontier. These are the voyages of the starship Mariner. Its five-musician mission: to explore strange new sounds. To seek out new chords and new rhythms. To boldly go where no band has gone before! » Adaptée de Star Trek cette phrase s'appliquera-t-elle à cet opus de Cult of Luna en collaboration avec Julie Christmas ? En effet, après la campagne et les plongées urbaines, Cult of Luna nous emmène en exploration spatiale.

Cet album se veut un voyage vers les étoiles, de l’ouverture de “Chevron” qui commence très calmement pour exploser telle une fusée - les rugissements de Johannes Persson, symboles des moteurs explosifs de l’engin mythique (« We leave, Upward, toward new dreams, An new hope, an odyssey, Underneath, The world left behind is dying, As we escape gravity ») - vers le final complètement hallucinant et halluciné de “Cygnus”, une tentative musicale de représentation de la scène de la porte des étoiles dans 2001, Odyssée de l’Espace. Donc finie la froideur des deux Vertikal et bienvenue à une atmosphère plus éthérée, moins étouffante que par le passé; les très belles nappes de claviers sur “Chevron” en sont l’exemple le plus démonstratif.
La progression du recueil est elle aussi exemplaire. Bien entendu, chaque composition monte et descend en force mais le disque aussi: la tension monte jusqu'à la fin de “The Wreck of S.S. Needle” avant de redescendre brusquement sur “Approaching Transition”, la bien nommée. Le chanteur murmure doucement, sur des plages douces de guitare pour finalement arriver à la lourdeur plus typique des Suédois, le moment le plus doom/sludge de Mariner, afin de nous emmener sur le meilleur titre de cet album: “Cygnus”. Cette dernière composition comporte toutes les signatures du Cult of Luna édition 2016 : plusieurs textures entremêlées, des nappes électroniques, des riffs tranchants en syncopée, une rythmique lourde. Et se termine dans une folie vocale durant lesquelles les voix de Julie Christmas et de Johannes Persson se mêlent.
Et voilà que se profile la grande question : quid de la performance de Julie Christmas dans cet album qui est voulu comme un duo collaboratif ? Et bien dans la réalité, ce n’en est pas un. Il ne faut pas s’y tromper: Christmas fait une démonstration de la palette de ses aptitudes, du chant murmuré aux hurlements hystériques. Elle apporte une nouvelle texture sur les compositions et enrichit la musique de Cult of Luna. Car il s’agit bien d’un album des Scandinaves sur lequel la demoiselle pose sa voix, et non d’une collaboration égalitaire entre les deux. La pâte est trop reconnaissable, trop identifiable pour cela. Ce n’est pas pour cela que l'album est mauvais, bien au contraire, mais peut-être que Mariner est la suite logique de Vertikal plutôt qu’une réinvention du groupe.


Alors oui, la citation adaptée de Star Trek est trop ambitieuse pour Mariner, qui est une bonne suite à Vertikal, avec une atmosphère différente, des compositions riches et une construction aboutie. Seul reproche : le manque d'intégration de l’univers de Julie Christmas. À mon goût, ce disque est le pinacle de la carrière du groupe.





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