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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2020
Sa note : 10/20

LINE UP

-Avatar
(chant+guitare)

-Aeon (chant+guitare+claviers)

-Goth Gorgon
(chant+guitare+claviers+basse)

-Draakh Kimera (chant+guitare+claviers+batterie)

-C-G
(batterie)

TRACKLIST

1) The Depths of Chinnereth
2) Fältherren
3) Existence in a Dream
4) Infernal
5) A Glimpse of the Sky
6) Hinsides
7) The Night
8) Sleeping in the Embers
9) For Those Departed
10) Without Crown
11) Black Spirit
12) On the Elysian Fields

DISCOGRAPHIE


Mörk Gryning - Hinsides Vrede
(2020) - black metal vraiment très (très) mélodique - Label : Season Of Mist



La vie est faite de premières impressions, vous ne trouvez pas ? Prenez Mörk Gryning, nouvel album disponible en promo, rapide recherche pour voir de quoi il s’agit et hop ! Des commentaires élogieux « Mon groupe préféré », « Enfin de retour ! » etc… et des Jean Passe. Premier contact visuel positif, ça sent le culte. Vient ensuite le deuxième premier contact (je vous embrouille), l’auditif. La magie de l’internet des temps modernes réside dans cette faculté inénarrable de trouver n’importe quoi, et surtout de tout dans cet océan de 0 et de 1. Direction la page Youtube du label qui propose chaleureusement un titre en écoute. Et là, patatras.

Une mixture soporifique de black brutal, mélodique, générique au possible, entendu et ré-entendu. Mauvaise première impression. Très. Vient alors le questionnement : « Suis-je superficiel à ce point ? Se cantonner à une première impression ? » Non bien sûr, un chroniqueur professionnel se doit de dépasser ses pulsions bestiales et réprimer ses envies fulgurantes de tout balancer à la première écoute. Viennent donc les écoutes suivantes. Celles qui décanteront définitivement la situation. Je repense alors aux adjectifs qui encensent le groupe, et je me dis que j’ai fatalement loupé un truc. C’est avec un quasi entrain que je rentre de nouveau dans la production sonore. Le riff principal de "Fältherren" est sympa, le refrain de "Existence in a Dream", surprenant et bien fait. De l’espoir, il y a jeune baldaquin. Cette Rage de l’au-delà (traduction littérale du titre) va-t-elle prendre aux tripes ?
Et si de prime abord la sensation d’un Marduk de bas étage période Heaven Shall Burn… domine pour le son de la batterie, sa capacité épileptique à blaster et même en partie le rendu des guitares, celle-ci disparaît pour laisser transparaître en fait encore plus de mélodies. On s’acoquine dangereusement avec le heavy le plus mélodique qui soit. Black et très mélodique, ça fait penser à plein de groupes et aucun à la fois, ci-gisent les limites de mes connaissances dans ce sous-genre que j’exècre à grands renforts énergétiques. Est-ce bien fait ? Oui, il faut reconnaître une capacité à projeter des mélodies dans tous les sens sans fatalement basculer dans la redite permanente. Pourtant… qu’est-ce que c’est plat ! Les blasts sont noyés dans un son totalement apathique tandis que l’avalanche incessante de jolies mélodies tue dans l’œuf quelque velléité extrême que ce soit.
L’intermède acoustique "Hinsides" a le mérite de rehausser l’ensemble, surtout en ayant l’idée bienvenue de casser la dynamique plate qui enfonce l’album. Tout comme l'arabisante "Black Spirit" (en dernière position malheureusement) ou la clôture au piano d'"On the Elysian Fields". Pourtant, c'est systématiquement noyé dans un tsunami de douceurs... Et là vous vous dites à raison que ce chroniqueur a eu une idée bien saugrenue de prendre un tel album s’il n’aime pas les mélodies. C’est exact. Et dans ce cas vous connaissez immédiatement votre camp : mélodies ou non. Car il est évident que l’amateur d’abrasivité, de grain et de crasse fuira. Rien ne peut lui plaire dans ce bonbon vaguement extrême enrobé de chant éraillé black. Et l’autre ? Celui ou celle qui s’aime dans un tutu ou qui n’hésite pas à pleurer devant Melrose Place, oui il ou elle pourra prendre son pied, mais ne surtout pas s’attendre à une débauche d’originalité. Seule la basse surnage en ayant le bon goût de créer des lignes régulièrement distinctes, délectables et audibles.


Un verdict s’il vous plaît ? Vous l’avez deviné, les premières impressions étaient les bonnes. Le plus terrible pour ce retour en « grande pompe » est qu’il est bien réalisé, ça joue très correctement et les riffs sont divers. Le problème vient de cette surabondance ahurissante de mélodies, suintantes et reluisantes. Il arrive dans l’existence de se retrouver confronté à ses niveaux de tolérance. Il est ici largement surpassé dans mon cas. Si le vôtre est (bien) plus élevé, alors vous pourrez tenter l’expérience, sans attendre la perle qui renouvellera le genre. Difficile de croire que ce groupe est culte.





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