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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 novembre 2020
Sa note : 19/20

LINE UP

-Anders Jacobsson
(chant)

-Heike Langhans
(chant)

-Johan Ericson
(guitare)

-Daniel Arvidsson
(guitare)

-Jerry Torstensson
(batterie)

Session musician

-Daniel Änghede
(basse)

TRACKLIST

1) Sorrow of Sophia
2) The Sacrificial Flame
3) Lustrous Heart
4) Sleepwalkers
5) Moon over Sabaoth
6) Burial Fields
7) The Sethian
8) Claw Marks on the Throne
9) Night Visitor
10) Ascend into Darkness

DISCOGRAPHIE


Draconian - Under a Godless Veil



« Et il n’y a pas de victoire, il n’y a pas de perte. Tous ceux que j’aime seront épargnés par les horreurs que j’abrite. » On dit parfois que chroniquer un album merveilleux est un exercice compliqué, qu’il faut être à la hauteur… Alors que c’est tout le contraire, il suffit de se laisser bercer par la musique et sécher les larmes qui tombent sur la feuille.

Ma prof de yoga a l’habitude de dire « sois l’expression de ce que tu es ». Draconian a dû méditer avec elle. Enfin. Au bout de sept albums, l’immense majorité des groupes , au pire, n’a plus rien à dire, au mieux, montre de beaux restes. A la rigueur, pond une chef-d’œuvre, comme Maiden, Scorpions, Enslaved ou Paradise Lost. Mais naître au bout de sept albums… Aura-t-il fallu la pige d’Heike chez Hallatar, le temps de "My Mistake", pour que le groupe se rende compte à quel point le potentiel de cette dernière a été inexploité jusqu’alors ? Under a Godless Veil ou la transfiguration d’Heike, devenue un élément central de la structure du morceau. Omniprésente, vaporeuse comme seule Aleah savait le faire, son saut qualitatif permet à Draconian de changer de catégorie. Au revoir les brillants suiveurs de My Dying Bride, bonjour Draconian itself. Parés d’une tenue musicale faite de contrastes beaucoup plus appuyés que par le passé, le groupe produit dix titres TOUS d’excellente qualité – et ne se contente pas de quelques supers titres. Chaque fan aura son avis quant à savoir lesquels d’entre eux confinent au divin, nous entrons là dans le domaine de la subjectivité pure.
Personnellement, je mettrais "The Sacrificial Flame" tout en haut du haut du ciel, car ce titre fait briller la flamme d’Aleah, par Heike interposée, sous fond de rythmique pesante, même si, en matière de lourdeur, le fabuleux "Moon over Sabaoth" bat des records. Chaque coup de caisse claire est un uppercut au menton de l’adepte, entré en transes depuis belle lurette à ce moment-là de l'album. Le surpuissant "The Sethian", où Anders vole, le temps d’une chanson, la vedette à Heike, est un autre prétendant au titre de perfection doom. Mais, si je devais absolument choisir un titre avant de sauter d’un pont, sans élastique, mon choix se porterait sur le fragile "Night Visitor", si doux, si émouvant. Je m'effondre à chaque écoute. Une sorte de ballade goth-doom à la "Wings of Heaven", en plus poignant encore. Chaque titre porte néanmoins sa contribution à la grandeur de l’œuvre. Certains vous frôlent, d’autres vous empoignent violemment, mais ce qui est certain, c’est que vous ne sortirez pas indemne d’un tel voyage, extraordinairement bien illustré par l’artwork. Devenu enfin adulte, Draconian constitue le mélange parfait entre douceur macabre et rudesse. A tel point qu’on ne saurait dire si la main qui passe sur votre visage veut vous caresser ou vous étrangler.


L’année 2020 a commencé avec un chef-d’œuvre gothic doom, Rien ne devait mourir, elle se termine de la même manière. Under a Godless Veil surclasse ses prédécesseurs, pourtant tous de bonne facture, envoûte l’auditeur, condamné à une écoute perpétuelle de l’album, et accède enfin au Panthéon du doom. Quel bonheur, non ? Vous voulez un mouchoir ?



   




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