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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 05 novembre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

Inconnu 
(c'est chouette, parce que mettre le lineup, c'est relou)

TRACKLIST

1) E-Kishirgal
2) Salamanu Telocahe!
3) Descendit ad Infernos
4) Et Incarnátus
5) Mph Arsl Gaiol
6) Plagued

DISCOGRAPHIE


Prosternatur - Mortuus et Sepultus
(2020) - black metal - Label : Transcendance



-  Asmodée ? Asmodée ! Lève deux secondes la tête de ton portable et écoute-moi !
-  Quoi ?
-  6/20 en énochien ? Tu peux m’expliquer ?
-  Papa, j’ai eu 12 en sumérien… Et le prof de chthulien a adoré ma dernière rédaction sur les tentacules de Nyarlathotep…
-  Ça m’est égal ! Dans cette famille, on a toujours parlé l’énochien couramment ! Tu ne seras pas une exception ! Nous allons chercher un professeur particulier, parce que là, ce n’est pas possible !


Le jour où Prosternatur dévoilera son lineup, il est clair que ce père de famille inquiet -on le serait à moins !- pourra faire appel aux artistes, qui s’expriment couramment dans cette langue. Et le jour où son fils voudra devenir musicien de black metal, ces mêmes artistes seront à même de lui montrer comment produire une musique obscure, grinçante et hautement incantatoire. Car, Mortuus et Sepultus, seconde œuvre du mystérieux projet, constitue une référence solide dans ce domaine. Entre dissonance toute française, chant hanté -rappelant parfois Attila et moments de pur malveillance, les musiciens tissent une toile sonore plus vicieuse et démoniaque que totalement agressive. Oh bien sûr, les blasts ne sont pas absents des débats, mais l’œuvre n’est pas centrée sur la violence sonore. Son domaine de prédilection, c’est plutôt l’établissement d’une ambiance très chargée en vibrations démoniaques désagréables. A cet effet, la fin un brin électro de "Salamanu Telocahe !" rappelle la méchanceté des maîtres finlandais d’Oranssi Pazuzu. Même s’ils partagent avec ces derniers un son pénétrant, Prosternatur ne peut cependant pas se ranger dans la catégorie psychédélique. 
La formation est foncièrement black metal, un black metal rituélique que l’on sent sincère, à l’opposé de certaines formations boursouflées venues de Pologne dont je tairai le nom -Batushka et Behemoth. Mais non je ne l’ai pas dit ! Qui voudrait se faire une idée précise de la teneur de l’œuvre peut écouter "Descendit ad Infernos" qui montre le groupe sous leur meilleur -pire ?- jour -nuit ? Après un départ frénétique, le tempo se ralentit et les gars descendent très bas sous terre, avec force gémissements, sur un fond musical pouvant évoquer la diablerie des moments de pure sorcellerie d’ "Into the Infinity of Thoughts" - vous savez ? avant que les nappes de clavier du mythique morceau ne débarquent. Si on ne peut taxer l’album d’absolument original, ces ambiances dissonantes ayant déjà été explorées par certains groupes hexagonaux- il n’en reste pas moins impressionnant de constance et de solidité. Outre le morceau évoqué plus haut, la frénésie d’"Et Incarnátus" mette l’auditeur en transe avant que "Mph Arsl Gaiol", le plus evil des six frères ne le conduise sur l’autel. Le chanteur plongera alors son couteau sacrificiel dans ses entrailles, faisant jaillir le sang noir. Lot of fun.


Malsain, rouge écarlate plus que noir, ce Mortuus et Sepultus donne dans le black metal « rituélique » authentique et provoquera plus d’un frémissement pour las amateurs d’incantations et de rudesse musicale. Une excellente sortie, une de plus.





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