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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 octobre 2020
Sa note : 19/20

LINE UP

-Niko Skorpio
(chant+claviers)

-Jori Sjöroos (chant+guitare+claviers+batterie)

-Mikko Ruotsalainen
(guitare+claviers)


TRACKLIST

1) Everlasting
2) Yet the Watchers Guard
3) The Unknown Kadath in the Cold Waste
4) Elemental
5) Who Rides the Astral Wings
6) Crying Blood + Crimson Snow

DISCOGRAPHIE


Thergothon - Stream from the Heavens
(1994) - death metal doom metal funeral, my love - Label : AvantGarde Music



-  Aaaaaah !
Je me réveille, en sueur. Minuit.
-  Hé, tu dors ? Hé !
-  Mmmm… quoi ?
-  Thergothon n’est pas chroniqué sur le site ! Tu te rends compte ? Tous ces albums passés au crible et j’ai oublié Stream From the Heavens !
-  Mmmm… c’est pas grave, mon chéri… rendors-toi… tu l’écriras demain matin…
-  Oui, tu dois avoir raison.
Je me colle affectueusement contre ma moitié d’orange.
-  Dis-donc, tu as les tentacules tout froids… viens là que je les réchauffe...


- Freeeine, mais freeeine !
- Euh Niko… on roule à vingt-kilomètres heure… t’exagères pas un tout petit peu ?
Bon, j’arrête mes blagues sur la lenteur du bousin. Dans le fond, les gars de Cathedral sont aussi lents. Ils ont même commencé avant, en 1990, avec la demo In Memorium, alors que la première demo de Thergothon, répondant au doux nom de Fhtagn-nagh Yog-sothtoh -c’est d’ailleurs le nom de notre premier enfant, à ma compagne et à moi- sort un an plus tard. Mais qu’y a-t-il de commun entre le sylvestre Forest Equilibrium et l’ultra-lovecraftien Streams from the Heaven ? Deux choses seulement. Le tempo low low low, donc, et l’immense qualité des deux œuvres. Pour le reste, l’unique album des cultissimes Finlandais fondateurs du funeral doom, se démarque d’un peu tout le monde de par son extrémisme. Extrêmement lent, extrêmement mal produit, extrêmement caverneux -le growl abyssal de Niko en est presque inaudible, et également extrêmement mélodique -contrairement aux autres patriarches du genre. J’insiste sur ce point, qui me parait différenciateur et salvateur dans un genre qui peut rapidement s’enfoncer dans la bourbe de l’ennui. Écoutez "The Unknown Kadath in the Cold Waste" vous susurrer -à l’envers- sa beauté. Frémissez au son du chant clair lancé à la gloire de Azagthoth sur "Crying Blood + Crimson Snow".
L’album porte bien son nom, mais attention, la base de Thergothon reste absolument souterraine, grondante et superbe, donc. Certains n’y entendront qu’une succession de riffs d’une lenteur désespérante, mais pour qui sait comprendre ce style, force est de constater que les compos tiennent parfaitement la route et confinent très souvent au sublime. Pilier de l’album, "Elemental" montre à quel point Thergothon savait alterner doom des cavernes, passages mélancoliques et moments célestiels -ah cet orgue Hammond surgi de nulle part… De toute façon, dès les premiers instants Stream from the Heavens plonge l’auditeur dans un ambiance malsaine où la ferveur mystique, quasi religieuse, cherche à damer le pion aux rythmiques mamouthéenes, et il est difficile de dire si l’initial "Everlasting" se fait plus remarquer par ses caractéristiques über doomesques ou par son « clavier de cathédrale ». La magie présente ne faiblit jamais et si d’aucuns regretteront la production faiblarde, comme certains iconoclastes applaudissant à la sortie du Cruelty and the Beast remasterisé, pour ma part, elle me semble consubstantielle de l’œuvre. Stream from the Heavens avec un son puissant et clean, et une batterie à la Fleshgod Apocalypse ? Sérieusement ?


La Vapeur venant des Cieux est finalement raccord avec l’ambivalence du personnage de Lovecraft. Des atours infernaux, mais un cœur célestiel. La rédemption sous les tentacules. Si, par hasard, vous êtes passés à côté de ce joyau, je vous donne deux semaines pour réparer cet oubli, faute de quoi Yogh-Sothoth pourrait bien venir vous dire deux mots…



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