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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 décembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Heike Langhans
(chant+claviers)

-Mike Lamb
(guitare+claviers+batterie)

-Scotty Lodge
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Emilio Crespo
(chant sur "Ghost Bird")

TRACKLIST

1) Ultraviolet
2) The Oldest House
3) Ghost Bird
4) Another World
5) Dreamwalker
6) All Roads Lead Home

DISCOGRAPHIE

Another World (2020)

Light Field Reverie - Another World
(2020) - doom metal gothique - Label : AvantGarde Music



D’où surgit la lumière ? De la pensée ? La pensée découpe, dissèque, obscurcit. La pensée gêne. Du cœur ? C’est une belle hypothèse. Ça me plairait bien ça, que la lumière vienne du cœur. Mais selon Light Field Reverie, si l’on en croit la pochette d’Another World, elle vient des tripes. La lumière vient des tripes.

Sangre, sudor y lágrimas. Sang, sueur et larmes. Et tripes donc. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le fait de les laisser parler au cours de la composition d’une œuvre et de son interprétation n’est pas corrélé au niveau décibélique de ladite œuvre. On peut faire du brutal black metal plat comme une limande, et on peut jouer un gothic doom vaporeux qui laisse la sensation que sous la brume, les artistes se sont ouverts de part en part, laissant couler le sang noir sur la table, sur les chaises. Par terre. Un sang qui s’écoule lentement et dont la perte attriste l’artiste résigné à se perdre à chaque vraie réalisation. N’en déplaise à la co-protagoniste de l’aventure internationale Light Field Reverie - Suède, Écosse, Nouvelle Zélande - l’esprit de Trees of Eternity n’est pas loin. Personnellement, j’ai suffoqué de la même manière sur "Gallows Bird" et sur "Dreamwalker". Ce dernier titre, reprise métallisée du "Renn" de :Lor3l3i:, le projet dark-electro d’Heike, confine au sublime. À tel point qu’il est douloureux de l’évoquer. Passons, donc. Another World commence très bien, mais termine en apothéose. Outre le titre évoqué précédemment, "All Roads Lead Home" possède un côté tellement poignant qu’on en oublie même cette maudite voix-off de gentil philosophe septuagénaire qui n’apporte rien au schmilblick.
Avant cela, "Ultraviolet" nous a rassurés dès le départ. Light Field Reverie n’est pas un simple objet de culte de la personnalité. Scotty et Mike, les Sojourner-boys, ont leur mot à dire, et si Heike continue à subjuguer par la justesse de son chant, sobre, clair - tranquillement, vaporeusement posé sur les accords de guitare - les compositions tiennent impeccablement la route. Le premier titre de l’album, redoutable, pose les bases, éthérées et pesantes à la fois, de la démarche du collectif. De bonne facture, "The Oldest Hour" et "Ghost Bird" se situent néanmoins quelques échelons en dessous du reste des titres de ce somptueux instrument de torture qu’est Another World. Aux trois titres cités précédemment, il faut également ajouter l’excellent éponyme qui donne dans le Depeche Mode metal. Il est d’ailleurs dingue de constater à quelle point la bande de Gore et Gahan a influencé le monde métallique. Mais je m’égare : l’affiche Heike-Sojourner était alléchante. Elle tient toutes ses promesses. Bravo.


Un mois après la sortie d’Under A Godless Veil, Heike est de nouveau en haut de l’affiche, en excellente compagnie. Les vapeurs douces-amères du gothic-doom de Light Field Reverie feront saigner plus d’un cœur noir et remueront les tripes de plus d’un doomster. De la belle ouvrage.





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