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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 novembre 2020
Sa note : 13/20

LINE UP

-Hjalti Sveinsson
(chant)

-Hjálmar Gylfason
(guitare)

-Aðalsteinn Magnússon
(guitare)

-Andri Björn Birgisson
(guitare)

-Matthías Hlífar Mogensen
(basse)

-Sigurður Kjartan Pálsson
(batterie)

TRACKLIST

1) Einn um alla tíð
2) Eldborg
3) Birtan hugann brennir
4) Verður von að bráð
5) Drepsótt
6) Næðir um
7) Horfin mér
8) Á himin stara
9) Ljóstýra
10) Vökudraumsins fangi

DISCOGRAPHIE


Auðn - Vökudraumsins fangi
(2020) - black metal - Label : Season Of Mist



Le nom, bien sûr, représente plus qu’un indice. Mais rien que la pochette: mystique, rougeoyante, peinte. Provenance? Islande. La belle île du noir. Le noir de ses couches basaltiques, crachées flamboyantes de la gueule des volcans désormais endormis (ou non). Du rouge au noir, le rouge et le noir. Voici ce qu’est l’Islande du metal. Et ce n’est pas Auðn, fier descendant d’une désormais longue tradition qui viendra contredire la légende.

Pourtant, quelque chose cloche dans la musique des insulaires. D’emblée. On ne retrouve pas l’abrasivité consubstantielle immédiate des grands aînés, Misþyrming, Svartidauði. Ni cette volonté d’en découdre à coup de riffs acérés, saillants. Auðn semble plus vouloir (devoir ?) puiser la source de sa puissance dans les plages éthérées, prêtes à s’étirer, se contorsionner pour se mouvoir et avancer. Même le blast porte dans ses germes des sources brillantes rappelant plutôt un Deafheaven, nordifié, afin de mieux coller aux canons locaux tout de même. Plus râpeux. Ne pas se laisser déborder par le blanc. Néanmoins, ne poussant pas le bouchon aussi loin dans ces contrées par trop lumineuses, Auðn a la bonne idée de demeurer dangereux, sauf sur la très doucereuse (guimauve ?) chanson-titre qui sert de conclusion fort maladroite.
Car les riffs ne sont pas totalement absents de ce spectacle, et le chant criard, voire plaintif, viendra écorcher vos tympans. Le début de "Verður von að bráð" (« Verdir avec les bras » en français) pose des jalons très intéressants en terme de « metallicité », toutefois (comme toujours sur ce disque), il se morphe en quelque chose de plus post. Black ou rock de toute manière, le post, quel qu’il soit, se complaît dans ses élongations à grand renfort de notes répétées plus comme un clavier qu’un véritable riff. De cette alchimie plus équilibrée entre post et traditionnel ressort une musique d’une grande efficacité. Difficile à écrire, mais malgré les blasts, les chants tantôt râclés, tantôt gutturaux, on se prend au jeu à vouloir dodeliner la nuque. La faute à qui ?
Aux mélodies toujours présentes en arrière-plan avant qu’elles ne jaillissent plus frontalement pour confirmer leur prégnance. Cette immédiateté ayant fatalement un revers qui se nomme lassitude. Ce qui ne manque pas d’arriver au fur et à mesure de l’avancée des compositions, même si la horde parvient à maintenir un bon degré de variété dans ses propositions sonores. L’alternance riff/plage éthérée a déjà été évoquée, la fulgurance des blasts alliée au mid tempo figure également sur la liste, accompagnée par les chants duals donc. Pour compléter le tableau, relevons le niveau technique de la troupe qui, chose rare, ne partage aucun membre actuel avec un quelconque de ses collègues Islandais les plus connus, suffisant pour s’aventurer sur des terrains multiples et donc variés.


Un bel effort que voilà, fait avec doigté et maîtrise. Sûrement trop beau (et pas assez mordant), et plombé par un dernier titre vraiment difficile à terminer, pour être véritablement indispensable dans le monde du black, il conviendra très fortement à tous ceux ayant un penchant post prononcé. Et même que pour ceux-là, le pied sera de la partie.





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