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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 23 octobre 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Rosan van der Aa
(chant)

-George Geoffrey Oosthoek
(chant)

-Lex Vogelaar
(chant+guitare)

-Guus Elkens
(chant+claviers)

-Eric Hoogendoorn
(chœurs+basse)

-Erwin Polderman
(chœurs+batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Elles Albering
(violon sur "Ancient Rhymes")

TRACKLIST

1) At the Mountains of Madness
2) Five Crystal Balls
3) The Dark Side
4) Deceiver
5) Cliffs of Moher
6) By Time Alone
7) Ancient Rhymes
8) Odyssey
9) Requiem
10) Leafless
11) Deliverance (+The Crumbling of My Denials)

DISCOGRAPHIE

By Time Alone (1996)

Orphanage - By Time Alone
(1996) - metal symphonique death metal - Label : DSFA



By Time Alone ? La putain de classe. Tel était mon sentiment, back to 1996, quant au deuxième album d’un groupe dont on prédisait un futur prometteur. L’une des références de l’époque du death (très) mélodique avec… Opeth. Blam. Un quart de siècle plus tard, le bilan est facile à tirer, le second nommé a connu le succès alors que le premier… On aperçoit George Oosthoek de-ci, de-lain (jeu de mots drôle) et il semble que l’influence du groupe qui nous intéresse aujourd’hui soit reconnue, tout au moins dans son pays d’origine. Mais franchement…

C’est une injustice. Orphanage est un groupe sans lequel ni Delain, donc, ni Epica, ni aucune formation mélangeant grosses rythmiques, chant caverneux et glamourisme de princesse n’aurait pu voir le jour. La formation hollandaise est un précurseur dans son genre, sans aucun doute possible. Alors, oui, il faut le reconnaître, là où Opeth arrive à la fois à créer un genre et parvenir à un degré d’aboutissement exceptionnel, l’œuvre globale d’Orphanage est beaucoup plus inégale, largement perfectible, comme c’est le cas pour quatre-vingt-dix pour cent des précurseurs. Mais s’il faut retenir une œuvre des quatre pondues par les Bataves, au-cu, au-cu, au-cune hésitation : By Time Alone bute, et bute joliment. Intro au clavier, grandiloquente à souhait puis tir nourri de la section rythmique, soutenue par la nappe synthé de rigueur, avant que princesse Rosan et vilain George commencent leur duel vocal. En guests, des chœurs légers à tendance grégorienne. Tel est "At the Mountains of Madness", ZE morceau d’Orphanage, le sceau du groupe. La particularité de cet album par rapport aux trois autres est qu’il comporte peu de trous d’air, et si tous les morceaux ne peuvent rivaliser avec la grandiose entrée, certains d’entre eux sont également taillés dans le plus beau et le plus puissant des métaux.
Allons y : "Five Crystals", l’un des titres les plus raws et les plus costauds du groupe nous emporte dans un Orient maléfique façon charmeur de serpents. "Deceiver", donne ses lettres de noblesse aux contrastes proposés par le groupe, l’opposition rythmique de plomb contre chœurs éthérés fonctionne de manière impeccable. Mais le véritable alter ego des Montagnes de la Folie, c’est le mythiquissime "Ancient Rhymes". Ouverture au violon cette fois-ci, puis martèlement que la légèreté de Rosan accompagne en victime compatissante. Maître George s’y déchaîne et copule, vocalement parlant, avec les chœurs à la fin du titre, laissant les fans de death symphonique pantelants et humides. Le reste de l’album se situe légèrement en-deça de cette magnificence, même si "Odyssey" n’est vraiment pas loin…, mais l’ensemble ne faiblit pas. Orphanage bâtit sa légende de groupe culte à coups de nappes de claviers et de chant clair, poussés à bout par la rythmique de fer. "Cliffs of Moher" donne dans la ballade gothique et "Requiem" dans le metal grégorien, tandis que "Deliverance"se voit prolongé par un hidden-track inspiré, "The Crumbling of My Denials", seul titre du groupe à intégrer une touche electro. Bref, By Time Alone est un album tout plein de très, très bonnes choses.


Chaque fois que les violons d’ "Ancient Rhymes" sonnent les débuts de la charge, il m’entre l’envie de tout casser. C’est bon signe. Sauf pour le mobilier, évidemment. By Time Alone est le grand album d’Orphanage, et cette dernière formation aurait mérité un meilleur sort, malgré une trajectoire un brin irrégulière. Vous adorez Design Your Universe ? Vous devez écouter By Time Alone, ne serait-ce que pour rendre hommage aux parents du genre.



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