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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 novembre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Burghard "Adrian Hates" Köhn
(chant+programmation)

-Torben Wendt
(chant+programmation)

A participé à l'enregistrement :

-Zura "Nakamura" Dzagnidze
(guitare)

TRACKLIST

1) Unusual
2) Sepia
3) Royd
4) Starfruit
5) Trembler
6) Dark Vibes
7)
Miracle
8) Finsta
9) CA2
10) Coma Supreme
11)
Buttons
12) Trip Job

DISCOGRAPHIE


Coma Alliance - Weapon of Choice
(2018) - gothique electro darkwave - synthwave - Label : Accession Records



Pour tout vous dire, la darkwave et l’electro-goth allemands, ce n’est pas ma passion. Je vois souvent, dans la musique et dans la mise en scène des capes noires teutonnes, un manque de sincérité et des manières superflues. Néanmoins, il y a quelques belles exceptions, Endraum et sToa en tête. Et désormais Coma Alliance.

Et pourtant, difficile de faire plus germano-iconique que ce projet, fruit des amours musicales de M. Diary Of Dreams, aka Adrian Hates, et Torben, l’âme de Diorama. Nous parlons donc de poids lourds de la darkwave d’outre-Rhin. Et l’on retrouve d’ailleurs, tout au long de cet excellent Weapon of Choice, cette mélancolie typiquement, directement germanique, une once de pathos en moins, un chouïa de sobriété en plus, et cela suffit à faire la différence. L’unique rejeton des musiciens possède un autre avantage sur la concurrence : au lieu de commencer très fort, puis rapidement s’essouffler, la trajectoire commune en somme, l’œuvre monte progressivement en régime. Attention tout de même, le mélange de darkwave, electro et synthpop prend dès le départ. On saisit tout de suite qu’Adrian et Torben ont des heures d’écriture derrière eux, et qu’ils composent comme ils respirent. Naturellement et de manière efficace (Allemagne oblige).
Simplement, les deux premiers titres font figure d’agréables tours de chauffe, avant que la sombre fiesta ne commence avec l’electro pop raffinée de "Royd" et un "Starfruit", très Katatonia, au niveau du chant, plaintif, notamment. Une fois arrivé à "Dark Vibes", c’est carrément l’extase. Portée en permanence par l’esprit de Depeche Mode, la synthpop electro du duo atteint des sommets. Refrains über-accrocheurs, lignes mélodiques (gris) claires et dépressives, Coma Alliance nous hérisse le poil. Pas de violence sonore, juste un beat froid, lisse, mid-tempo qui vous contemple du haut de sa grandeur créative. "Dark Vibes", le plus darkwave de la bande, émeut par la puissance de son refrain. "Finsta" et "CA2", plus introvertis, font également mouche, tandis que "Coma Supreme", nous susurre à l’oreille des paroles déprimantes d’une voix de velours. "Buttons", tellement retrowave qu’on dirait Priest, nous agite, mais nos tristes trémoussements ne nous procureront aucun réconfort. JJ Lionel et la "Danse des Canards" ? Ah non, vous faites erreur… "La Chenille" non plus. Un beau papillon noir, plutôt.


Weapon of Choice est un condensé de savoir-faire. Entre electro pop et darkwave, le travail d’Adrian et Torben possède la force des œuvres portées par des compositions solides et exquises à la fois. Celles qui, pérennes, ne s’oxydent pas. Je prends le pari que, dans dix ans, mon appréciation sera la même qu’aujourd’hui. Impeccable.



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