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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 05 décembre 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Navint
(chant)

-Martyr
(guitare)

-Crucifier
(guitare)

-Sagoth
(basse)

-Thorgon
(batterie)

TRACKLIST

1) L’appel de Neptune / Eternelle majesté
2) Excommunication
3) Les Damnés
4) L’aube sanglante
5) Aux Portes du Temple Noir
6) L’appel de Neptune (Part. II)

DISCOGRAPHIE


Eternal Majesty - Black Metal Excommunication
(2020) - black metal - Label : Those Opposed Records



Groupe rare que voilà. Deux albums en 2003 et 2006 et donc un troisième en cette auguste année 2020. Mais ils le disent eux même « On joue quand on a envie de jouer ». Alors considérons qu’ils ont de nouveau envie de jouer, pour notre plus grand plaisir ? Les gonzes ne sont pas productifs avec le groupe qui nous occupe présentement, cependant ils sont, ou ont été, actifs dans d’autres émanations noires. Aosoth, End of Mankind, Antaeus, Hell Militia pour citer les représentants les plus évocateurs. Cent pourcent black metal. Une indication claire.

Toutefois, le titre Black Metal Excommunication pourrait annoncer un nouveau visage, une orientation surprenante. L’excommunication n’est-elle pas le rejet par une congrégation de personnes liées entre elles ? Alors certes l’introduction s’essaie à des bruitages inquiétants, mais rien d’inédit, et encore moins anti black metal. En fait, il va falloir comprendre l’excommunication comme un rejet volontaire du milieu, de ses normes, mais non point de sa musique. Car Eternal Majesty fait du black metal, cela ne fait aucun doute. Sous une forme par contre moins conventionnelle qu’on ne serait en droit d’attendre, comme le confirme la conclusion presque Al-Namroodienne. A tempérer par le passif/passé des membres, qui ont joué dans des hordes qui aiment à se mettre un peu à la marge de la droite route. Ce que fait Eternal Majesty en s’affirmant via une variation très mid tempo du genre. Les guitares sonnent comme dans les années quatre-vingt parfois, tout comme les riffs proposés.
Les Franciliens savent pourtant ne pas sonner strictement passéistes, s’armant de claviers aux sonorités très années quatre-vingt dix (ok, on a connu plus moderne), et surtout en mélangeant toute cette mixture dans des compositions personnelles, ne se refusant pas un chant semi râclé ou les violoncelles et arpèges pour apporter de la beauté étrangement peu incongrue. Alors non, la modernité n’émane pas des compositions qui forment l’album, mais bien de ces arrangements qui n’évoquent spontanément aucune grande influence, ou groupe majeur. L’excommunication réside bien là, dans une volonté farouche de ne pas se livrer à un quelconque courant dominant. Ce black metal persiste dans sa cruauté glaciale en s’affranchissant des blasts et des tremolos qui ne laissent pas orphelins de longues chansons qui savent s’abreuver en matière ailleurs. Probablement n’aurait-il pas dépareillé dans la discographie si malléable d’un Celtic Frost, un album que le maître Suisse n’aurait jamais fait, mais qu’il aurait pu faire.


Personnel et opaque, voici les adjectifs qui viennent en tête au moment de conclure. De beaux qualificatifs pour une sortie musicale, qu’elle soit black metal ou non. Un album homogène d’où ne ressort vraiment aucune chanson, que ceux à la recherche de sonorités sombres différentes se doivent d’écouter. Il n’a pas (encore ?) éveillé un enthousiasme gargantuesque dans mon for intérieur, mais il porte clairement les germes pour aller plus haut.





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