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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Helmuth
(chant+guitare)

-Morluch
(guitare)

-Serpenth
(basse)

-Torturer
(batterie)

TRACKLIST

1)Bondage Goat Zombie
2)Stigma Diabolicum
3)Armageddon’s Raid
4)Justine Soaked in Blood
5)Sexdictator Lucifer
6)Shred for Sathan
7)Chronicles of Crime
8)The Sukkubus Lustrate
9)Der Rutenmarsch

DISCOGRAPHIE


Belphegor - Bondage Goat Zombie



Belphegor, c’est un peu tout l’inverse d’un Kinder Surprise. Déjà ce n’est pas destiné aux enfants. Et surtout l’emballage tue tout effet d’émerveillement, car rien qu’en regardant la pochette ou les titres de chansons, aucune surprise possible. Impossible de ne pas deviner ce que les Autrichiens nous réservent avec ce Bondage Goat Zombie (sic), sentant le satanisme et le blast-beat à plein nez. Mais bon, tout comme le Kinder, nous sommes en droit d'espérer qu’il y ait une belle surprise à l'intérieur.

Une fois le premier titre passé, la réponse semble évidente. C’est un disque dénué de tout effet de surprise et complètement fidèle à ce que nous pourrions attendre de Belphegor. Autrement dit: un mélange death et black metal qui tâche, des blast-beats en pagaille et des riffs de guitare en trémolo. Que du classique donc, et cette formule basique prédominera durant presque tout le disque, avec tout de même de petites variations pour ne pas ennuyer l’auditeur. Classique certes, mais pas ennuyeux ou plat pour autant. Torturer – qui n’est d’ailleurs qu’un batteur de session, le groupe ayant des difficultés pour stabiliser ce poste – mérite une mention spéciale pour son excellent niveau. Le bonhomme assure blast et breaks avec une précision qui n’a d'égale que sa brutalité. Son jeu est mis en avant par la production d’Andy Classen, puissante et mettant bien en relief le jeu de chaque musicien. Helmuth et Morluch tentent de prouver leur niveau de technicité par des solos démonstratifs peu pertinents, tombant souvent comme un cheveu sur la soupe et n’apportant au final rien.

En revanche le chant d’Helmuth n’atteint pas le niveau de technicité de ses camarades. Sa voix manque de puissance par endroit, et il ne module pas assez pour prétendre au titre de bon chanteur. Il réussit néanmoins à créer l'atmosphère satanique et violente à laquelle prétend Belphegor, autant avec son hurlement black que ses growls. Une atmosphère qui oscille entre le satanisme bon enfant (les hurlements sur "Bondage Goat Zombie", "Shred for Sathan") et le sado-masochisme sexuel inspiré du maître en la matière, le marquis de Sade ("Sexdictator Lucifer" et "The Sukkubus Lustrate"). Soutenue par les paroles, cette ambiance occulte/érotique est amplifiée par des passages mélodiques et grandioses de guitares et par divers samples de gémissements féminins. Disséminées sur chaque chanson, les lignes mélodiques ne se font jamais envahissantes et sont savamment dosées. Elles apportent un soupçon de grandeur ("Stigma Diabolicum") ou au contraire une atmosphère sombre et occulte (le très bon "Der Rutenmarsch"). Dommage cependant qu’elles se répètent souvent, tout comme les compositions qui sont construites sur peu de riffs. Seuls les deux titres enchaînés "The Sukkubus Lustrate"/"Der Rutenmarsch" changent la donne. Sons de cloches, tempo lent et chœurs, les deux titres sont un essai réussi de black plus atmosphèrique, proches de la ballade par moments avec le chant clair d’Helmuth.


Belphegor ne propose au final pas grand chose de neuf, ni de bien original. Franchement classique tant dans la composition que dans le contenu, chacun des titres de ce Bondage Goat Zombie satisfera les fans du groupe en laissant les autres sur leur faim. Les deux titres finaux sont plus surprenants mais pas suffisants pour relever le niveau d’interêt de ce disque.


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