1851

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ronny Hemlin
(chant)

-John Allan
(guitare)

-Simon Johansson
(guitare)

-Johan Löfgren
(basse)

-Peter Morén
(batterie)

TRACKLIST

1)Carpe DiEnd
2)The Evil in Me
3)I Keep Falling
4)Holy Is Evil
5)Perpetual Solitude
6)For Whom I Bleed?
7)Angels
8)Entrance to Heaven Denied
9)Crawl
10)Never Again
11)Beyond the Light

DISCOGRAPHIE

Carpe DiEnd (2008)

Steel Attack - Carpe DiEnd



Telle une jeune vierge encore effarouchée par la perspective d’offrir son corps juvénile à la virilité masculine, votre serviteur a tenu entre ses mains moites le dernier effort des Suédois. Pas tant qu’il craignait les douleurs souvent inhérentes au passage de l’adolescence à une vie de femme pleinement épanouie, mais plus parce qu’il possédait la virginité blanche et immaculée de l’ignorance. Malgré leurs cinq précédents opus, c’était la première fois que votre chroniqueur favori (si, si) posait une oreille sur Steel Attack. Cette chronique est donc innocente et pure, fraîche comme la rosée de l’aurore.

Steel Attack : le nom résonne déjà comme le marteau frappant l’enclume. Promesse de brutalité et de virilité, de bière et de sueur, on savait presque à quoi s’attendre en insérant ce Carpe DiEnd dans son rutilant équipement hi-fi. Finalement on n'était pas si loin du compte : du power/heavy bien gras, mais mâtiné de composantes symphoniques, de chœurs épiques et de refrains ravageurs. De quoi affiner une recette brute de décoffrage en cas de réussite ou plomber une ambiance puissante en cas d’échec. On retiendra ici la première option, parce que mine de rien Carpe DiEnd remplit tous ses offices (ceux qui ont lu "orifices" à la place sont décidément des gros pervers), à savoir distiller une énergie brute et virile mais aussi délivrer des mélodies efficaces qui restent en tête même une fois le CD retiré.

Au menu de ces onze titres, on trouvera un peu de tout avec une préférence pour les tempos raisonnablement calmes et des riffs lourds et agressifs, surmontés d’un synthé en général très bien choisi (même si aucun keyboardiste n’est crédité au line-up) qui confère à Steel Attack une patte bien précise. Rien de foncièrement original, mais l’identité du groupe semble avoir été trouvée tant le sujet est maîtrisé, le propos affirmé avec force et assurance. Carpe DiEnd enchaîne les tueries, chaque titre pouvant presque prétendre à un potentiel single. On pensera par moment à Beyond Twilight dans les arrangements ("Holy Is Evil", et surtout "Entrance to Heaven Denied"), le chant mélodico-agressif et les tempos lourds ("For Whom I Bleed ? "), à d’autre on évoquera Zonata ("Angels") mais tout ceci reste du domaine de l’influence inévitable dans un genre musical ou les groupes s’inspirent (et parfois se pompent…) les uns les autres.

La production est très énergique, digne d’un Firewind au niveau de l’agressivité du couple guitare/batterie et les synthés relativement discrets mais indéniablement indispensables à l’ensemble montrent des sonorités bien choisies. Finalement, on regrettera que les titres les plus envolés au niveau tempos soient les moins percutants ("The Evil In Me", "Perpetual Solitude"), Steel Attack excellant dans les riffs puissants et lourds ("I Keep Falling" et son refrain dévastateur). Le chant de Ronny Hemlin est maîtrisé et ne part pas inutilement dans du suraigu comme trop souvent dans les groupes de heavy/speed. Son chant légèrement éraillé par endroit donne un côté rugueux supplémentaire à ce Carpe DiEnd qui recèle décidément de bien bonnes choses.


Loin d’être un groupe de heavy bas du front comme son nom pouvait le laisser présager, Steel Attack délivre une musique racée et puissante, qui propose des moments savoureux, des refrains entêtants et des riffs ravageurs. Difficile, de par le manque de recul de votre serviteur, de faire une analyse pondérée de leur abondante discographie passée, mais en tout cas une chose est sûre : ce Carpe DiEnd se suffit à lui-même et s’apprécie en tant que découverte.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 1 polaroid milieu 1 polaroid gauche 1